‹ Grammaire élémentaire de la vieille langue françaiseChapitre 154 sur 167 · L'ASSONANCE ET LA RIME · texte numérisé non relu

L'ASSONANCE ET LA RIME

§841. — Après le nombre des syllabes et la place de la césure dans le vers, le principal élément de la versification française consiste dans la répétition d'un même son à la fin de deux ou plusieurs vers, consécutifs ou séparés par d'autres vers. Cette répétition se nomme assonance ou rime, suivant qu'elle porte seulement sur la dernière voyelle tonique) du vers, ou sur cette voyelle et sur les consonnes qui la suivent. Ainsi un vers terminé par homme assone, mais ne rime pas, avec un autre terminé par couronne; les deux voyelles toniques sont les mêmes (o), mais elles sont suivies de consonnes différentes dans les deux mots.

§ 842. — La plus ancienne versification française ne connaissait que l'assonance, encore pratiquée aujourd'hui dans les chansons populaires. Mais il faut remarquer que. par suite des modifications de la prononciation, bien des mots qui assonaient dans l'ancienne langue n'assone raient plus aujourd'hui. Dans la Chanson de Roland, paie*

assone avec chevalier, avec fier (adjectif) et avec Michel : c'est que l'e de païen n'était pas encore nasalisé, que l'e de chevalier et celui de fier se prononçaient de même, et qu'on disait Michiel et non Michel; dans tous ces mots il y avait la même diphtongue ie.

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