‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 15 sur 121 · L'£ ne sert qu'à marquer le mouillement de l · texte numérisé non relu

L'£ ne sert qu'à marquer le mouillement de l

Ex. : çcttlum > ueil(d'où œil) ; germ. urgçîi > orgueil ; *fçliam > fueille (feuille); soîium > seuil; trçculum (pour torculum) > trueil, treuil.

Fçcum, jocum, locum donnent feu, jeu, lieu, par suite de transformations nombreuses et délicates dont le tableau suivant présentera une idée sommaire.

fçcum > *fuoul > fueu > feu; jocum > *juoul > jueu > jeu ; locum > lûou1 > lueu-lueu > lieu.

O ouvert tonique libre devant nasale donne uo, ne.

Ex. : hçmo > uem, plus tard an, Van (= on, l'on); cornes > cuens; bona > buona2 ; sçnani > suenent; tçnant > tuenent (on trouve aussi ces deux dernières formes sans diphtongaison, à cause de l'influence des formes verbales accentuées sur la terminaison, dans lesquelles la diphtongaison n'a pas lieu : semons, tondus).

Plusieurs mots, pour des raisons diverses, dont la principale est, en général, qu'ils sont des mots d'emprunt ou des mots savants, ne présentent pas de diphtongaison. Les plus importants sont : école « schôlam), rose « rôsam), rossignol « *lusdni$lum).

O ouvert entravé devant les consonnes non nasales reste ç.

Ex. : pçrtam > porte : /'c)^7/;; > fosse; corpus > corps; pçrcum > porc; dçrmii > dort, etc.

Dans les cas où l'entrave était d'origine romane, la

i . Ce sont des triphtongues provenant de la diphtongaison de 6 en uo ue et du maintien de u devenu final, m finale ne sonnant plus en latin vulcaire, La différence de traitement entre feu, jeu et lieu (à la place de lai) s'explique sans doute partl'action des consonnes initiales.

3. Cf. le début de la Cantilene de Sainte Eulaiie : Buona pulcela fut Eirfalia,

VOCALISME 21

diphtongaison paraît s'être produite dans certains mots avant la chute de la syllabe pénultième qui a amené l'entrave.

Ex. : populum > puepie, peuple; jçvenem (lat. cl. jûvenetn) > juefne, jeune; môbilem (lat. cl. môbilem) > mueble, meuble.

Cf. au contraire rôtulum > rot'lum > rôle et cophinum, cofnum > coffre.

Devant les consonnes nasales g donne la voyelle nasalisée on (ô). Ex. : pontem > pont; îçngum > long, etc.

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