Temps de l'infinitif
§ 443. — Lorsque le verbe auquel est joint l'infinitif est à un temps du passé, et que le temps de l'action exprimée par l'infinitif est tel que nous Je marquerions par un imparfait si nous pouvions employer l'indicatif ou le subjonctif, nous nous servons de l'infinitif présent et non de l'infinitif passé : « je l'ai vu arriver (j'ai vu qu'il arrivait), ■et non «je l'ai vu être arrivé ». Mais on trouve parfois dans les anciens textes l'infinitif passé :
Joinville: « Li legas... me dist que je ne le défisse pas avoir refusei. » Mot à mot : « Le légat me dit que je n'aurais pas dû Y avoir refusé. » Nous dirions: « le refuser ». Mais avec un autre mode on emploierait l'imparfait : « il aurait fallu que je le refusasse ». 421.
§444. — Dans quelques cas très rares, nous employons encore l'infinitif passé avec des phrases analogues ; mais alors nous mettons le verbe principal au présent : «Puisset-il être arrivé à temps ! » Logiquement il faudrait dire : « Qu'il ait pu arriver à temps ! » On expliquera de même ce passage de Gommynes : « Nostre seigneur le veuille avoir receu en son royaulme de paradis. » C'est-à-dire : « Que notre Seigneur ait voulu le recevoir ! » 480.