PRONOM INDÉFINI
io On, contracté de thomme {home, hom, om. on), s'emploie ordinairement, quand on veut exprimer les hommes en général, et il est singulier masculin.
On propose, ou V homme propose, et Dieu dispose. On peut être étourdi et bon en môme temps.
Si Iç pronom on représente nécessairement une femme ou plusieurs individus, 1 adjectif ou le^ mots employés adjectivement se mettent au féminin ou au pluriel. Us s'accordent avec ridée de féminin ou de pluralité, plutôt qu'avec le mot on. C'est une syllepse. .
On est heureuse, quand on est bonne fille.
Quand on est jeunes, riches et jolies comme vous, mesdames, on n'est point réduites à Tartiflce. (Diderot.)
Quand le pronom on est sujet de plusieurs verbes, il doit être répété, et représenter les mêmes personnes.
On lève l'ancre, on part, on fuit loin de la terre. Quand on sait qu'on yfiaXiy on en est plus aimable.
Mais il serait peu correct de dire : Quand on sent qu'on vous aime,.. Le second en ne représente pas la même personne que le premier.
On ue doit pas dire non plus : On nous assure qu'on a apporté la nouvelle qu'on s'est emparé de la ville dont on soutenait te siège depuis un an. 11 est difficile de démêler cette multitude de rapports différents.
On et l'on, selon l'euphonie.
Si Von veut.
Ce que Von conçoit bien.
Voilà ce à quoi Von visait.
Allons où Ion m'appeUe.
Si on le veut.
Ce quVn aperçoit.
Ce à quoi on le destinait.
Qu'il aille où on rappelle.
L'hiatus est préférable à la cacophonie : ok Von Vappelle.
iiO gAâmmaire française.
^o Quiconque. Quiconque signifie qui que ce soit qui; quand il représente nécessairement des femmes, il est du féminin, par syllepse :
Quiconque est paresseux, sera toujours ignorant. Quiconque est née reine....
3® Qui que ce soit qui et quoi que cb sort que. Le premier se dit des personnes, le second se dit des choses :
Qui que ce soit qui me demande, dites que je suis occupé. Amenez-moi qui que ce soit, et apportez-moi quoi que ce soit.
Ces monosyllabes sont d'osé dureté extrême.
4f» Personne. Ce mot, employé d'une manière vague, est un pronom indéfini du masculin singulier. Personne, joint à la négation ne, signifie nul homme; sans négation, il veut dire quelqu'un :
Personne n^est content de son sort, et ne veut être plaint de ses
erreurs.
Personne a-t-il raconté plus naïvement que La Fontaine?
Quand le mot personne est déterminé, c'est un substantif féminin :
Quelle personne intelligente, accomplie !
Xent personnes furent tuées.
5® Chacun, employé d'une manière générale, est toujours du masculin singulier. Quand il est en relation avec un nom, il est du masculin ou du féminin selon le sens.
Chacun est prosterné devant le veau d'or.
Chacune de ses filles est traitée selon son mérite.
6» Quelqu'un et quelque chose, dans un sens vague, prennent la préposition de devant un adjectif :
Est-il quelqu'un d'assez hardi, d'assez téméraire? Quelque chose de bon^ de neuf, de précieux.
7° L^un et l'autre, ni l'un ni l'autre, l'un ou l'autre. On peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel :
L'une et Vautre est toujours en modèles fertile. (Boileau.} L'un et Vautre y à mon sens, ont le cerveau troublé, (/d.) Ni Vun ni Vautre ne sont bons.
Mais si une seule personne peut faire l'action, le verbe doit se mettre au singulier :
Vune et Vautre de ces deux factions ne dominait qu'avec la protection du czar.
Ni Vun ni Vautre n'était son père.
PRONOM INDÉFINI. lit
Après l'un ou Vautre^ le siogulier eat préférable : Vun ou i'autrt viendra.
L'un l'autre exprime la réciprocité. Quand le verbe exige une préposition, elle se place entre Vun et C autre :
L'aveugle et le paralytique s'aidaient Vun Va%Ur9, Ils se plaignent l'un de Vautre, Ils se plaignent Vun à Vautre.
Quand on parle de plus de deux personnes^ on dit ordinairement les uns les autres :
Nos amis se regardaient les uns les autres.
Les soldats se nuisaient les uns aux autres.
On trouve des exemples oà Vun Vautre est employé, qaotqa'on parle do plus de deux personnes :
Et pins loin des laquais, Vun Vautre s'agagant*»
Font «bojer les chiens et Jnrer les passants. (Boilbau).
Mille prospérités Vune à l'autre enchaînées. (Racine).
Il n*est pas possible que les petits vers enjambent Vun sur Vautre.
(J.-B. Rousseau).