X. Pronom penonnel employé comme njet
i° Les pronoms j>, tu, il, nous, vous, ils, indiquent le
sujet du verbe :
Je lis et vous écrivez.
iVofw .parlons et ils écoutent.
Reharqde. Nous et vous, ordinairement da plariel, sont da singalier par syllepse, quand ils représentent une seule personne t
Nous serons prudent, se dit-il.
Madame, vous êtes aussi bonne que jolie.
2" Les pronoms moi, toi, lui, eux, qui sont ordinairement employés comme compléments, peuvent être sujets d'un verbe exprimé ou sous-entendu :
Moi seul aurai pujréussîV. «
Toi seul as tout conduit.
DTJ PRONOM. 1«1
ZZ. Vromom penonnel employé oomme compléaMiit.
i° Les pronoms le, la, les, sont compléments directs, lui et leur sont compléments indirects :
Je le connais.
Nous la voyons souvent.
Vous les fréquentez.
Je lui parle souvent.
Vous leur avez succédé.
2o Lui, leur, eux, elle, elles, compléments indirects^ et Y, EN. Quand les pronoms lui, leur, elle^ etc., sont employés comme compléments indirects, ils ne se disent que des personnes. On met y, en y pour les personnes et pour les choses :
Si ma maison est trop petite, jV ajouterai une aile, et non : j> lui ajouterai.
Ces bâtiments menacent ruine^ n'en approchez pas, et non : n*ap'
prochezpas d'eux.
Si cette affaire est bonne, y y songerai, et non : je songerai à elle.
Il est souvent impossible d'éviter7wî, c//e, etc., comme : Remercier la nature, ou se plaindre d.*elle, (La FoirrAmjs.)
3» Soi et lui. On met soi , quand le sujet est un pronom indéfini ^ ou un infinitif, ou une expression vague, comme tout hommcy celui qui, etc.^ ou quand la phrase énonce un sens général.
On se sert de lui, quand le sens est déterminé :
i4Mcun n'est prophète chez «01. (La Fontaine.) '
Ne songer qu'à soi, c'est le propre d'un égoïste. Il ne faut parler de soi ni en mal ni en bien.
Lycurgue s'exila lui-même,
LA nglais porte partout sa patrie avec lui. (B. de St. P.)
On met soi au lieu de lui, pour éviter une équivoque :
Ce jeune homme, en obéissant à son père, travaille poui? soi. L'avare qui a un fils prodigue, n'amasse ni pour soi ni pour lui.
Nos meillears écrivains da xvii« et du xviii* siècle ont employé soi el lui l'un pour l'autre :
Si jamais l'Angleterre revient à soi.,. (Bossdbt.) Idoiuènèôy revenani à soi, remercia ses amis. ( Fenrlon. ) Son sujet de soi-fniuie et s'arrange et s'explique. ( Boileau. } Tous les animaux ont en soi un instinct qui ne les trompe jamais'. (Buffon.) L'amour traîne après lui des remords. (Molière.)
Ces arbres, ces rochers, cette terre, ce ciel,... tout cela s'pst-ll bftll de /«»vtime? (MoM^RB.)
nX. Znaploî du pitmom UB.
i** Le, attribut. Le, attribut^ est variable, quand il représente un substantif déterminé ou un adjectif pris substantivement.
Le est invariable, quand il représente un adjectif, un substantif indéterminé pris adjectivement, un participe passé, ou une locution. Dans ce cas, le signifie cela.
Êtes-vous la reine?— Non, je ne la
suis pas.
Ëtes-Yous la malade?— Oui, je to
suis.
Sont-ils les médecins de la cour?— Oui, ils les sont.
Sera-t-elle reine?— Non, elle ne le
sera pas.
Étes-yous malade? — Oui, je le
suis.
On les croit médecins; mais ils ne
le sont pas.
Aigues-Mortes et Ravenne, qui étaient des ports, ne le sont plus. Son influence est plus grande qu'on ne pense ou qu'on ne le pense.
2® Lui, elle, eux, elles, et le, la, les, attributs. Quand ces pronoms sont employés comme attributs , les premiers représentent des êtres animés, et les seconds remplacent des choses.
Est-ce votre frère? — Oui , c'est
lui.
Sera-ce ta sœur?— Non, ce ne sera
pas elle.
Est-ce votre chapeau? — Oui, ce
Test.
Sera-ce ta montre? — Non, ce ne
la sera pas.
Étaient-ce vos parents? — Oui, c'é- Sont-ce vos livres? — Oui, ce les talent eux. \ sont.
11 est quelquefois impossible d'éviter Zt/t, elle, pour un nom de chose. Ainsi Ton dit, en parlant d'un livre : C'est lui qui' me console.
3» Le, mis pour un participe passé. 11 est peu correct de représenter par le un participe passé qui n'a pas été précédemment exprimé, comme :
On loue pour Tètre, dites : pour être loué.
Celui qui critique mérite de Tètre, dites ; d'être critiqué.
Ne blâmez pas, si vous ne voulez pas Tôtre, dites : être hldmé.
La répétition da verbe est plos conforme k rexactitade grammaticale, mais l'emploi de le a plus de précision.
On trouve de nombreux exemples où les meilleurs auteurs ont préféré, peut-être à ton, la précision à Texaciitude grammaticale :
Je ne Vaimerais pas, si je ne croyais Tétre. ( Molière.) On ne peut vous estimer et vous aimer plus que vous ne /'êtes du vieux soli-^ taire. (Voltaire. )