PARTICIPE PRESENT
Le participe présent \ se décline comme un adjectif de la deuxième classe : cf. la Morphologie, On disait donc : uns hom chant an^: une femme chantant, au cas-sujet singulier; au cas-sujet pluriel on disait : li home chantant, les femmes chant an^; au cas -régime: les homes chant an^, les femmes chantan%.
Les formes en -ante, -antes pour le féminin n'existaient pour ainsi dire pas dans Fancienne langue; des exemples comme les suivants : si s'en ala criante et phrante (Livres des Rois, i64), gens mécréantes (ibid., 396) sont des plus rares.
Les formes féminines en -ante, -antes deviennent plus fréquentes en moyen français; mais jusqu'au xvie siècle la langue a une tendance à faire l'accord en nombre et non en genre : on disait donc plutôt des femmes plorans, chantans que pleurantes, chantantes. « Palsgrave déclare même que le participe présent français n'a pas de féminin2. » En 1679, l'Académie décide que le participe présent sera invariable, à moins qu'il ne soit devenu adjectif verbal.
Participes présents a sers passif. — La langue moderne a conservé quelques participes présents à sens passif, dans des expressions comme : rue passante, représentation payante, deniers comptants, etc. Les participes de ce genre étaient très fréquents dans l'ancienne langue ; ils marquent d'ailleurs plutôt une action qui dure qu'un passif proprement dit.
1. Au début il était invariable ; il ne s'est assimilé aux adjectifs qu'à la fin du xie siècle et au début du xne.