‹ Grammaire elémentaire de la vieille langue française (volume 2)Chapitre 61 sur 243 · X. — Imparfait du subjonctif · texte numérisé non relu

X. — Imparfait du subjonctif

§ 339. — L'imparfait du subjonctif français dérive du plus-que-parfait latin ; or le plus-que-parfait du subjonctif latin se formait sur le prétérit de Tindicatif. Il doit donc y avoir un rapport direct, en français, entre le prétérit de rindicatif et l'imparfait du subjonctif.

§ 340. — En eff'et, pour avoir l'imparfait du subjonctif, il suffit de changer :

Pour la première conjugaison : ai du prétérit en asse ; pour les autres conjugaisons : us ou is du prétérit en usse ou en isse,

§ 340 bis. — Pour les verbes qui, dans l'ancienne langue, avaient à la deuxième personne du prétérit une syllabe de plus qu'à la première (pris, presis; vi, veïs, etc.),

rimparfait du subjonctif se rattache à la deuxième personne du prétérit, et s'est modifié comme elle : presisse^ fuis pre'isse, "puis prisse; veîsse, puis visse, etc.

§ 341. — Les flexions de personnes, pour le plus-queparfait du subjonctif latin (imparfait français), étaient les mêmes à toutes les conjugaisons. Prenons pour exemple un verbe de la conjugaison en are :

cantdssem a donné chantasse cantdsses — chantasses

cantdsset — chantast, chantât

cantassémus — chantassions cantassétis — contassiez cantdssent — chantassent.

Les flexions de personnes sont donc en français : e, es, t, ionSj iez^ ent.

Remplacez Va de asse, asses^ etc., par un u ou un t, suivant que le verbe a le prétérit en us ou en is, et vous aurez les différentes conjugaisons :

Valoir, prétérit valus, imparfait du subjonctif: valusse, valusses, valust {puis valût), valussions, valussiez, valussent.

Ouïr, prétérit ouïs, imparfait du subjonctif : ouïsse, ouïsses, ouïst, ouissions, ouissiez, ouïssent,

§342. — Aux deux premières personnes du pluriel, les terminaisons «tons, fez » ne dérivent pas du latin émws, ^t{s,mais ont été empruntées au présent du subjonctif. Quant à Ye muet des deux premières personnes du singulier, il est aussi le produit d'une analogie avec le subjonctif présent, à moins qu'on ne l'explique à la deuxième personne par le groupe des trois s, et à la première par l'analogie de la seconde.

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