‹ Grammaire elémentaire de la vieille langue française (volume 2)Chapitre 96 sur 243 · Passé défini et passé indéfini · texte numérisé non relu

Passé défini et passé indéfini

§ 456, — L'emploi de ces deux passés n'était pas réglé aussi rigoureusement qu'aujourd'hui, et nous remplace-

Clédat. 1 2

rioas souvent, dans les anciens textes, Tun par Tautre. Ainsi dans ces vers de la Chanson de Roland :

Caries li reis, nostre emperere magnes,

Set anz tm pleins ad estet en Espaigoe :

Tresqu*en la mer cunquist la tere altaigne.

N'i ad castel ki derant loi remaignet, ^

Mot à mot : « Charles le roi, notre grand empereur, sept ans tout pleins a été en Espagne ; jusqu'à la mer il conquit la haute terre. Il n'y a pas de château qui devant lui résiste, » Nous dirions aujourd'hui : « il a conquis. »

§ 456. — Le passé défini était mis souvent à la place de l'imparfait, surtout avec les verbes avoir, être, et quelques autres verbes exprimant un état plutôt qu'une action, aimer par exemple :

Vie de saint Léger : « Al rei lo duistrent soi parent... Cio fud Lothiers. » Mot à mot : « Ses parents le conduisirent au roi; ce fut Lothaire. » Nous dirions : « C'était Lothaire. »

Joinville : « Quant ele sot qu'il fu croisiez. » Mot à mot : « Quant elle sut qu'il fut croisé. » Nous dirions : « qu'il était croisé. »

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