CONJONCTIONS FORMÉES AVEC « QUE
§ 652. — Que, précédé d'un adverbe, ou de ce précédé lui-même d'une préposition, forme un grand nombre de locutions conjonctives.
Avant de dire « pour que », on a dit « pour ce que » ; et pour ce que avait souvent le sens que nous réservons aujourd'hui à parce que.
Joinville : « Pour ce que nous estiens cousin. »
§ 653. — On disait aussi dès ce que, selon ce que, etc., au lieu de « dès que, selon que » .
§ 654. — Nous avons perdu la locution à ce que, qui signifiait a de façon que ».
Joinville: « Tu ne me tempteras jà à ce que je ne croie fermement touz les articles de la foy. » G*est-à-dire : « Tu ne me tenteras jamais au point que']e ne croie fermement tous les articles de la foi. »
§ 655. — Nous avons perdu aussi les locutions combien que, comment que, encore que, jà soit ce que, qui avaient généralement le sens de « quoique », demenire que, qui signifiait « pendant que », et quelques locutions semblables, dont la signification se déduira facilement du sens des adverbes composants.
§ 656. — Outre sa signification actuelle, puisque avait le sens plus ancien de « après que ».
Joinville : « Salehadin, qui dit que l'on ne devoit nul home occire puis que on li avoit donnei à mangier de son pain et de son sel. » Traduisez : « Saladin, qui dit qu*on ne devait tuer nul homme après qu^on lui avait donné à manger de son pain et de son sel. »