Subj. prés, de colchicr
Si nous voyions Roland... ensemble avec lui nous
y donnerions de grands coups.
S'i fust li rets, ni oiïs sons damage. (Roi., 171 7.) Si le roi y était, nous n'y aurions pas de dommage. S cm creïsseXj venu^i fust mis sire. (Roi., 1728.) Si vous m'aviez cru, mon seigneur y serait venu. S'altre'l desist, ja semblast grant mençonge.
(Roi., 1760.) Si un autre l'avait dit, cela semblerait un grand
mensonge.
E s'il vol sis t, il l'eus t mis a pié.
(Cour, de Louis, 1095.) Et s'il avait voulu, il l'aurait renversé. Vos l'eûssie^ destruit, se vos eùst pieu.
(Aye d'Avignon, 3732.) Vous l'auriez détruit, si cela vous avait plu1.
20 Imparfait ou plus-que-parfait de l'indicatif dans la proposition conditionnelle (construction moderne). Cette combinaison n'apparaît guère qu'au xne siècle ; elle paraît inconnue à la plus ancienne langue.
Ex. : S'il le saveit, vos sériés vergondé.
(Huon de Bordeaux, 4oo3.) S'il le savait, vous «feriez honni.
S' or vos aloie lor terre abandonner, Tuit gentil home m'en devroient blasmer.
(Raoul de Cambrai, 839.) Si maintenant j'allais vous abandonner leurs terres, tous les gentilshommes m'en déviaient blâmer.
3° Emploi du conditionnel dans la proposition conditionnelle (construction rare).
1. L'emploi de deux plus-que-parfaits du subjonctif est assez rare. Brunot, Histoire de la langue française, 1, a55.
Ex. : Se tu ja le porroies a ton cuer rachater,
Volentierste lairoie arière retorner. (Fierabras, Ô23.) Si jamais tu pouvais le racheter avec ton cœur, volontiers je te laisserais revenir en arrière.
Des exemples de cette construction existent encore au xvne siècle1.
Je meure si je saurais vous dire qui a le moins de jugement. (Malherbe, II, 634-)
Dans ces trois cas, le verbe de la proposition principale est, comme nous l'avons dit plus haut, au conditionnel (présent ou passé), à l'imparfait ou au plus-que-parfait du subjonctif. Il ne semble pas qu'on puisse établir de règle précise au sujet de ces emplois. Notons seulement que la formule la plus courante, quand les deux propositions du mode irréel concernent le présent ou le futur, parait être : si j'osasse — je demandasse (= en fr. mod.: si j'osais, je demanderais).
Propositions relatives conditionnelles. — Nous avons vu plus haut (p. 2 3 2) qu'une phrase pouvait être conditionnelle, sans que la conjonction si y fût exprimée. Il en est de même pour les propositions en apparence relatives où qui signifie si on, si quelqu'un. Cf. les exemples à la syntaxe des pronoms relatifs et les exemples suivants.
Ex. : Oui podreit faire que Rollan^ i fust mor\
Donc perdrai Charles le dextre bras del cors.
(Roi., 996.I
Si on pouvait faire que Roland y fût tué, alors
Chartes perdrait le bras droit du corps. Oui du ne odist Mon joie esc rider, De l'asselage li poùst remembrer. (Roi., 1181.)