FERMÉ (LAT. CLASS. Ô, II
O fermé tonique libre donne en ancien français la diphtongue ow1 (prononcez oou)} devenue depuis le xnr9 siècle environ eu.
Ex. : flçrem > flour, plus tard fleur ; dolorem > dolour, douleur ; colorern > colour, couleur ; favçrem > favour, faveur ; golam > goule, gueule ; Qram > houre, heure ; nepçtem > nevout, neveu ; illorum > lour, leur.
Amçrem est devenu amour (et non ameur), probablement sous l'influence de l'adjectif amour-eux.
De même époux, épouse n'ont pas subi de changement,
i. La graphie est ordinairement o et, chez les scribes normands ou anglo-normands, u (Jîor etflur, precios et precius). La prononciation paraît avoir été, au début, celle d'un o fermé, légèrement diphtongue.
î-2 PHONÉTIQUE
sous l'influence de épouser. Nous, vous, employés surtout comme atones, ne sont pas devenus mus, veus. Lopus, lopa (lat. cl. lupus, lupd) ont donné loup, louve, mais la forme leu a existé1.
Dans les mots d'emprunt o n'a pas subi ç}e changement : dévot, noble, etc.
Tout provient d'une forme tçttutn pour tçtum et Vo y est entravé; cf. ci-dessous, p. 101.
O fermé tonique -f- nasale donne la voyelle nasalisée on.
Ex. : leçnem > lion; pavonem > pa-on, paon; pipiçntm > pigeon ; latronem > larron ; mansionem > maison ; dçnat > donne (prononcé à l'origine àon-nt)\ corçna > couronne (couron-ne); *pçmam > pomme (pon-me).
O fermé entravé (ordinairement ù en latin classique) donne ou, écrit au début de la langue o et ou.
Ex. *tçttum (pour tôt uni) > tout; cçppani (lat. cl. cuppani) > coupe ; robium (lat. cl. rubeuni) > rouge ; gçttam > goutte; rçptam (ruptani, sous-entendu viarn) > route; pollani (pull ani) > poule; diornum (diuvnum, de diu) > jour; fçrnum (fur mini) > four, etc.
Gçrgam (gùrgam) aurait du donner gourge et non gorge, avec o ouvert ; de même *mçttum (*niùttum) moût et non mot. Nçptiae (nùptiac) était devenu sans doute nçptiae en latin vulgaire (inûuence de novus ?) et a donné noces. Medùlla est devenu nwdella par changement de suffixe dû à une métathèse des voyelles e, û (jf) et a donné mo-elle, moelle.
O fermé entravé suivi d'une nasale donne on. Ondmn
i. Elle existe encore dans l'expression: à la queue leu leu, c'està-dire à la queue le leu, à la qvieue du loup ; cf. les noms de lieu Pisseleu, Saint- Leu.
VOCALISME 23
(undani) > onde ; ombram > ombre ; plombum > plomb ; çndecim > onze; rompere > rompre, etc.
O fermé -f-jy (i, c, g).
O fermé tonique suivi d'une consonne -j-jyo^ ou de \ , c} g qui ont donné i, se joint au ^orf pour constituer la diphtongue oi, devenue ensuite oé, oué, oua.
Ex . : vocem > voix ; crçcem > croix ; nocem > noix 1 ; angnstiam (lat. vulg. angçstiam) > angoisse ; jangere > joindre ; pungere > poindre ; junior > joindre, geindre, gindre 2 ; cuneum > cunium > coin ; pugmim > poing ;
punctum > point ; dans tous ces mots » tonique
égale p fermé.
Dans les mots verecundia (lat. vulg. verecondia), Burgundia (lat. vulg. Borgondià) le groupe mft donne « mouillée (suivie de e muet final), et o fermé se transforme en o ouvert, sans aboutir à oi : vergogne, Bourgogne.
Suffixe -orium > -oir (dortoir, miroir, parloir, mouchoir, etc.).
Le suffixe -ùctilum, -ûculaQaX. vulg. oculum, ocula), a donné oil, oille, puis ouil, ouille.
Ex. : fenuculum > lat. vulg. fenoclum > fenouil; genuculum > genouil3; *peduculum >peouil4; veruculum
i. A. fr. nois, vois, crois.
2. Garçon boulanger. La forme du lat. cl. est junior, celle du lat. vulg. junior, jonior.
3. Genoil, peoil, verroil faisaient au cas-sujet singulier ou au casrégime pluriel genolz, peolz — polz, verrolz (s ajouté à il se transforme en z et fait disparaître i, qui marque le mouillement de /). Par suite de la vocalisation de l on a eu : genouz — genous, pous, verrous, d'où le singulier genou, pou, verrou.