PRONOMS DÉMONSTRATIFS
Ils sont formés de iste et de il le, précédés de l'adverbe eue. Quelques-uns sont aussi formés avec hoc.
i . On trouve quelquefois noz, voz employés comme formes toniques lu n'est mie des noz (= tu n'est pas des nôtres) ; veant tous les voz (= à la vue de tous les vôtres).
Anglade. — Grammaire élémentaire de l'ancien français. 7
i° Composés de ILLE.
Singulier.
cas reg.
masc.
fém. neutre
icil, cil
icele, celé icel, cel
dat.
icelui, celui
icelei, celei
ace.
icel, cel Pluriel.
icele, celé icel, cel
icil, cil
iceles, celés
cels, cens
icel es, celés
Icil (c. s. masc. singulier) renvoie à ecce illï pour ecce ille; celei (fém. sing. datif) renvoie à ecce *il!aei. Cens est devenu ceux par confusion de la finale us avec x; cf. p. 84-
Celor a existé aussi, mais cette forme est très rare.
2° Composés de ISTE
Singulier.
icist,
cist iceste, ceste
icest, cest
( cestui
cestei
( cest
ceste Pluriel.
cest
cist
[iceste s] ce^
cei
[icestes] ce%
Remarques. — Toutes ces formes se trouvent avec i prothétique ou sans i, comme les composés de ecce ille (icil, icist et cil, cist).
Cist renvoie à ecce isti non à ecce iste, qui aurait donné cest : Vi long final a transformé i bref de iste (este en latin vulgaire) en i; cf. cil, icil.
Au pluriel le féminin cestes, icestes est très rare : ce% est un emprunt au masculin (ecce istos, eccestos > cests, ce^; ^ = sts), à moins qu'il ne représente un affaiblissement de cestes dû à son emploi comme atone.
Cest (cas régime masc. sing.) se réduit de bonne heure à cet, qui s'est maintenu devant les voyelles ; mais le t est tombé de bonne heure devant une consonne : ce jorn.
Cestui devenu cetui (avec ci, cetui-cî) a survécu jusqu'au xvne siècle.
Celui est toujours vivant.
3° Composés de HOC.
Ecce hoc > ço, ce. Cf. ce-ci devenu ceci et ce la, cela.
Hoc en composition a donné des prépositions et des adverbes : apu(d) hoc, abhçc > avuec, avec (avecque, avecques).
Per hoc (per sous l'influence de pro devient por), porhoc > poruec, pour cela; neporuec, cependant.
Sine hoc > senuec, sans cela.
On trouve encore hoc dans la particule affirmative : o je, o tu, o il. Oïl est devenu progressivement oui. Cf. le chapitre sur l'affirmation et la négation, infra, p. i53.