III. — Adverbe se rapportant à un adjectif ou à
un autre adverbe.
§ 700. — L'adverbe peut être séparé de l'adjectif ou de l'autre adverbe par un ou plusieurs mots, notamment par un verbe.
Châtelain de Couci : « Touz jours m'est plus s'amours fresche et nouvelle. » C'est-à-dire : « Tous les jours son amour est pour moi plus frais et nouveau. »
Chanson de Roland : « Tere majur mult est loinz. » C'est-à-dire : « Le grand pays est très loin. »
Ibidem : Mult par est pruz sis cumpainz Oliviers. » C'est-à-dire : « Son compagnon Olivier est très preux. »
Ibidem : « Trop avez tendre coer. » C'est-à-dire : « Yous avez le cœur trop tendre. »
Ibidem : « N'est gueres granz, ne trop uen e^i petiz. » C'est-à-dire : « Il n'est pas trop grand et n'est pas trop petit. »
Ibidem : « Plus est isnels qu'esperviers ne aronde. » C'est-à-dire : « Il est plus rapide qu'épervier ou hirondelle. »
Encore aujourd'hui on peut séparer plus ou moins de
Tadjectif auquel ils se rapportent, mais seulement lorsqu'on les met en tète de deux propositions opposées ; « Plus on est sévère, plus on est aimé. »