VI. — Le pronom neutre « ce
401. — Le pronom neutre ce s'employait très souvent là où nous mettrions cela :
Chanson de Roland : Ço senefiet pais e humilitet. » C'est-à-dire : « Cela signif\p paix et humilité. »
Ibidem : Avoec iço plus de cinquante cares. » C'est-à-dire : « Avec cela plus de cinquante chars. »
Nous disons encore : « sur ce, »
402. — Devant le pronom relatif neutre, sauf dans quelques locutions consacrées (comme : qui plue est) la langue actuelle met toujours le pronom démonstratif ce. 11 n'en était point ainsi dans l'ancienne langue.
Prose de sainte Eulalie : « El li enortet, dont lei nonque chielt... » C'est-à-dire : « Il l'exhorte, ce dont il ne lui chaut pas... »C'estainsique Molière dit encore : « Ah! poltron, dont j'enrage, lâche, vrai cœur de poule I »
Chanson de Roland : « Je fereie que fols. » C'est-à-dire :
i76 GRAMMAIRE DU VIEUX FRANÇAIS.
« Je ferais ce que ferait un fou. » (Comp. § 709.) Semions de saint Bernard : Lucifer kl ewals volt estre a Deu, /:' al fil apartient propprement. » C'est-à-dire : «Lucifer qui voulut être, égal k Dieu, ce qui appartient proprement au fils. r>