‹ Grammaire elémentaire de la vieille langue française (volume 2)Chapitre 133 sur 243 · AINS, AINÇOIS, CAR, JUSQUE, SINON · texte numérisé non relu

AINS, AINÇOIS, CAR, JUSQUE, SINON

§ 657. — En dehors des conjonctions où entre que, il en est peu dont Tusage ancien diffère de l'usage actuel.

Les adverbes ains et ainçois avaient pris, comme conjonctions, le sens de « mais », qu'ils ont conservé jusqu'au XVI* siècle. Ils formaient aussi les locutions conjonctives mns que et ainçois que, qui signifiaient : « avant que ».

§ 658. — La conjonction car dérive d'un mot latin {qiuire) qui signifie « pour laquelle chose, donc ». Elle a d'abord eu en français la même valeur.

Chanson de Roland : « Cumpainz RoUanz, l'olifant kar sunez. » C'est-à-dire : « Compagnon Roland, sonnez donc l'olifant. »

Après « la raison est » ou « la cause est », car remplace souvent que,

Oresme : « La première reson porquoi il ont erré en ceste chose est ca?* il n*ont pas regardé... »

§ 659. — Jusque se trouve souvent avec le sens de « jusqu'à ce que ».

Chanson de Roland : « Jusque il viengent el camp. » Cest-à-dire : « Jusqu'à ce qu'ils viennent sur le champ de bataille. »

§ 660. — Les deux parties de la conjonction sinon [si ou se et non) n'étaient pas inséparables comme aujourd'hui :

Villehardouin : « Ne jà... ne sera recouvrée se par ceste gent non. » C'est-à-dire : « Et elle ne sera jamais recouvrée sinon par ces gens. »

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