‹ Grammaire elémentaire de la vieille langue française (volume 2)Chapitre 157 sur 243 · LA CÉSURE · texte numérisé non relu

LA CÉSURE

§ 835. — Quand on parle, on ne prononce pas les phrases tout d'une haleine. Il y a des repos naturels de la voix, dont quelques-uns sont marqués dans l'écriture par la ponctuation; bien entendu, ces repos ne se placent jamais entre des mots intimement liés l'un à l'autre comme l'article et le nom, le pronom personnel sujet et le verbe, etc.

§ 836. — La différence essentielle, au point de vue de la forme, entre la poésie française et la prose, consiste en ce que, dans la poésie, il y a régulièrement des repos après un nombre déterminé de syllabes. Il en résulte une harmonie caractéristique. Arrangez les mots d'une phrase ou d'un membre de phrase pour qu'il y ait un repos après la quatrième syllabe et un autre après la dixième, vous aurez un vers de dix syllabes'.

« Le duc Ogier | l'archevêque Turpin »

est un vers de la chanson de Roland.

Mettez un repos à la sixième syllabe et un autre à la douzième, vous aurez le vers alexandrin :

tt Je vous entends, Néron j m'apprend par votre voix...

§ 837. — îl y a donc deux repos nécessaires dans chacun de ces vers, Tun dans le corps du vers, Tautre à la fin. Celui du corps du vers prend le nom de césure ; ainsi le vers alexandrin a la césure à la sixième syllabe.

Page 1