Quelque est adjectif ^m adverbe
352. Qvslqv^ est adjectif quand il est suivi d'un nom ou d'un adjectif accompagné d'un nom. Exemples :
Ayez quelques amis, quelques vra^is amis. ^
353. Quelque est adverbe quand il modifie soit un adjectif, soit un adverbe. Exemples :
Quelque habiles que vous soyez... Quelque adroiteTnerU que vous vous y preniez.,.
354. Quelque s'écrit en deux mots (quel que) quand il est placé devant un verbe. Alors quel est adjectif indéfini et s'accorde en genre et en nombre avec le sujet
Quels que soient vos talents... Quelles que soient votre naissance et votre fortune.
ISxereice
#589*. — V élève remplacera le tiret par le mot quelque, en
observant les variations que la grammaire exige.
Un élève étourdi s'attire toujours — réprimandes. Il ne suffit pas pour réussir d'avoir — bonnes qualités, il faut y joindre — savoir-faire. — pures que soient les intentions, l'envie les incrimine toujours. — soient vos talents naturels, le travail seul peut les féconder. — soient nos illusions, le temps les détruit. — fussent leur sang-froid et leur fermeté, — tyrans avaient peur des astrologues. Si vous
REMARQUES PARTICULIÈRES 2Vi
prêchez la vertu, donnez-en — exemples. — malheureux que soient les accidents qui nous arrivent, il n'en est aucun dont nous ne puissions tirer — profit. — soit la violence de nos penchants, de — séductions que nous soyons entourés, — fréquentes même que soient nos fautes et nos rechutes, nous triompherons du mal si nous avons — persévérance.
355. Chaque, adjectif indéfini, doit toujours être suivi du nom auquel il se rapporte. Ne dites donc pas : Ces livres coûtent deux fraTics chaque; mais dites : Ces livres coûtent deux francs chacun
ADJECTIFS 9IJAI.IFICATIFS
356. Excepté, passé, supposé, y compris, non compris, placés avant le nom, deviennent de vraies prépositions et, par conséquent, sont invariables : Excepté certaines ^personnes, passé dix heures, supposé ces circonstances, y compris la ferme.
Placés après le nom, ils sont adjectifs et variables. Exemples : Les enfants exceptés; ces circonstances supposées; la ferme y comprise.
357. Nu, placé devant un nom, reste invariable et se joint au nom par un trait d'union. Exemples : Nutête, na-pieds.
Placé après, il s'accorde en genre et en nombre avec le nom : Tête nue, pieds nus.
358. Demi reste invariable s'il précède le nom el prend un trait d'union. Exemples : Une demi-heure, des demi-con/ldences.
Placé après le nom, il en prend le genre et reste toujours au singulier. Exemples : Deux heures et demie, trois jours et demi.
358. Remarque. Le mot demi est substantif dans une demie, la demie, cette horloge sonne les demies. Il est alors susceptH)le de prendre la marque du pluriel.
360. Feu, signifiant défunt, reste invariable, à moins qu'il ne précède immédiatement le substantif. Exemples : La feue reine, ma feue tante.
Il ne varie donc pas dans les phrases suivantes : Feu la reine, feu ma tante.
361. Tout adjectif devient adverbe et, par conséquent, invariable, quand il modifie un verbe. Exemples : Ces étoffes coûtent cher; ces fieurs sentent bon.
Mais on dirait au féminin pluriel : Ces étoffes sont fort chères, parce qu'ici chères est ac^ectif et qualifie étofes,
Exercice
290*. — ToxjLS les mots en italioue sont au masculin singulier; rélève les fera accorder seton leur 'position ou selon le sens.
Les pèlerins voyageaient nu-jambes et ni^-tête; il n'y a plus aujourd'hui que les mendiants qui marchent pieds nu. Les rfemi-mesures, dans les occasions critiques, sont aussi funestes que les rfemi-remèdes dans les grands maux. A deux heures et demi, la statue du héros, haute de six pieds et demi, était placée sur sa base, et elle apparaissait toute nu aux yeux de la foule. Cette pendule sonne les demi quand elle devrait sonner les heures. Tout cher que sont les perdreaux, venez, nous en immolerons une demî-douzaine à notre appétit, en buvant à feu notre rancune. La feu reine d'Espagne a légué aux pauvres douze millions et demi de réaux. Cette demoiselle chante haut et fort et ne prononce pas net. Les ennemis se sont arrêtés court et ont mis les armes has, au lieu de vendre cher leur vie. Fèu ma grand'mère répétait souvent : A malin, malin et dewii. On rapporte ce mot d'uh tyran : Les cadavres de mes ennemis sentent toujours bon. Les légumes, qui étaient d'abord bon marché, sont devenu tout à coup très cher. Mademoiselle, tenez-vous droit. L'avarice excepté, toutes les passions s'éteignent avec Tâge. Sont ovipares : tous les oiseaux, excepté la chauve-souris; tous les poissons, excepté la baleine; tous les reptiles, excepté la vipère.
PROHOm» PURlSOIVlIVEIiS
362. Les pronoms nous, vous, employés pour je, moi; tu, toi, veulent au singulier tous leurs correspondants, excepté le verbe, qui se met au pluriel :
Nous soussigné, préfet de,.., déclarons...
Vous êtes, mademoiselle, quelque peu distraite.
C'est un accord sylleplique.
REMAϻQUES PARTiCULifeRES 219
363. , Les pronoms le, la, les prennent le genre et le nombre des noms qu'ils représentent. Exemples : Madame, êtes-vous la malade? — Je la suis.
Messieurs, êtes-votes les médecins? — Nous les sommes.
Mais le pronom le reste invariable s'il rappelle l'idée d'un adjectif ou d'un nom pris adjectivement. Exemples : Madams, êtes-^ous malade? — Je le suis, Messieu/rs, êtes-vous médecins? — Nous\(à sommes.
Exercice
S$9i*. — U élève remplacera le tiret par l'un des pronoms le, la, les.
Ceux aui sont amis de tout le monde ne — sont de personne. Madame, êtes-vous mère? Je — suis. Êtes-vous la mère de cet enfant? Je ne — suis pas. Vos frères sont-ils décorés? Ils ne^- sont pas. Cette jeune fille désire se faire religieuse : on ne veut pas qu'elle — soit. Plusieurs villes ont été capitales et ne — sont plus aujourd'hui. Les Tyriens étaient marchands, les Carthaginois — ont été comme eux. Êtes-vous la portière de cette maison? Je — suis. On disait les travaux terminés ; il paraît qu'ils ne — sont pas encore.
364. Lorsqu'un verbe à Timpératif a deux pronoms pour compléments, l'un direct, l'autre indirect, le pronom complément direct s'énonce toujours le premier. Exemples :
MoTUrez-le-raol, donnez-larnous; et non Montrezmoi-le, donnez-noua-ia,.
Exercice
d9d*. — U élève prendra Funedes deux parties placées entre parenthèses.
Quand vous sortirez, dites- [moi-le, k-moi). Le travail est la source du bonheur; livrez- (vous-y, y-vous) avec ardeur. Cette fable est fort jolie; récitez- (nous-la, la-nous). Or çà, lui dit le sire, que sens-tu? dis- [k-moi, moi-le).
365. Quand on parle des choses, au lieu des pronoms lui, elle, eux, elles précédés d'une préposition, il faut se servir des pronoms en, y. Ne dites donc pas,
en parlant d'un devoir : Je suis content de Itii, Je ne lui trouve plus de fautes.
Dites : J'en suis contenu, je n'y trouve plus de fautes.
fixercice
d93*^. — U élève choisira entre les deux mots en italique.
Mon devoir est bien fait, j'y, je iui ai consacré tous mes soins. Quand un élève a des dispositions heureuses, le maître y y lui consacre tous ses soins. La force est brutale, Thomme ne doit pas en abuser, d'elle. Plus j'étudie les sciences, plus j'y, je leur découvre de difficultés. L'éloquence est un don de la nature, mais l'art y, lui ajoute de la perfection.
366. En parlant des personnes, on ne doit faire usage du pronom soi que lorsqu'il se rapporte à Tun des pronoms indéfinis aucun, chacun, nul, on, personne, quiconque. Exemples :
Aucun n* est prophète chez soi.
Chacun pour soi est une maxime égoïste.
Quiconque n'aime que soi n'est aimé de personne. Dans tous les autres cas, on emploie lui, eux au lieu A^soi.
367. Remarque. Le pronom personnel leur^ placé immédiatement avant ou après un verbe, ne prend jamais s : Nous leur avons parlé; parlez-leur.
ESxercice
d94*. — L'élève remplacera le tiret par le pronom personnel lui, elle, leur, ou le pronom indéfini soi.
Quiconque rapporte tout à — n'a pas beaucoup d'amis. Quiconque hait le travail n'a assez ni de — ni des autres. Les occasions font connaître un homme aux autres et encore plus à — même. Pourquoi, lorsque vous avez rencontré vos amis ne — avez-vous rien dit? C'est que je n'avais rien à — dire. Si vous avez une nouvelle à — raconter, annoncez-la — ; elle — fera assurément plaisir. Dans une ruche d'abeilles, aucune ne travaille pour — . Personne n'est mécontent de — ni satisfait des autres. L'Anglais emporte partout sa patrie avec — .
PKOMOIIS DEMOMISTRATIFI»
368. Les pronoms celui-ci, celui-là ne doivent pas s'employer indifféremment. De deux noms énoncés
précédemment, celui-ci désigne le plus proche, et celui-là le plus éloigné. Exemple :
La rose et la tulipe sont deux fleurs charmantes; mais celle-ci est sans odeur et ceUe-là exhale un parfum délicieux.
Exercice
d95*^. — V élève remplacera le tiret par Vun des pronoms démonstratifs celui-ci, celui-là.
Le peintre et le poète ont beaucoup de rapport ensemble : — peint pour les oreilles, — peint pour les yeux. C'est surtout à Tétat de domesticité que le chien et le chat montrent la différence de leur caractère : — s'attache à son maître, — ne s'attache qu'à la maison. Rien ne 'ressemble plus à un perroquet qu'un élève inattentif : — parle, — récite sans comprendre.
PROJVOllS Iii:i.ATIFl9 OV COIV JOIVCTIFS
369. A qui et ses équivalents auquel , à laquelle, etc.,se aisent des personnes; mais, en parlant de choses, il ne faut faire usage que des pronoms auquel, à laquelle, etc. Exemple :
La rose est la fleur à laquelle les poètes donnent la préférence, A qui serait une faute.
370. Ne dites pas : C'est à mus k qui Je parle, c'est de vous dont il s'agit, c'est là où je vais.
Le rapport étant suffisamment indiqué par les compléments à vous i de vous, là, il faut dire : C'est à vous que je parle, c'est de vous qu'il s'agit, c'est là que je vais.
371. Avec les verbes sortir, descendre et leurs équivalents, on emploie dont pour exprimer Tidée A'être issu, d'être né, et d'où pour exprimer l'action physique de sortir. Exemples :
La famille dont je sors est honorable, La mansarde d'où je descends renferme bien des misères,
fisLercice
#596*.— L'^^éve choisira entre les deux locntions placées entre parenthèses.
C'est Racine qui a introduit dana notre langue poétique
cette richesse et cette élégance de style {à quij auxquelles) elle doit tout son lustre. Les moutons à la dépouille [de qui^ desquels) nous devons nos vêtements, servent encore à notre nourriture. Les divines promesses [dans qui, dans lesquelles) y ai toujours eu foi m'ont consolé de bien des misères. Ce n'est point de vous (doni^ quil) s'agit ; c'est de votre famille [dont^ que) je veux vous entretenir ; c'est à elle (à qui, oué) ie consacrerai ma lettre entière. La gloire était l'unique but de Charles XII : c'est là (où, que) tendaient tous ses efforts. Ce n'est point dans la richesse (que, où) réside le vrai bonheur : c'est à la vertu seule (que, à qui) Ton doit une tranquillité inaltérable. Quand un nomme se distingue par son génie, on s'inauiète peu de la famille [d'où,, dont) il descend. Les fameux défilés (d'où, dont) l'armée romaine ne put s'échapper s'appelaient Fourches-Caudines. La source (éToù, don£) s'échappent les plus grands fleuves est à peine remarquée. Après la mort, Pâme retourne à Dieu, (d'où, dont] elle est descendue. Le pauvre exilé regrette toujours la patrie (d'où, dont) il a été banni. La plupart des carrières (d'oin, dont] Ton tire le marbre blanc sont situées en Italie.
PROMOBIS IMDEFllfflS ,
372. Le pronom on est en général du masculin singulier; mais il peut représenter le féminin et le pluriel, ce qui a lieu quand le sens de la phrase indique clairement que Ton parle d'une femme ou de plusieurs personnes. Exemples :
Mademoiselle, est-on plus obéissante aujov/rd'hui î Après la mort on est égaux.
373. L'un et l'autre, les uns et les autres expriment une idée de pluralité ; l'un l'autre, les ims les autres, une idée de réciprocité. On dira donc : Ils partiront l'un et l'autre. Ils s'aiment l'un l'autre. Les hommes doivcTit s'aider les uns les autres.
Il faut dire :
Ils se sont nui l'un à l'autre. Je les ai connue ennemis l'un de l'autre.
Et non : Ils se sont nui l'un l'autre. Je les ai con^ nus ennemis l'un l'autre.
La préposition à employer est toujours indiquée par le sens.
REMARQUES PARTICULIÈIlES 223
Bxerciee
29^^. — L'élève corrigera les mots et les locutions en italique, s'il y à lieu.
Quand on est gracieux comme vous Têtes, madame, on est toujours joli. Il n'y a rien de si rare qu'une amitié constante; aujourd'hui on est associé et ami, demain on est rival et ennemi. Fille d'un grand artiste, on aime les arts, il est vrai, mais on n'est pas pour cela peintre ou musicien. Nous étions au collège cinq élèves qui nous aimions beaucoup l'un l'autre. Quand deux hommes disputent sur des riens, on peut les tenir pour battus Pun l'autre. Voilà de vrais amis qui se sont toujours' soutenus l'un l'autre, et qui se sont toujours rendus Pun Vautre les plus grands services. Il arrive souvent gue deux ennemis s'estiment Vun Vautre en dépit de l'inimitié qui les anime l'un l'autre. En se fréquentant assidûment, ces deux jeunes gens se sont nui Vun l'autre. Mes enfants, aimez-vous Vun Vautre; rendez-vous service Vun Vautre; ne parlez jamais mal Vun Vautre.
ACCORD DV TERBE
374. Le verbe s'accorde en nombre et en personne avec son sujet.
Quand un verbe a plusieurs sujets singuliers, il se met au pluriel.
Si les sujets sont de différentes personnes, le verbe s'accorde avec celle qui a la priorité (180 et suivants).
EXCEPTIONS
375. Lorsqu'un verbe a plusieurs sujets, il s'accorde avec le dernier:
1<» Lorsque les sujets sont synonymes :
Son courage, son irUrépidité étonnait les plus braves.
2<> Lorsque les sujets sont unis par la conjonction ou :
Mon père ou ma rnère viendra.
3<» Lorsque les sujets expriment une gradation :
Un seul mot, un soupir, un coup d'odl nou^s trahit.