DEGRÉS DE COMPARAISON
Comparatifs.
La langue française étant analytique le comparatif est formé avec un adverbe, plus (L'ancien français a aussi connu le comparatif avec mais; mais il est beaucoup plus rare1).
Les comparatifs organiques d'origine latine sont rares. Yoiei les principaux, au cas sujet et au cas régime.
Grandicr > graindre; c. r. graignor.
Melior > mieldre, mieudre; c. r. meillôr (puis meiliour, meilleur). Neutre : miel%, miens, mieux.
Minor ■> mendre ; c. r. menor. Neutre: meins, moins; d'où moindre, au lieu de tnendre, par analogie.
Pejor > pire; c. r. pejor. Neutre : pis.
Pour les formes suivantes on ne rencontre que le cas régime : hal^or < altiorem ; sordeior < sordidiorem; forçor < fortiorem ; bella^or, gensor.
Les comparatifs se déclinent comme les noms de la déclinaison imparisyllabique.
Singulier, m. et f.
es. miéldrt
c. r. meillôr
Pluriel, m. f.
es. meillôr meillér s
c. r. meillôr s meillôr s
i. Meycr-Liihke, Grammaire des langues romanes, III, § 65.
Superlatifs.
Ils sont formés avec la particule très, dérivée du latin trans (tras en latin vulgaire)1.
Il y a quelques exemples de superlatifs organiques : pesmes < pessimus ; proismes < proximus; mermes < minimus; maisme < maxïmus (dans maismement < maxima mente).
Les formes en -isme sont des formes savantes : altisme, fortisme. Les formes en -issime ont été empruntées au xvr* siècle à l'Italie : fourbis sime.
ADJECTIFS NUMÉRAUX
Cardinaux.
Masc. singulier : uns, un; pluriel : un, uns*. Féminin : une; plur.: unes.
Deux: c. s. dui (doi) c. r. dous, deus
Ces formes représentent les formes latines *dui (pour duo) et duos ; pour le féminin on emploie dous au cas régime et aussi au cas sujet.
Avec ambo (les deux) on a les formes suivantes :
c. s. andoi, andui c. r. ansdous, ansdeus
i. Sur l'emploi de par, avec un sens de superlatif, cf. infrale chapitre des adverbes.
2 . Le pluriel de un s'emploie avec des mots qui n'ont pas de singulier, ou avec des mots désignant des objets qui vont par paire ; cf. la Syntaxe.
Les représentants de très se déclinent comme gran\.
es. trei treis
c. r. treis treis
Parmi les autres noms de nombre cardinaux nous citerons les formes des dizaines : septante, uitante ou octante, nouante, qui ont disparu de la langue littéraire : septante et nouante survivent dans la plupart des dialectes.
Vint (vingt) et cent étaient invariables quand ils étaient employés seuls (vint orne, cent orne).
Mais quand ils étaient précédés d'un autre chiffre (quatre vints, quatre cents) ils avaient un cas sujet et un cas régime, un masculin et un féminin.
c. s. vint, cent es. vin\, cen^
c. r. vin^, cen\ c. r. vin%, cen\
L'ancienne langue employait souvent des multiples de
vint : six vint, quinze vint.
Ordinaux.
Les plus anciens ordinaux (du moins pour la première dizaine) représentent des formes latines : prims et premiers, secous (semi-savant; a. fr. simplement altre), ter%, quar~, quin\ (fém. terce, tierce; quarte; quinte), sistes, sedmes, disnies, et, par analogie, oidmes, uitmes, et nueftnes. Telles sont les plus anciennes formes.
Les formes en -iesnie, -isme, -ime ne se rencontrent que dans la deuxième partie du xne siècle. Deuxième,
troisième, quatrième sont les dernières à apparaître. L'explication de ces formes reste assez obscure1.
Les multiplicatifs (double, triple, etc.) et les collectifs (dizaine, centaine) présentent au point de vue de leur formation peu de difficultés.
PRONOMS Pronoms personnels.
La déclinaison s'est mieux maintenue dans les pronoms que dans les noms : outre le nominatif et l'accusatif, on a encore des formes du datif singulier et du génitif pluriel, ainsi que des neutres.
Il faut distinguer, dans les pronoms personnels, les formes toniques et les formes atones.
Première Personne.
Singulier.
Tonique. Atone,
c. s. jo je
c. r. mei, moi me
Pluriel.
es. nos, nous nos, nous
c. r. nos, nous nos, nous
Deuxième Personne.
Singulier.
Tonique. Atone,
c. s. tu tu
c. r. tei, toi te
i. P. Marchot, La numération ordinale en a. fr. (Zeits. fixr rom. Phil, XXI, 102).
Pluriel.
es. vos, vous vos, vous
c. r. vos, vous vos, vous
Ego a donné eo, io, jo, je, ou mieux ko, io, jo, je. On avait aussi une forme accentuée : gié.
Troisième Personne.
Formes toniques.
Singulier.
masc. fém. neutre
c. s. // eh el
lui li
lui li
Pluriel.
es. il eles
lor, lotir lor, Jour
\ lor, \ els,
eus eles
Remarques. — II provient du latin ille, devenu illï sous Tinfluence de qui.
Le datif lui vient du latin vulgaire * il lui, avec aphérèse
de il (il]lui).
Au pluriel lor, leur, leur proviennent de illorum, qui a supplanté aussi illarum au féminin.
Le datif féminin li paraît renvoyer non pas à illi, mais à *illaei, illei (prov. Uei, ital. la).
Le pluriel il dure jusqu'à la fin du xine siècle; à cette époque il prend s comme les noms.
PRONOMS 9a
Troisième Personne.
Formes atones, masc. fém. neutre.
Singulier.
c. s. (il) (ele) (el)
/i(m.etf.)
le la lo, le
Pluriel es. (il) (eles)
lory lour lor, lour les les
Les cas sujets sont les mêmes que ceux des formes toniques .
Pronom