Haase. Synt. fr.. g 1 5-i C
On trouve aussi ne t'esmaier (infinitif impératif).
Dans une interrogation du genre de celle-ci : le fis-tu; le dis-tu ? le pronom régime se place, dans l'ancienne langue, entre le verbe et le pronom sujet : feïs le tu por mei ? Le fis-tu pour moi? Ave% les vos ocis ? Les avez-vous tués? Faites le vos de grét ? (Roi., 2000.) Le faites-vous exprès ?
Dans les expressions il y en vint, il y en a, en précédait i (y); l'ancienne langue disait : il en i vint, en i a.
Pronom relatif. — Il est souvent séparé de son antécédent.
Ex. : Terres...
Que Caries tient qui la barbe at floride. (Roi., 2 353.) Terres... que Charles tient qui a la barbe fleurie. Uns Bédouins estoit venu% qui. (Joinville.) E lors vint frère Enris de Ronai, prévos de VOspital,
a lui, qui avoit passé la rivière. (Joinville.) Et alors vint à lui frère Henri... qui avait passé la
rivière.
Temps composés : place du régime. — En ancien français le régime — et quelquefois le sujet — peut s'intercaler, dans les temps composés, entre le verbe auxiliaire et le participe passé.
Ex. : Si oui li en/es sa tendre charn mudéde. (Alexis, 1 16.) L'enfant avait changé sa tendre chair.
Guenes lifel at nostre mort juréde. (Roi., 1457.) Ganelon le traître a juré notre mort.
La a Guillelmes rei Looïs trové.
(Cour, de Louis, 2217.) La Guillaume a trouvé le roi Louis.
Cette construction s'est maintenue jusqu'au xvne siècle.
Ex. : Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie.
(Corneille, Horace, III, 6.) Dans le plus bel endroit a la pièce troublée.
(Molière, Fâcheux, I, i .)
Avec le sujet intercalé entre le verbe auxiliaire et le participe :
Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée?
(Racine, Baja^et, V, i .) De nul d'eux n'est souvent la province conquise.
(La Fontaine, Fables, I, 131.)
Place du complément et du sujet de l'infinitif. — Quand un infinitif, dépendant d'un verbe à un mode personnel, a un régime direct, le régime peut se placer avant l'infinitif.
Ex. : O je vos ferai j a celé teste colper. {Pèlerinage, 42.) Ou je vous ferai couper cette tète.
Bien en podrat ses soldediers loer. {Roi., i33.) Il en pourra bien louer ses soldats.
Or H fesons to~ les chevels trenchier.
{Cour, de Louis.) Faisons-lui couper tous les cheveux.
Cette construction est beaucoup plus rare en prose.
Le sujet de la proposition infinitive peut aussi se mettre entre le verbe personnel et l'infinitif (c'est la construction actuelle : laissiez m'aler = laissez-moi partir); mais de plus le sujet se place souvent devant le verbe personnel.
i. Cf. A.. Darmesteter, Cours de gram. hist.. Syntaxe, 2° éd.,. p. 226 ; Haase, Synt. fr., § i53, 2e et 1 53, 1 A.
Ex. : Tan% bons vassals vede^ gésir par terre. (Roi., 1694.) Vous voyez couchés par terre tant de bons vassaux.
Sur la place du pronom personnel régime d'un infinitif dépendant d'un verbe à un mode personnel, cf. supra, p. 266.
Enfin l'ancien français intercale volontiers le régime direct entre une préposition et un infinitif qui en dépend.
Ex. : Por lei tenir et por homes atraire. (Roi., 2 256.)
Pour maintenir la loi chrétienne et pour convertir les hommes.
Prodome i ont por son seignor aidier. (Roi., 26.) C'était un homme de bon conseil pour aider son seigneur.
Pages.
Préface i
Notes bibliographiques n
Abréviations et signes conventionnels vu