‹ Grammaire françaiseChapitre 165 sur 196 · Prêtent · texte numérisé non relu

Prêtent

1° On met au présent une action qui se fait au moment où l'on parle, et une action qui se fait constamment.

Je parle en ce moment, et vous é,coute%.

Il écrit mieux qu'il ne parle,

2^ On se seil du présent pour exprimer une action passée, quand on veut rendre cette" action présente aux yeux du lecteur, la mettre en scène, en faire un tableau.

17i GRAMMAIRE FRANÇAISE.

aTorenne meurt ^ tout se confond, la fortune chancelle, la victoire se lasse, la paix s'éloigne » les boiines intentions des allies se ralentissent, le courage des troi^s est qhattu par la douleur et ranimé par la vengeance; tout le camp demeure immobile. »

(Voir la Mort de Turenne, par Fléchier, dans les Prosateubs FBAHÇAIS, p. 158.)

Dans ce cas, il bat qae toos les verbes de la plurase soient an présent.

Cependant il est pennis, dans un récit, de mêler le présent et le passé, et ce mélange produit une diversité agrésîble; mais il faut le faire d'jiQe manière judicieuse.

« Vatel rencontre un petit pourvoyeur qui lui apportait seulement deux charges de marée. Il lui detnande : a Est-ce là tout? — Oui , monsieur. » — Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les ports de mer. Vatel attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne vinrent point. Sa tète s'échauffait; û crut qu'il n'aurait point d'autre marée... Il monte à sa chambre , met son épée contre la porte et se la passe au travers du cœur; mais ce ne fut qu'au troisième coup qu'il tomba mort. »

(Voir la Mort de Vatel, par M''^ de Sévigné, Peosateurs

FRANÇAIS^ p. 109.)

3» Dans une phrase où il y a deux verbes dont le premier est au passée on met le second au présent, si Ton exprime une vérité générale, un fait qui existe toujours, qui offre une idée de présent.

Je savais bien qu'il y a im Dieu.

J'ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres.

(J.-J. Rousseau.)

4® On emploie encore le présent pour le passé et le futur ^ quand il s'a^t d'une action prochaine. On rapproche ainsi le moment de Paction, et l'expression en devient plus vive, plus animée.

Mais hier il m'ahorde^ et, me tendant la main :

« Ah ! monsieur, m'a-U'ildit, je vous attends demain, » (Boii.eau.)

Vous n'avex bient6t plus que la peau sur les os. (Racine.)

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