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La colère. 227. Conjugaisons

Les principaux domaines de la nature et de l’activité de l’homme, tout le vocabulaire usuel, ont été ainsi passés successivement en revue et ont fait l’objet d’une enquête méthodique, en tenant particulièrement compte des conditions locales de la Suisse romande. Les questionnaires ne s'étant pas suivis dans un ordre déterminé, un contrôle final à l’aide du dictionnaire a permis de dresser la liste des mots intéressants qui avaient échappé aux recherches (mots divers, questionnaires nes 187 et suivants). Certaines catégories grammaticales, pronoms, mots invariables, conjugaisons (voir no 1142), ont été aussi ajoutées.

L'envoi des questionnaires aux correspondants s’est poursuivi régulièrement de 1900 jusqu’à 1910, à raison d’un seul en juin, juillet et août, et de deux par mois pendant le reste de l’année. Chaque collaborateur recevait, en même temps que les questionnaires mensuels, un carnet à souche comprenant 100 fiches détachables, de couleur différente pour chaque canton. Ce carnet, destiné à l'inscription des réponses, devait être retourné à la Rédaction dans le délai d’un mois. Une petite brochure d’Instructions, distribuée au début de l’enquête, donnait les directions nécessaires sur la manière de remplir les fiches, qui ne devaient contenir qu’un seul mot et rester groupées en carnets. Les Jnstructions renfermaiïent également l’exposé du système uniforme de transcription phonétique et quelques modèles de fiches.

Les résultats obtenus par ce mode de procéder peuvent être envisagés dans leur ensemble comme très satisfaisants. La qualité des matériaux recueillis est naturellement inégale, et varie suivant le soin, le zèle et les aptitudes des correspondants. Plusieurs ont fait preuve de dispositions remarquables et sont devenus d’excellents collaborateurs. La majorité, sans atteindre ce niveau, s’est acquittée correctement et avec une bonne volonté persévérante de sa longue tâche. La transcription exacte des sons, suivant les règles données, a été pour beaucoup une grande difficulté. La précision et la clarté des définitions laissent en général fort à désirer. La phraséologie et les exemples bien choisis font fréquemment défaut. Enfin un trop grand nombre de collaborateurs n’ont pas fouillé assez profondément le vocabulaire patois et se sont contentés de relever les mots les plus courants. Néanmoins, l’effort d'ensemble est digne de tout éloge et les fiches accumulées par cette enquête constituent une masse imposante. Elles représentent plus de la moitié de nos collections et resteront la partie fondamentale du Glossaire. Par l’unité de la méthode employée, l’étendue de l'information, la richesse et l’exactitude relatives, ces matériaux laissent loin derrière eux les tentatives antérieures de glossaire romand. Le nombre des correspondants devait aussi être un correctif des défectuosités inévitables. Malheureusement beaucoup de ceux qui avaient été enrôlés au début de l’entreprise se sont vite lassés ; la mort et des circonstances diverses ont causé fréquemment des vides, qu’il n’a pas toujours été possible de combler. Une trentaine seulement de fidèles ont répondu régulièrement à tous les questionnaires envoyés pendant les onze ans qu’a duré l'enquête. Dans le paragraphe suivant nous énumérons individuellement tous les correspondants dont la collaboration s’est prolongée pendant deux ans et au delà, en indiquant pour chacun d’eux les questionnaires auxquels ils ont répondu. Leurs réponses constituent autant de glossaires locaux sur fiches, plus ou moins complets, dont les limites et les lacunes peuvent être précisées en se reportant à la liste des questionnaires donnée plus haut. Les collaborations de moins de deux ans, qui se rapportent surtout au début de l’enquête, sont signalées collectivement par simple mention des localités. La statistique détaillée du nombre de carnets rentrés chaque année a été donnée dans les Rapports de la Rédaction (no 1684). Le nombre des fiches n’a pas été déterminé exactement. Il varie énormément suivant les sujets traités, la richesse ou la vitalité des patois étudiés, et le tempérament des correspondants. Nous pensons qu’en moyenne il peut être estimé approximativement de 40 à 45 fiches par questionnaire.

Comme complément de l'enquête par correspondance, les rédacteurs ont fait eux-mêmes ou confié à des auxiliaires qualifiés une série de recherches directes sur le terrain. Des séjours prolongés leur ont permis d'explorer plus ou moins à fond, suivant les circonstances, le vocabulaire de localités dépourvues de correspondant, en se servant des questionnaires habituels ou de glossaires des régions voisines, et en profitant aussi des facilités très appréciables qu'offre le contact direct avec les milieux patois, la vue des objets et la possibilité d'assister aux travaux multiples dont il s’agit d’enregistrer la terminologie. Des enquêtes supplémentaires ou de contrôle ont été consacrées à . des patois importants ou insuffisamment documentés. Les matériaux de cette provenance présentent l'avantage d’être en transcription rigoureusement phonétique, la Rédaction employant dans ses travaux un système plus strict et plus nuancé que celui des correspondants. La botanique a bénéficié du con-

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