‹ Grammaire élémentaire de la vieille langue françaiseChapitre 106 sur 167 · EMPRÈS · texte numérisé non relu

EMPRÈS

§ 536. — Nous avons perdu cette préposition, qui signifiait : « auprès de » et « après ».

Joinville : « A la table le roy manjoit, emprès li, li cuens de Poitiers. » C'est-à-dire : « A la table du roi mangeait, auprès de lui, le comte de Poitiers. » 93.

Roman de Rou : « Cil fu quens d'Où enpres son père. » C'est-à-dire : « comte d'Eu après son père. » 3» p., 105J-

EN (latin IN)

§ 537. — L'un des sens de la préposition latine in, le cens de sur, ne s'est conservé que dans quelques locutions: * portrait en pied ; mettre en croix. » L'ancienne langue employait plus librement « en pied » et « en croix »

Chanson de Roland : « Li quens Rollanz. .. en piez se

drecet. » Mot à mot : « Le comte Roland se dresse en pieds. » 195. Nous dirions : « sur ses pieds. »

Ibidem : « La lance dont Nostre Sire fut en la cruiz naffrez. » Mot à mot : « La lance dont Notre-seigneur fut percé en la croix, » 2504. Nous dirions : « sur la croix. »

§ 538. — Beaucoup de locutions adverbiales ont été formées avec la préposition en et des substantifs ou des adjectifs : « en rond, en cachette, etc. » L'ancienne langue en possédait un bon nombre qui sont devenues hors d'usage : en foi (fidèlement), en apert (ouvertement), etc.

ENGEIZ Voyez Ainçois.

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