XI. — Le temps archaïque dérivé du plus-queparfait latin
§ 343. — Nous exprimons l'idée du plus-que-parfait par
un temps compose du participe passé et de l'auxiliaire avoir à l'imparfait. Les latins exprimaient la même idée à l'aide d'un temps simple, qui a passé d'abord dans le français, mais qui en a bientôt disparu. Ce temps français avait d'ailleurs perdu le sens du plus-que-parfait ; il paraît avoir fait double emploi avec le prétérit.
g 344. — Pour avoir la forme du plus-que-parfait latin, il suffit de prendre la première personne du prétérit, de substituer er à », et d'ajouter, comme flexions de personnes, les terminaisons de l'imparfait : am, as, a? pour le singulier; aiiius, atis. ant, pour le pluriel. Ainsi aux prétérits en àvi correspondent des plus-que-parfaits en avérant, avéras, etc., aux parfaits en si, des plus-que-parfaits en seram, etc.
§ 345. — H y a une personne du prétérit dont la flexion se rapproche de la flexion correspondante du plus-queparfait, au point de se confondre avec elle; c'est la troisième du pluriel. Ainsi le verbe dicere (dire) faisait à cette personne * dixerunt pour le prétérit, et dixerant pour le plus-que-parfait. Or l'aeti'uatones de «dixerant, dixerunt» doivent être également représentés par un e muet français. On aura donc en français, dans les deux cas, « dirent ».
§ 346. — Ainsi la troisième personne du pluriel du temps produit par le plus-que-parfait latin se termine en rent. correspondant au latin rant, et de cette personne on peut facilement déduire les autres. Si cent correspond à rant,
A la 1™ personne du singulier re correspondra à ram
— 2e — — res — ras
— 3e — — ret, r» — rat
— ire personne du pluriel rons — r[amus]
— 2e — — rez — ratis.
§ 347. — En résumé, on aura la troisième personne du pluriel de ce temps archaïque en prenant la même personne du prétérit, et on aura les autres personnes du même
temps en substituant à rent, suivant les personnes, re, resf *et, 7'ous ou rez. « Je lire » est le plus-que-parfait de faire.