IL ... . babil, avril, péril
EOiL. . . deuil, écureuil, seuil.
AILLE., paille, bataille.
EiLLE.. bouleille, groseille.
ILLE... fille, famille, bille.
EU ELLE, feuille, chèvrefeuille.
On prononce le son de / mouillée de deux manières :
1° A Paris, on change généralement / en y, et l'on prononce paille comme pa-ye, bouteille comme boutè-ye, fille commefl-ye, feuille comme feu-ye, etc.
2** Beaucoup de gens n'aiment pas cette transformation d'une consonne en voyelle; ils conservent le son de /, et prononcent à peu près comme si elle était suivie d'un t.
Nous disons à peu près, car la ressemblance des deux sons n'est pas parfaite. Il faut bien se garder de confondre piller avec pilier, rouiller avec routier, souiller avec soulier, famille avec familier.
Cette prononciation a quelque ressemblance avec gli dans les mots italiens biglietto, bigliardo, medaglia, et avec illi dans les mots anglais brilliant, pavillion.
L n'est pas mouillée :
lo Dans les initiales en ill: illégal, illimité, etc. ;
2<» Dans les verbes distiller, osciller, scintiller, vaciller, et leurs dérivés;
3o Dans les finales mille, tranquille, ville , pupille, codicille, Villars, Achille ei Gilie;
4° Dans les finales en il, comme exil, fit, profil, cil , civil, puéril, subtil, vil, viril, volatil, où / se prononce, ni dans baril, chenil, coutil, outil^ fusil, gril, grésil, persil, sourcil, où l est muette.
L est muette dans fils, pouls et gentil : un gentil garçon, des gentilshommes, de ^en^t75 enfants. Mais elle est mouillée dans gentille, gentillesse, gentilhomme, un gentil enfant.
M. La lettre m., combinée avec les voyelles, produit ordinairement un son nasal , et se prononce comme n ;
1® Devant b, p : septembre, impie, humble, compte, etc.
2o Dans les initiales en emm : emmener, emmaillolter, emmuseler, etc. ; ^
3° Dans les finales Adam , dam , daim . faim , essaim , parfum, nom, Reims, thym (pron. tain), et dans comté, comte, comtesse.
M est muette dans automne, damner et condamner.
N. Cette lettre, combinée avec une voyelle, a un son nasal quand elle est suivie d'une consonne autre que n : encre, peindre, contre, etc.; et quand elle est finale : paysan, pain, soin, divin, juin, un examen, etc.; excepté quelques mots étrangers où elle conserve le son propre: amen, Eden^ hymen, spécimen, etc.
N n'a le son nasal devant une autre n que dans ennoblir et ennuie devant une voyelle que dans enivrer et enorgueillir, et devant une h aspirée que dans enhardir et enharnacher,
N est muette dans monsieur : on prononce mo-sieu.
P est muet dans les mots suivants et leurs dérivés : bap^ iéme, compte, dompter, prompt, sculpture, exempt (excepté exemption), sept, septième, septièmement, excepté .^éip/e/wbre, septante, septuor, septentrion, et les autres dérivés.
P est aussi muet dans les finales suivantes : drap, camp, champ, coup, loup, galop, sirop, beaucoup, trop, corps et temps.
O est toujours suivi d'un u, excepté dans coq et cinq. Il est prononcé dans coq, excepté dans coq d'Inde, employé quelquefois pour dftnafo»; et dans cinq, excepté de-
vant une consonne ou une A' aspirée, comme cinq francs, les cinq ports, cinq hameaux : on prononce cin francs, cin ports, cin hameaux.
R. Cette lettre est difficile à articuler, surtout pour certains peuples. Quand elle est sonore, il faut la prononcer aussi fortement, au milieu et à la fin des syllabes, qu'au commencement :
Bare.
Murmure.
Réduire,
Perdre.
Rivière,
Tournure.
Introduire.
Mordre,
Rompre,
Toujours.
Mercredi,
Tordre,
Propre.
Trahir,
Vendredi,
Extraordinaire,
Requérir.
Fuir.
Prendre,
Prêtre.
Raccourcir,
Relire.
Répondre,
M^rtrir, etc.
R finale se prononce dans tous /les mots non terminés en ER : car, désir, or, jour, sur, avoir, sieur, excepté monsieur, messieurs.
Quant aux mots en er, r se prononce seulement :
i° Dans les monosyllabes c^^er, fer, fier, hier, mer, tiers, ver, vers;
2o Dans amer, enfer, hiver, et cuiller, qu'on écrit aussi cuillère;
S'» Dans la plupart des mots étrangers, comme Jupiter, Niger, Spencer, thaler, éther, cancer, magister, pater, belvéder, qu'on écrit aussi belvédère, etc.
Lorsque r est double, on n'en prononce ordinairement qu'une, comme arranger, corrompre, interrompre^ etc.
Mais on prononce les deux r dans les mots en irr : irré^ gulier, irréfléchi, irréligieux, etc.; dans corroder, corrobo" rer, concurrence, occurrence, erreur, horreur^ terreur^ tor* rent, torride, interrègne, narration, et leurs dérivés; et dans les futurs je courrai, je mourrai, il écherra, je décherrai, y acquerrai , je conquerrai , je m^enquerrai et je requerrai.
Le grasseyement, commun à Paris, est un vice qu'il faut éviter. Il consiste à prononcer r dans le gosier , en faisant mouvoir la langue à sa racine, au lieu de la faire vibrer à son sommet.
S. Le son propre de s est un son sifflant \ serpent, silence, observer, possession, etc.
S placée entre deux voyelles se prononce comme z : vase, asile, diocèse, cousin, poison, désert, etc.
Excepté gisant^ et les mots composés désuétude, parasol,
iournesoly monosyllabe^ polysyllabe^ préséance^ présupposeTy vraisemblable, havresacy soubresaut^ etc.
S se prononce aussi comme z dans Alsace, balsamine, transiger, transition et transaction.
S est nulle dans les noms propres Descartes, Despréaux, Destouches, Desmoulins , etc. On prononce Décartes, Dépréaux, etc.
A la fin des mots^ s est ordinairement muette dans les mots usuels, comme : trépas, succès, Paris, repos, refus, univers, fleur-de-lis, Jésus-Christ, tandis que, etc.
• On excepte un grand nombre de noms propres d^horames, de villes, etc., Gil Blas, Arras, Cérès, Paris, le Calvados, Pyrrhus, Mons, la Lys, etc., et les mots suivants :
AS. tm 08, atlas, hélas ! vasistas.
As. aloés.
is. bis, gratis, un lis, maïs, métis, oasis, vis,
os. albinos, mérinos, pathos.
us. blocus, chorus y htatus, omnibus, prospectus, rébus, typhus, séna-
tus-consulte, virus; plus, dans plus-que-parfait, }q aïs plus; en
sus.
et dans cens, les cinq sens, mcBurs, ours, laps de temps, relaps, le
Christ, fils, et tous, seul ou placé à la fin d'une phrase.
Remarque. Dans la liaison, s se prononce comme z. SI on l'arlicule fortement, on s'expose à prononvr t/« ont pris comme ils sont fris; nous avons votre livre, comme nous savons votre livre; ils écoutent parler, comme ils s'écoutent parler. C'est nno faute assez commune aax étrangers.
T. Ti, suivi d'une voyelle, se prononce tantôt ci, tantôt ti.
Il se prononce ci :
1** Dans les adjectifs en tial, tiel, tieux : partial, essentiel, ambitieux, etc.;
2o Dans la plupart des substantifs en tion et en tie, où le t n'est pas précédé, de s ni de x: action, attention, position, ineptie, inertie, démocratie, etc.; v
3° Dans les noms propres en tien: Capétien, Vénitien, Dioctétien, Egyptien, etc.;
4** Dans les mots satiété, patient, balbutier, initier, et leurs dérivés.
Partout ailleurs le t conserve le son propre : bestial, pitié, chantier, châtier^ mixtion, amnistie, etc.
Les deux t se prononcent dans battologie, guttural, ntticisme, et quelques autres.
T final est ordinairement muet: plat, secret, dévot, torrent, JésuS'Christ, cent, vingt, etc.
On le prononce dans quelques monosyllabes et dans quelques mots venant du latin : fat^ mat^ exact, tact, rit, frety net, strict, dot^ brut, chut, et quelques autres.
V. Cette lettre n'ofiFre aucune difficulté. 11 faut seulement Tarticuler d'une manière fort douce, afin de ne pas la faire confondre avec F : vivacité^ veuve, verveine , vaudeville, etc. Les personnes qui articulent fortement v prononcent vivre comme Ji/re,
W. Cette lettre, appelée double Y, ne se trouve que dans* des mots allemands ou anglais. Au moyen âge, les Français Temployaie^nt pour g ; de là le mot Wallon, formé de Gaule, (pron. Va Ion).
W initial se prononce comme v dans les mots allemands et comme ou dans les mots anglais :
Ainsi prononcez Wagram, Weimar, le Wéser, la Westphalie, Wittenberg, le Wurtemberg, Wallenstein, Weber, Wieland, comme Vagram, Véber, etc.; et Westminster, Windsor, Wakejield, Whig, Washington, Wellington, Walter Scott, etc., comme Oueslminster, etc.
A la fin d'une syllabe, les Français prononcent w comme u dans les mots Newton, Newcastle, New-York, etc.
Law, nom propre, ne se prononce pas Lass, ainsi que le prétendent tous les livres de grammaire et d'histoire. Ce mot a, autant qu'on peut l'indiquer, un son assez semblable à Laû.
W est muet dans Greenwich, Norwich, et dans la dernière syllabe de Warwick; on dit Grinitch, Noritch, Ouarick.