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Groupes sémantiques. Onomasiologie

1476. — von Reinsberg-Düringsfeld, O. Vo/ksthümliche Benennungen von Monaten und Tagen bei den Romanen, dans le Jahrbuch für FomAnIsGne und englische Literatur, t. V (1864), p. 361-392.

Étude plutôt folkloristique qu’étymologique des noms des jours de la semaine, mois, saisons et fêtes dans les langues romanes et leurs patois. La Suisse romande a fourni, p. 367, fzotin, furi, aderri, ce dernier traduit par « Anhängsel» et tiré de adhærere (!); p. 391, benesson « fête patronale », et, p. 392, fzallandé « Noël ».

1477. — Mussafia, Adolf. Beitrag zur Kunde der nord-italienischen Mundarten im XV. Jahrhunderte, dans Denkschriften der k. Akademie der Wissenschaîften, Phil.-hist. Classe, t. XXII (Wien, 1873), p. 103-228.

Étudie les éléments dialectaux, surtout au point de vue du vocabulaire, de plusieurs glossaires italiens-allemands du XVe siècle. L'auteur en extrait les mots curieux, les compare à leurs synonymes dans les divers patois italiens ; dans les notes, souvent très longues, ces comparaisons s'étendent aux patois gallo-romans et réto-romans. Ces nomenclatures, semées de suppositions judicieuses sur l’étymologie, où MussariA réunit p. ex. des expressions

pour éclair, carnaval, cauchemar, entonnoir, dévidoir, hoche-queue, etc., sont comme des esquisses des futurs travaux onomasiologiques. Le Glôssaire de BRIDEL apparaît assez souvent dans ces notes.

1478. — Tobler, Adolf. Vom Verwünschen, dans Commentationes in honorem Th. Mommseni. Berolini, 1877, p. 180 et suiv. — Reproduit dans Vermischte Beiträge zur franzôsischen Grammatik, vierte Reihe (Leipzig, Hirzel, 1908), p. 112-127.

Signale, p. 125 des Wermischte Beïträge, d’après BRIDEL, les tournures diabllo lo pa «pas du tout», diablla la manka «je n’y manquerai certainement pas », etc., comme apparentées à des constructions analogues de l’ancienne langue française. Cf. le no 1497.

1479. — Gaïdoz, H. et Rolland, E. La Grande-Ourse, dans Mélusine, t. IT (1884-1885), col. 30-38.

Énumération des noms de la Grande-Ourse dans un grand nombre de langues, suivie de notes folkloristiques expliquant en partie ces noms. La Suisse romande a fourni fserret, tser à podjet (BRIDEL). Dans d’autres travaux

1 Le caractère de ce genre de travaux est défini sous n° 1481.

mm. TEE, EE ne EE. menant, UE mn om insertion

du même genre sur l’arc-en-ciel, le feu Saint-Elme, la voie lactée, les mêmes auteurs ne citent pas de mots romands.

1480. — Puitspelu. Le hanneton dans les dialectes modernes, dans la Revue des langues romanes, t. XXXIII (1889), p. 288-291.

Passe en revue et cherche à expliquer les nombreuses appellations du hanneton dans les dialectes romans, en allemand et en anglais. La forme vaudoise kankouaïra, etc. (BRIDEL) est rattachée, sans aucun fondement critique, à notre mot populaire quinquerne « vielle ». Les additions à cet article, fournies par MM. M. WILMOTTE et J. FLEURY (ibid., p. 452-453), ne concernent pas la Suisse romande.

1481. — Tappolet, Ernst. Die romanischen Verwandischaftsnamen. Mit besonderer Berücksichtigung der franzôsischen und italienischen Mundarten. Ein Beitrag zur vergleichenden Lexikologie. Strassburg, Trübner, 189$. VIII-178 p. in-8°, avec deux cartes. — Aussi paru, sans les cartes, comme thèse de doctorat de Zurich.

Ce beau travailale grand mérite d’avoir donné une forme précise à la lexicologie comparée des langues romanes ; aussi a-t-il servi de modéle à tous ceux de même nature parus depuis. Leur but est de faire de l’histoire des mots autre chose qu’une recherche purement étymologique. La méthode, qui consiste à se demander : comment rend-on, dans les langues littéraires et les patois des pays romans, l’idée de pére, mère, etc. ? oblige à s'occuper autant du côté sémantique, trop longtemps négligé dans nos études, que du côté phonétique des problèmes soulevés. Elle suggère des réflexions sur les raisons probables de la déchéance des termes latins disparus et sur les multiples procédés qui pourvoient à leur remplacement. Dresser ainsi l'inventaire des mots qui meurent et de ceux qui naissent, c’est faire de la biologie linguistique. L'étude globale de tous les termes répondant à une idée déterminée facilite grandement la recherche étymologique, un vocable expliquant souvent la présence de l’autre, et l’étymologie, au lieu de se contenter de renouer une forme finale à son point de départ, embrasse désormais toutes les phases de transformation. La comparaison des mots permet aussi d’en établir l’aire géographique. Évidemment, ce genre de travail a aussi ses inconvénients : l’étendue du champ d'exploration fait naître forcément des lacunes d’information, et l’obligation qu’on assume de discuter l’origine de tous les mots d’un certain groupe du vocabulaire amène à se prononcer sur des mots dont l’histoire n’est pas suffisamment élucidée. Mais, de toutes façons, on forme une excellente base pour

des recherches de détail futures.

M. TAaPPOLET divise ses très abondants matériaux, obtenus par l’étude des textes ou dictionnaires, par correspondance et interrogation directe, en tradition latine et création romane, division conservée généralement par ses successeurs. La terminologie romane des mots exprimant les degrés de parenté est étonnamment riche. Pour l’idée de fils, l’auteur cite non moins de

32 termes. Le domaine lexical choisi permet de mettre en lumière l’apport du langage enfantin à la formation de la langue courante. Les termes qui désignent la parenté collective (parents, enfants, famille, etc.), ont été laissés de côté. L’indication de provenance des matériaux romands, en bonne partie inédits, se trouve p. 157-158. Les cartes représentent l'extension dans la Romania des types correspondant aux idées de grand-père et de beau-père (Stiefvaler).

C. R. Romania, XXIV, p. 625-626 [G. Paris]. — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., XVII, col. 130-133 (W. Mevyer-Lübke). — Zeitschr. f. franz. Spr., XVII, p. 204-206 (L. Gauchat). — Lit. Cbl., 1896, p. 1236-1237 (y). — Schweiz. Lehrerzeitung, 1896, p. 410-412 (J. Ulrich). — Rendiconti dell Istituto lombardo, Sér. 11, XXX, p. 1497 et suiv. (C. Salvioni). Cf. La Perseveranza (Milano), 27 "déc. 1897. — Rev. crit., 1896, 1, p. 132-133 (E. Bourciez).

1482. — Gilliéron, J. Notes dialectologiques, dans la Romania, t. XXV (1896), p. 424-440.

La deuxième de ces notes : Le français épingle et ses concurrents patois, p. 426-429, étudie les mots pour « épingle » dans plusieurs régions françaises, entre autres la forme valaisanne éfinga, ramenée à une origine germanique. Cf. P. BARBIER, Rev. de phil. fr., XXIII, p. 123. La note VI: Quelques termes anniviards relatifs à l’estivage, p. 437-438, explique les mots réblètchyéou, dénérya, échèvoua, partichyéou, au point de vue du sens.

1483. — Hunziker, Dr J. Das Schweizerhaus, nach seinen landschaftlichen Formen und seiner geschichtlichen Entwicklung dargestellt. Aarau, Sauerländer, 1900-1914. 8 vol. gr. in-8°. — Traduction française par Fréd. BRoILLET : La maison suisse d’après ses formes rustiques et son développement historique. Lausanne, Payot; Aarau, Sauerländer, 1902 et SUIV.

La mort de l’auteur étant survenue pendant l'impression du t. II, ce tome a été publié par le prof. J. WiINTELER ; les autres ont paru par les soins du prof. C. JECKLIN. Ce qui concerne la Suisse romande est réparti dans les volumes suivants : I. Das Wallis. 1900. XII-240 p. — IV. Der Jura (umfassend die franzüsische Schweiz, mit Ausnahme des Unterwallis, der Ormonts und des Pays d'Enhaut). 1907. IX-138 p. — VII. Das Länderhaus (deutschschweizerisches Gebirgshaus). 1913. VI-226 p. (comprend, p. 151-164, les Alpes vaudoises).

Chaque volume se compose d’abord d’une relation du voyage d'enquête fait sur les lieux, avec description des types de bâtiments observés. Cette partie est abondamment illustrée de reproductions et de plans, et accompagnée d’une riche nomenclature en patois. Vient ensuite une synthèse, où le type dominant est reconstitué dans ses parties essentielles. Les notes qui terminent les volumes sont de nature historique, quelquefois étymologique. T. I, p. 225-234, comparaison entre le Valais romand et le Valais allemand.

amsn PP OP mg, ES

T. IV, p. 135-138, digression sur la limite linguistique et dialectale dans le Jura. Let. VIII, Schlusswort und Register, mit einer Uebersichtskarte. 1914. IX-83 p., contient les théories historiques de HUNZIRER, des additions et divers répertoires. La carte illustre la diffusion des types d’habitation en Suisse, |

Malgré le grand effort que constitue cette œuvre, les résultats ne peuvent pas être acceptés sans réserves. L’auteur n’est pas exempt d'idées préconçues, qui nuisent à l’ensemble de la théorie. Ce qu’il y a de meilleur dans ces volumes, c’est la constatation des faits, les plans et les illustrations. La collection des mots romands qui désignent les parties des bâtiments est une contribution utile à la lexicographie patoise, mais la notation en est si défectueuse que ces matériaux doivent être utilisés avec beaucoup de précaution.

C. KR. Arch. s. des trad. pop., IV, p. 52-54 (Hoffmann-Krayer); XI, p. 291-292 (id.) ; XIX, p. 131-132 (id.). — Jabrb. des Schw. Alpencl., 1900-01, p. 328-329. — Globus, LXXVII, p. 62 (K. Rhamm). — Deutsche Erde, I, p. 178-179 (O. Laufler). — Bull. de la Soc. neuch. de géogr., XV, p. 153-154 (Knapp).

1484. — Gignoux, L. La terminologie du vigneron dans les patois de la Suisse romande, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XXVI (1902), p. 31-55, 129-168. — À part comme thèse de doctorat de Zurich : Halle, Karras, 1902. 67 p. in-8°, avec une carte et trois planches.

Complétant les données des matériaux du Glossaire romand sur la viticulture par des investigations personnelles dans les cantons de Neuchâtel, Vaud, Genève et Valais, l’auteur rassemble et explique les termes relatifs à la culture de la vigne et à la vinification, en suivant chronologiquement les opérations, des travaux préliminaires jusqu’à la mise en cave. La notice historique du début est insuffisante et les conclusions générales pourraient être plus développées. La carte indique la répartition de plusieurs types lexicaux ; les planches reproduisent les principaux objets étudiés.

C. R. Romania, XXXI, p. 646.— Rom. Jahresber., X, I, p. 146 (H. Urtel). — Cont. vaud., 1902, n° 24 (V. Flavrat]).— Rev. des parlers pop., 1, p. 90.

1485. — Bull, Max. Die franzôsischen Namen der Haustiere in alter und neuer Zeit, mit Berücksichtigung der Mundarten. Berlin, Mitsching, 1902. 80 p. in-8°., Thèse de doctorat de Berlin.

Cite très rarement un mot romand, d’après BRIDEL. Les patois gallo-romans auraient pu fournir bien autre chose. Cf. no 1538.

1486. — Zauner, D' Adolf. Die romanischen Namen der Kôrperteile. Eine onomasiologische Studie, dans les Romanische Forschungen, t. XIV (1903), p. 339-530. — A part comme thèse d’habilitation au professo-

rat, présentée à l’Université de Vienne : Erlangen, Junge, 1902. 194 p. in-8°.

Travail méritoire auquel on a souvent occasion de recourir. Il est regrettable qu'il n’y ait pas de répertoire. L'auteur a soigneusement dépouillé les travaux publiés sur nos patois et a adressé un questionnaire spécial à plusieurs de nos correspondants ; il a aussi reçu des matériaux de MM. Tap- POLET et GAUCHAT. C’est ici qu’apparaît pour la première fois le nom d’onomasiologie pour les travaux définis sous no 1481. L'auteur laisse de côté les termes d’argot ou comiques ; il est plus fâcheux qu’il n'ait pas compris dans son étude le crdne, le tronc, le giron, le jarret et autres parties du corps humain.

C. R. Arch. glott. it., XVI, p. 371-378 (C. Salvioni). — Romania, XXXIV, p. 139-140 (M. Roques).

1487. — Nigra, C. Nomi romanzi del collare degli animali da pascolo, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XXVII (1903), p. 129-136, avec une planche hors texte.

Étudie les colliers de bois ou courroies servant à porter les clochettes du bétail et leurs noms {types *cannabula ou cam(b)a] dans la région alpine. La planche représente les principales variétés de colliers et de clochettes. Cf. n° 1512.

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