DEUXIÈME CONJUGAISON VIVANTE
Conjugaison en -IR.
Cette conjugaison comprend les verbes en -ir in-
i. Voir dans Littré des exemples de Corneille, Molière, etc. Anglade. — Grammaire élémentaire de l'ancien français. 8
choatifs ■ ; ce sont ceux dont le radical est allongé par l'infixé -iss aux temps suivants : indicatif présent et imparfait, subjonctif présent, impératif, participe présent.
Ex. nous jîn-iss-on s, je fin-iss-ais, fin-iss-ant.
Co>'JUGAISO* EX -IR INCHOATIVE.
Formes avec suffixe inchoatif.
Indicatif. Présent.
Jefen-is « finisco) n. fen-iss-ons
tu fen-is (< /iniscis) x.fni-iss-e^ il fen-ist (< finiscit) il fen-iss-cnt
Il n'y a rien à remarquer sur ces formes, sinon que s, à la 3e p. sg., disparaît de bonne heure devant t. Au pluriel les terminaisons sont les mêmes que celles de la ire conjugaison.
Imparfait.
Je fen-iss-eie, oie n. fenissiiens
tu jcnisseies, oies v. fenissiie^
il fenisseieî, oiet, oit il fenisseient, oient.
Mêmes observations que pour l'imparfait en -eie de la ire conjugaison; cf. supra; au pluriel i-iens, i-ie\ sont dissyllabiques à l'origine.
i. Ces verbes sont dits inchoatifs, du latin inchoaticus signifiant qui commence, parce que l'infixé isc- servait à former en latin des verbes indiquant le commencement d'une action : ex. gemo. je gémis; ingemisco, je commence à gémir.
CONJUGAISON li5
Impératif.
Fenis ; fenissons, fenisse^
Subjonctif. Présent.
Que je fenis se que n. fenissons
que tu fenisses que v. fenis se^ qu'il fenisse(t) qu'il fenissent
Les formes fenissiens (fenissions), fenissie^ sont plu g récentes. Cf. supra, conjugaison en -er.
Part. prés. — Fenissant. La terminaison -ant est empruntée à la conjugaison en -er.
Formes sans suffixe inchoatif.
Parfait .
Je feni
n. fenimes
tu fenis
v. feni st es
il fenit
il fenirent
A la ire p. sg. feni renvoie au latin fini-i pour finivï< S n'a été ajoutée d'une manière régulière qu'à partir du xvnc s.; mais on la trouve bien avant. Fenimes vient du latin fini(vi)mus ;fenistes de fini(vï)stis ;fenismes a été refait sur fenistes.
Subjonctif. Imparfait.
Que je \ fenis se que n. fenissons
qne tu fenisses que v. fenis se^ qu'il fenist qu'il fenissent
Ces formes paraissent être les mêmes que celles du subjonctif présent ; mais ici elles proviennent du latin finissent pour finivissem, tandis qu'au subjonctif présent elles proviennent de finiscam devenu * finissant dans le latin vulgaire (finiscam aurait donné feniscbe).
Participe passé. — Fcnit, fenide. Bénit est le seul verbe qui aujourd'hui ait gardé le î au participe.
Futur. — Fenir-ai.
Conditionnel. — Fenir-eie.
Ces formes sont régulières, du moins en apparence. Dans les verbes du premier fonds de la langue, i aurait dû disparaître, puisque l'infinitif, dans sa réunion avec habco n'a plus l'accent sur la finale et forme avec habeo un mot unique : finir éiyo. Mais la langue a conservé i de l'infinitif, parce que cet i était la caractéristique de cette 29 conjugaison vivante.
Irréguliers.
Les verbes irréguliers de cette conjugaison étaient assez nombreux autrefois. Aujourd'hui il n'y a plus que bénir et haïr.
Bénir n'a plus d'irrégulier que le participe bénit, qui, employé au sens liturgique, a gardé le /. Au moyen âge on a eu longtemps au parfait : je benesquis ; nous benesquiines, il benesquircnt. L'infinitif était beneïr ; on avait aussi beneïstre, d'où le futur benêts tr ai, bénis trot.
Haïr est passé dans la langue moderne à la conjugaison inchoative, sauf aux trois premières personnes du singulier du présent de l'indicatif : Je bais, tu bais, il hait; au moven âge on avait nous ba-yons, v. haye^, il baient. Im-
parfait. Je hayeie, oie. Subj. prés, que je haie. Impératif. hae%> Participe présent : hayant.
Guérir est aujourd'hui régulier. Au moyen âge le parfait se conjuguait ainsi :
je garis n. garesimes
tu garesis v. garesistes il garist il garirent