Verbes en «oir
§ 244. — Dans savoir^ le radical atone est savj qui correspond à sap latin. Or, devant Vu tonique de la flexion, le p latin doit tomber et Ta se changer en o, puis en e. De là le participe passé sou, seû, enfin su par contraction. Ainsi, dans l'ancien verbe savoir, le radical spécial auquel s'ajoute Vu du participe est « so, se » au lieu de sav. Aujourd'hui la flexion u s'est substituée à la voyelle du radical, et le mot n'a plus qu'une syllabe. Le participe passé du verbe avoir s'explique de la même manière; nous récrivons eu, au lieu de u, par une tradition qui remonte au lemps où on prononçait réellement eu. Il a été aussi où. Recevoir, devoir, mouvoir, pouvoir, ont fait, pour des raisons analogues : deû, pou et peu, mou et meû. Dans devoir et mouvoir il y a eu chute de la labiale du radical {b et v latins) devant la flexion w, comme dans savoir. Dans pouvoir (anciennement pooir, pouoir), le participe passé n'a pas pris le v euphonique.
§ 245. — Le cas de choir et de voir est encore plus simple. Ces deux verbes ont été cheoir et veoir, formes auxquelles correspondent les anciens participes passés fJieû et veû, qui sont devenus chu et vu quand les infinitifs devenaient choir et voir»