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CHAPITRE III

ADJECTIF

§ 4. ACCORD DE l'adjectif AVEC LE NOM.

I. L'adiectif s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il modifie :

Le ^ati jardin. 1 Les 6eat«â? jardins.

La l>elle fleur. | Les belles fleurs.

II. Quand un adjectif modifie plusieurs noms au singulier, il se met au pluriel :

Un manteau et un habit neufs.

Du pain et du vin excellents.

Une robe et une pelisse neuves.

De la viande et de la soupe excellentes.

III. Quand un adjectif modifie plusieurs noms de genre différent, il se met au masculin pluriel :

Le frère et la sœur sont ignorants.

Une robe et un voile blancs.

Le loup et l'hyène sont cruels» Une noblesse et un goût parfaits.

Remarque. Si le féminin de l'adjectif a un son dilTérent da masculin, l'euphonie exige souvent que le nom masculin soit placé k côté de i'adJectif, comme dans les exemples de la deuxième colonne, parce qu'il serait désagréable d'entendre un son masculin ft côté d'un nom féminin : Un tme et une robe blancsy un geût et une nobleeee parfaite.

Mais si l'adjectif modifie un seul nom, il ne s'accorde

qu'avec celui-là :

Saint Louis honora la religion et la nation française.

11 faut respecter les lois et Vautorité publique.

Les Égyptiens aimaient la solidité et ia régularité toute nue. (Boss.)

Sa taule et son air nnistre inspiraient la terreur.

On ne saurait dire : la reliaUm framçaiee^ les lois publiques, une solidité nue , une taiUe shùstre; doue radjeciif ne modifie qae le dernier substantif.

La même observation s'applique à un adjectif joint à plusieurs substantifs non liés par une conjonction, s'ils sont synonymes, ou si le dernier l'emporte sur les autres et fixe toute l'attention :

Saint Vincent de Paul avait une aménité, une douceur enchanteresse. Turenne avait une modestie, une grandeur (tdme extraordinaire.

Aménité et douceur sont synonyme^ et expriment la même idée; l'esprit s'attache plutôt à l'idée qu'aux mots, et ne considère que le dernier substantif.

Dans le second exemple, grandeur d*âme attire toute l'attention, et commande l'accord de l'adjectif.

Il en est de même quand les substantifs sont joints par la conjonction ou, qui exclut en général l'un des deux substantifs; l'adjectif ne s'accorde qu'ayec le dernier.

Mais si l'adjectif se rapportait aux deux noms, il devrait se mettre au pluriel :

Un homme, où une femme dgée.

Le frère, ou la sœur air^ée.

Dans la première colonne, on parle d'un hommey jeune ou vieux, ou d'nne famne âgée, de la sœur ainée ou du frère.

Dans la seconde, il est question d'un homme âgé ou d'nne feinme âgée, du frère aîné ou de la sœur ainée; radjectif'se rapporte aux deux noms.

Quand un adjectif est précédé de deux substantifs joints ensemble par la préposition de, il est quelquefois difficile de distinguer auquel des deux il se rapporte. IL faut bien se pénétrer du sens, et voir auquel des deux substantifs convient la qualité exprimée par 1 adjectif.

Un homme ou une femme Le ftëre ou la sœur aines

qualité exprimée par 1 adjectif,

Des anneaux d'or massif.

Des boutons de métal jaune.

Des étoffes de soie mêlée de laine.

Ud vase de terre cuite.

Des bas de coton écru.

Des anneaux d'or léaers.

Des boutons de métal ronds.

Des écheveaux de soie mêlés.

Un vase de terre fêlé.

Des bas de coton bleus.

On a trouvé une partie des fruits gdtée.

lY. L'adjectif précédé de deux noms unis par comme, de même que, ainsi que, etc., pe s'accorde qu'avec le premier :

L'autruche a la tête, ainsi que le col, garnie de duvet. (Buffon.) La plupart des soldats de Napoléon avaient la poitrine, aussi bien que les bras, tatouée.

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