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CONJUGAISONS ARCHAÏQUES

Les conjugaisons archaïques comprennent : ià des verbes en -ir (non inchoatifs); 2° tous les verbes en -re; 3° tous les verbes en -ora1.

Conjugaison en -IR non inghoative.

Servir

Indicatif. Présent.

Je serf

n. serv-ons

tu sers

v. serv-e^

il sert

il serv-ent

A partir du xine siècle s s'ajoute à la ire personne et on a sers avec chute de /devant s.

Aux trois personnes du singulier il se produit de nombreuses modifications du radical devant ; et ^ finals : ainsi, à la ire p. sg., je sers (non je serfs ou serus"), je

i. Pour les terminaisons voir leur explication à la conjugaison en -er.

pars (non je parts) ; le radical pur reparait au pluriel : n. serv-ons, n. part-ons, etc. D'autres modifications plus profondes se produisent dans les verbes dont le radical se termine par / mouillée. Elles seront étudiées à propos des verbes principaux de cette catégorie.

Imparfait. — On avait une forme (propre aux dialectes de l'Est, surtout au bourguignon) parallèle à celle de la conjugaison en -er : je servive (comme je chantèvè) ; n. servi Uns, v. servi- ie^, il servirent. Mais la forme en -eit\ •oie la supplanta de bonne heure.

Je serv-eie, oie n. servi- iens

tu serv-eies v. servi-ie^

il serv-eie(t) il scrv-eienl, oient

Parfait. — Je servi, servis (comme je feni, fenis).

Futur. — Servirai (de servire habed).

Conditionnel. — Servireie (de servire habebant), oie, etc.

Impératif. — Serf {sers à partir du xme s.) ; servons, serve^, formes de l'indicatif présent ou peut-être du subjonctif présent. Cf. supra première conjugaison vivante.

Subjonctif. Présent.

Que je serve que n. ser-vons

que tu serves que v. serv-e^

qu'il serve (t) qu'il serv-ent

Ces formes correspondent à des formes latines comme servant, servas, etc., au lieu de serviam*, servias, etc. De même : que je parte renvoie à * partant, au lieu de * parti a m (la t. class. partiar).

i. Cf. supra à la conjugaison en -er, p. 108.

a. On rencontre cependant servie, dormie, partie, etc. qui renvoient à des formes latines en -ium.

Cependant, pour certains verbes, surtout pour ceux dont le radical est terminé par / ou n, les formes provenant de -iam se sont maintenues. On a ainsi que je bouille (bullianï), que je saille {saliani) et par analogie-: que je faille < *falliam -pour fallam. A la ire p. plur. on avait sailliens, saillie^, représentant normalement saliamus, saliatis. On a eu par analogie serviens, servie^; par tiens, partie^, et plus tard servions, partions, etc. Mais les formes sèches (c'est-à-dire sans i) du pluriel se sont maintenues jusqu'au xvie siècle (q. n. servons, q. v. serves).

Subjonctif. Imparfait. Que je servisse, comme fenisse.

Part. prés. — Servant*. La terminaison -ant est empruntée à la conjugaison en -er.

Part, passé. — Servi, servie.

Les participes passés de cette conjugaison correspondent : i° à des participes passés du latin classique ou vulgaire en -îtum : servi, sailli, oui; 2° à des participes latins en -ùtum : couru, issu, boulu, falu, féru, jeu; 3° à d'autres participes latins, comme mort < *mortum, pour mortuum; quis de quérir, a été formé d'après le parfait pris.

Cette conjugaison ne comprend plus aujourd'hui qu'une vingtaine de verbes simples, dont plusieurs sont défectifs. Voici les formes les plus importantes des principaux d'entre eux.

Bouillir, Faillir, Saillir, Cueillir.

Dans ces verbes il y avait alternance entre le radical avec / mouillée (ill) et le radical avec / non mouillée (/),

i. Servientem a donné le subst. sergent, a. fr. serjant.

suivant que / était, dans le latin vulgaire, en contact avec i semi-consonne (btillio, bulliam : salio, saliam, saliens) ou non. Aujourd'hui, par suite de l'analogie, des transformations assez nombreuses se sont produites dans les radicaux de ces verbes.

Bouillir (d'abord boulir). Ind. prés. : je boil, tu bols — bous, il boit — bout ; n. bohns, v. bole%, il boillent (bulliunt). Subj. prés, que je boille, es, e; que n. boliens, bolie^, baillent. Part. prés, baillant.

Les autres formes n'avaient pas / mouillée : Imparfait de l'indicatif: jeboleie. Parfait : je boli, bouli, is, it. Imparf. du subj.: que je bolisse. Infinitif: bolir. Part, passé : bouli et boulu (encore usité au xsie siècle). Futur: boldrai, boudrai.

Tressaillir (et saillir) se conjuguaient ainsi.

Ind. prés. : je tressail, tu tressais — tressaus, il tressait — tressant; n. tressalons, v. tressale~, il tressaillent. Imparfait : je tressail Ieie (< *tressaliebatn). Subjonctif présent : q. je tressaille. Le radical en / mouillée s'est généralisé à l'indicatif présent (tu tressailles, il tressaille, sur le modèle de : je tressail), à l'infinitif tressaillir (d'abord trèssalir), au prétérit tressaillis (d'abord tressait) et à l'imparfait du subjonctif: q. je tressaillisse. Le futur était tressaudrai, aujourd'hui tressaillirai* (saillir fait au futur saillirai au sens de jaillir, sai lierai au sens de faire saillie).

Faillir. — Ind. prés.: je fail (lat. vulg. *fallio pour fallo), tu fais, il fait ; nous falons, v. fale^, il fail lent (*falliunt pour f allant). Subj. prés.: que je faille. Ind. imparfait : je faleie. Infinitif: falir. Part. prés. : falant. Part, passé: fait. Futur : faldrai, faillirai.

Avec le radical en / mouillée faill- a été formé le verbe faillir, où / mouillée s'est généralisée. Le verbe fal-

i. Tressaillerai dans le Dictionnaire de l'Académie de 1798.

loir, qui n'est qu'un doublet de faillir, n'a plus de formes en / mouillée qu'au subjonctif présent : qu'il faille.

Cueillir a aussi généralisé / mouillée à l'indicatif présent : l'ancienne conjugaison était : je cueil, tu cutis, il cuelt; n. caillons, v. coille^, il cueillent. Imparfait: je caillais. Parfait : je coillis. Subjonctif présent : que je cueille, etc.

Il y avait deux radicaux dans ce verbe : cueil- aux formes accentuées sur le radical; coil- aux autres formes, C'est le premier radical qui a été généralisé.

Ferir, Gésir, Quérir, etc.

Ferir. — Ind. prés. : je fier, fiers, fiert ; n. ferons, ferez, fièrent. Subj. prés. : que je fiere1, es, etc. Impératif: fier. Indicatif imparfait : fereie. Parfait : feri. Futur : ferrai. Condit. : ferreie. Part, passé : féru.

Gésir. — Ind. prés. : je gis, tu gis, il gist ; n. gesons, v. gese\, il gisent. Imparfait : geseie. Prétérit : je jui, tu jeùs, il fut; n. jeiimes, v. jeiistes, il jurent. Futur: gerrai. Subj. prés. : que je gist; que n. gesitns. Imparf. : que je jeiïsse. Part. prés. : gesant. Part, passé : jeu, ju. Le radical gis- des formes accentuées sur le radical a remplacé partout ges- des formes atones.

Quérir (Querre). — Ind. prés. : Requiers; n. querons, il qiiierent. Imparfait : je quereie. Parfait :

Je quis n. quesimes, que-ïmes, quimes

tu quesis, que-ïs, quisi v. quesistes, que-ïstes, quistes il quist il quistrent, quirent

1. Et aussi: que je Jlerge (de feriam avec consonification de i en

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