DE LA PONCTUATION
133. — 1° Lire ou copier le morceau suivant en remettant les points et les virgules. -—2° Remplacer par des synonymes les mots en italique .
Bonheur de la vie des champs
Heureux celui pour qui le village voisin même est une terre étrangère; il met sa gloire et sa religion à rendre heureux ce qui Y environne s’il ne voit dans ses jardins ni les fruits de l’Asie ni les ombrages de l’Amérique il cultive des plantes qui font la joie de sa femme et de ses enfants dès que ses blés sont mûrs il rassemble ses parents il invite ses voisins et dès Y aurore il y entre avec eux la faucille à la main son cœur palpite de joie en voyant ses gerbes s'accumuler et ses enfants danser autour d’elles couronnés de bluets et de coquelicots : leurs jeux lui rappellent ceux de son premier âge et la mémoire des vertueux ancêtres qu’il espère revoir un jour dans un monde plus heureux.
Bernardin de Saint-Pierre.
133 bis. Exercices complémentaires. — 1° Copier le morceau suivant en remettant tous les signes de ponctuation. — 2° Relever tous les mots en italique et en expliquer l’orthographe.
Turenne
Chacun conte l’innocence de ses mœurs la pureté de ses intentions son humilité éloignée de toute sorte d’affectation la solide gloire dont il étoit plein sans faste et sans ostentation aimant la vertu pour elle-même sans se soucier de l’approbation des hommes une charité généreuse et chrétienne Vous ai-je pas conté comme il rhabilla ce régiment anglois (il lui en coûta quatorze mille francs) et resta sans argent Les Anglois ont dit à M. de Lorge qu’ils achèveraient de servir cette campagne pour le venger mais qu’après cela ils se retireraient ne pouvant obéir à d’autres qu’à M. de Turenne II y avoit de jeunes soldats qui s ' impatientoient un peu dans les marais où ils étoient dans l’eau jusqu’aux genoux et les vieux soldats leur disoient Quoi vous vous plaignez on voit bien que vous ne connoissez pas M. de Turenne il est plus fâché que nous quand nous sommes mal il ne songe à l’heure qu’il .est qu’à nous tirer d’ici il veille quand nous dormons c’est notre père on voit bien que vous êtes bien jeunes et les rassuroient ainsi Tout ce que je vous mande est vrai je ne me charge point des fadaises dont on croit faire plaisir aux gens éloignés c’est abuser d’eux et je choisis bien plus ce que je vous écris que ce que je vous dirois si vous étiez ici. Mme de Sévigné.