NOMS DE NOMBRE ORDINAUX
§ 111. — Les dix premiers noms de nombre ordinaux étaient en latin : primus (premier), secundus (second), tertins (troisième), quartus (quatrième), quintus (cinquième , sextus (sixième), septimus (septième,, *octimus (huitième), *novimusi (neuvième , decimus dixième). Tous ces noms de nombre se déclinaient comme l'adjectif bonus.
§ 112. — Primus. Le féminin français de ce mot, prime, ^st devenu un adjectif des deux genres, qui ne s'emploie plus d'ailleurs que dans certaines locutions consacrées : de prime abord, de prime saut. etc. A côté de primus, le latin populaire avait le dérivé primârius, formé avec le suffixe ârius, qui a donné premiers (cas régime singulier : premier, féminin première). On trouve aussi en vieux français un dérivé de premier, formé avec le suffixe ain
1. Les formes classiques octavus huitième), nonus (neuvième), ne se sont conservées qu'avec des valeurs spéciales : le féminin d'octavas a xionné oitieve, dont la forme savante est octave, mot qui désigne le huitième jour après uue fête, et le féminin de nonus a donné noue, nom de la neuvième heure latine trois heures de l'après-midi,, qui s'est conservé dans la liturgie catholique.
(latin ànum), premerain (cas sujet singulier premerains, féminin premerainé).
§ 112 bis. — Secundus. Notre adjectif second est d'origine savante. Dans les plus anciens textes le second nombre ordinal est exprimé par l'adjectif indéfini altre (autre). Déjà en latin alter a le sens de second.
§ 113. — Tertius. Le masculin tertius a donné en français tiers, et le féminin tertia : tierce. Ce mot était indéclinable au masculin, pour la même raison que le substantif palais dérivé de palatium (§ 83). Tiers n'est plus nom de nombre ordinal que dans quelques locutions consacrées comme « le tiers état ».
§ 114. — Quartus. Le masculin quartus a donné en français quarz (cas régime singulier et cas sujet pluriel quart), et le féminin quarta a donné quarte. La Fontaine dit encore :
« Un quart voleur survient. »
§ 115. — Quintus. Du masculin quintus dérive quinz (quint aux cas sans s), et le féminin quinta a donné quinte. Nous disons encore : Charles-Quint, Sixte-Quint.
§ 116. — Les cinq noms de nombre qui suivent se terminent en français par un e muet, même au masculin, à cause des groupes des consonnes. Ils se déclinaient donc comme tiède (§ 91). Pour abréger, nous ne donnerons que la forme du cas régime : « sextum » a produit siste; « septimum » sedme; « *octimum » oidme, uidme ; « novimum » noevme;« decimum » disme.
§ 117. — Plusieurs de ces anciens noms de nombre ordinaux ont complètement disparu de la langue. D'autres y sont restés avec des emplois spéciaux. Us ont été remplacés dans l'usage ordinaire par de nouvelles formes refaites sur les noms de nombre cardinaux avec le suffixe ième : troisième, quatrième, etc.