‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 41 sur 121 · VERBES A PARFAITS FAIBLES · texte numérisé non relu

VERBES A PARFAITS FAIBLES

Le parfait faible était le suivant, où toutes les formes sont accentuées sur la terminaison.

Je rompi-(s) n. rompîmes

tu rompis v. rompistes

il rompit il rompirent

C'est la même formation que le parfait de servir. Il y eut aussi un autre parfait, dont les formes furent surtout fréquentes à la 3e p. du sg., et qui est perdiet (du latin perdédit). On a ainsi rendiet, tendiet, defendiet, etc. Ce parfait est surtout propre aux verbes en -dre, comme perdre, tordre, mordre, mais on le rencontre aussi dans d'autres verbes : rompiet.

Imparfait du subjonctif.

Que je rompisse q. n. rompis sons, iens, ions

que tu rompisses q. v. rompisse^, ie%

qu'il rompist qu'il rompissent

Parmi les verbes à parfaits faibles, c'est-à-dire constam-

ment accentués, au parfait, sur la terminaison, nous citerons les suivants : battre (je battis), défendre (je défendis), descendre, pendre, rendre, tendre, vendre; fondre, tondre; vaincre, suivre.

Les verbes mordre, tordre et les verbes dont l'infinitif est en -aindre, -eindre, -oindre, ont des parfaits forts.

D'autres parfaits sont en -us. Nous allons donner le& exemples de parfaits faibles en -i (-is) et en -ni (-us) ; nous donnerons ensuite les exemples des parfaits forts.

i° Parfaits faibles en -/.

Les verbes les plus intéressants de cette section sont les suivants. Nous donnons en môme temps que le parfait les temps principaux ou les formes les plus importantes.

Suivre. — Ind. prés.: je siu (plus tard je sui, je suis), tu sius — suis, il siut — suit; n.sevons (suivons), v. seve% (suivez), il sivent — suivent. Imparfait : je seveie, ou plutôt je sieveie. Parfait : je sévi — sivi; il sivirent. Futur: je sivrai. Conditionnel: je sivreie — sevreie. Subj. prés. : q. je sive et q. je sieve. Infinitif: siure, suire, suivir, etc.1. Part, présent : sivant, sevant, sievant. Part, passé : seiï < secûtum et suivi, qui se rattache à l'infinitif suivir.

Les formes du radical étaient, comme on le voit, nombreuses dans ce verbe ; elles se sont réduites à suiv-, forme composée du radical sui- du singulier du présent de l'indicatif et du radical sev-, propre au pluriel de ce temps et aux formes non accentuées sur le radical : le v provient de IV de qu.

Coudre. — Radical coud- (infinitif, futur, conditionnel i. Les formes de l'infinitif sont nombreuses.

et ire, 2e, 3e p. sg. ind. prés., 2e p. sg. impératif1); cousaux autres temps. Pariait : je cousis. Part, passé : cousu.

Vivre a deux radicaux: viv- aux temps delà ire série, à l'infinitif et au participe présent; vesc-, véc-, au parfait et aux temps dérivés. Aux trois premières personnes de Find. prés., le radical viv- s'est réduit à vi- devant s, t.

Le parfait fut longtemps vesquis (on trouve encore survesquis au xvue s.): vécus est plus récent. Part, passé: vescu, vécu.

Naître a trois radicaux : naist- (naît-), uaiss-, nasqu- (naqu-). Les formes ne présentent pas de difficultés. Ind. prés.: je nais: n. naiss-ons. Parfait: je nasquis.

2° Parfaits faibles en -LU {-LS)

Cette classe n'est pas très nombreuse. On pourrait y mettre, d'après les parfaits actuels, le verbe courre, déjà vu sous courir (cf. supra), moudre et soudre, dont le radical était primitivement : mol-, mold-, et sol-, solv-.

Moudre. — Parf. : je mol ni, tu moins, il molut, etc.

Quant à soudre, son ancien parfait était fort : sols, solsis, sol si, etc. La forme soin dans je résolus est relativement récente. Il y a donc lieu de le classer parmi les verbes à parfait fort. Notons que absolu, dissolu, formes régulières du participe passé2, sont devenus des adjectifs; les participes sont absous, dissous, renvoyant à des radicaux en sols- (^absolsum, *dissoïsum); mais il y avait une autre forme

i. Au présent de l'indicatif et à l'impératif le d n'a qu'une valeur orthographique.

i. Encore employées ainsi au xvi* siècle.

absout, dissout, dont le féminin était absoute, dissoute, renvoyant à des formes latines absolu tum, dissolutum, ou plutôt *absôltum< *dissôltum.

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