‹ Grammaire française complèteChapitre 61 sur 108 · Même exercice · texte numérisé non relu

Même exercice

Li douze pair, que Charles aimet tant. (Chanson de Roland , xi® siècle.)

Que ce nouvel honneur va croître son audace. (Racine.)

Le roi se délibéra de se venir mettre dans Paris. (Commines, xve siècle.)

Je ne lui cachois point combien ] étais blessée. (Corneille.)

Les geais paissent la terre. ^ (Racine.)

Il prétend de grandes sommes de M. l’Électeur palatin pour cette administration. (Id.)

Nous nous amusons trop, il est temps d'évader. (Corneille.)

Ma colère revient et je me reconnois ,

Immolons en partant trois ingrats à la fois. (Racine.)

Tenez, voilà le cas qu’on fait de votre exploit.

— Comment! c’est un exploit que ma fille lis (Racine.)

D’un crêpe noir Hécube embéguinée

Lamente , pleure et grimace toujours. (Id.)

206. Exercice écrit. — Copier le morceau suivant en le transcrivant avec l’orthographe actuelle.

Du langage des signes

Il nous faut remarquer la parité qui est entre les bestes et nous. Nous avons quelque moyenne intelligence de leurs sens : aussi ont les bestes des nostres, environ à'mesme mesure. Elles nous flattent, nous menassent et nous requièrent : et nous elles. Au demeurant nous découvrons bien évidemment qu’entre elles il y a une pleine et entière communication, et qu’elles s’entr’entendent, non seulement celles de mesme espece, mais aussi d’especes diverses. En certain abboyer du chien le cheval cognoist qu’il y a de la colère : mesmes de certaine autre sienne voix, il ne s’effraye point. Aux bestes qui n’ont pas de voix, par la société d’offices que nous

Br VERBE.

voyons entre elles, nous argumentons aysément quelque autre moyen de communication, leurs mouvements discourent et traictent.

Pourquoy non tout aussi bien que nos muets disputent, argumentent, et content des histoires par signes? J’en ay veu de si souples et formez à cela, qu’à la vérité, il ne leur manquoit rien à la perfection de se sçavoir faire entendre. Les amoureux se courroussent, se reconcilient, se prient, se remercient, s’assignent, et disent enfin toutes choses des yeux.

Quoy des mains? nous requérons, nous promettons, appelions, congédions, menaçons, prions, supplions, nions, refusons, interrogeons, admirons, nombrons, confessons, repentons, craignons, vergoignons, doublons, instruisons, commandons, incitons, encourageons, jurons, tesmoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, mesprisons, deffions, despittons, flattons, applaudissons, bénissons, humilions, moquons, reconcilions, recommandons, exaltons, festoyons, réjouissons, complaignons, attristons, desconfortons, désespérons, estonnons, escrions, taisons, et quoy non? d’une variation et multiplication à l’envy de la langue. De la teste nous convions, renvoyons, advouons, desadvouons, desmentons, bienveignons, honorons, vénérons, desdaignons, demandons, esconduisons, égayons, lamentons, caressons, tansons, soubsmettons, bravons, exhortons, menaçons, asseurons, enquerons. Quoy des sourcils-? Quoy des espaules? Il n’est mouvement qui ne parle, et un langage intelligible sans discipline, et un langage public : Qui fait, voyant la varriété et usage distingué des autres, que cettuy-ci doibt plustost estre jugé le propre de l’humaine nature. Je laisse à part ce que particulièrement la nécessité en apprend soudain à ceux qui ' en ont besoing : et les alphabets des doigts, et grammaires en gestes : et les sciences qui ne s’exercent et ne s’expriment que par iceux : et les nations que Pline dit n’avoir point d’autre langue. Un ambassadeur de la ville d’Abdere, après avoir longuement parlé au roy Agis de Sparte, lui demanda : « Et bien, sire, quelle response veux-tu que je rapporte à nos citoyens? — Que je t'ay laissé dire tout ce que tu as voulu , et tant que tu as voulu , sans jamais dire mot. )) Voilà pas un taire parlier et bien intelligible?

Montaigne (1553-1592).

Décomposer en ses propositions la phrase : Elles ?ious flattent , nous menacent

et nous requièrent ; et nous elles ....

PARTICULARITÉS DES VERRES

SECTION XI

PARTICULARITÉS DES VERBES

207. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mettant les verbes au temps indiqué.

Le soleil et les planètes occupent la partie des cieux que nous appeler (ind. prés.) notre univers.

Le temps déceler (ind. prés.) les crimes les plus cachés.

Charles VIII projeter (ind. imparf.) de grandes conquêtes en Italie.

L’homme par ses désirs empiéter (ind. prés.) toujours sur l’avenir.

L’aumône qu’on jeter (ind. prés.) ne plaît pas au Seigneur.

Un peu d’illusion compléter (ind. prés.) le bonheur.

N 'atteler (impératif) pas tous les bœufs à la même charrue.

Que d’hommes, comme les plantes, végéter (ind. prés.) et ont végéter (part, passé) sur cetle terre!

L’ivresse révéler [ind. prés.) parfois les secrets des criminels.

Le vieillard amonceler (ind. prés.) des provisions pour l’avenir, auquel il ne doit plus songer.

La puissance de Carthage inquiéter (pas. simp.) longtemps la jalousie du peuple romain.

Six chevaux blancs étaient atteler (part, passé) au char du triomphateur.

Un esclave révéler (pass. simp.) les projets des Tarquins.

Tous les discours que prononcer (pas. simp.) Démosthène sontdes chefs-d’œuvre.

Nous juger (ind. prés.) sévèrement les autres, qui à leur tour nous ménagent peu.

Alexandre assiéger (pas. simp.) Tyr et la saccager (pas. simp.).

ïl faut que vous suppléer (subj. prés.) à votre manque de mémoire par un travail opiniâtre.

Les anciens Germains plonger (ind. imparf.) dans l’eau froide les enfants nouveau-nés.

Les sauterelles ravager (ind. imparf.) l’Algérie et menacer (ind. imparf.) notre colonie d’une ruine complète.

Je vous répéter (futur simple) toujours que celui qui semer (ind. prés.) le vent récolte la tempête.

Les anciens lancer (ind. imparf.) avec la main un trait qu’on appeler (ind. imparf.) javelot.

DU VERBE

Une sorte de bourre cotonneuse protéger (ind. prés.) les plantes qui naissent à une grande altitude.

208. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mettant les verbes au temps indiqué. ”

Il faut souffrir les maux que Dieu nous envoyer ( ind . prés.)

Aller (impérat.), cours, vole et reviens.

Les seigneurs au moyen âge guerroyer (ind. imparf.) entre eux sans souci de l’autorité royale.

Envoyer ( impératif ) au secours de ceux qui souffrent ou aller (impératif) vous-même les secourir et les consoler.

Michel de l’Hôpital était le seul homme par qui la vérité aller (ind. imparf.) encore jusqu’au trône.

Si vous ri aller (ind. prés.) là que par complaisance, vous vous y ennuyer (fut. simple).

On employer (ind. prés.) souvent pour arriver des gens qu’on ne saluerait pas volontiers dans la rue.

Les Husses à Sébastopol déployer ( pas.simp .) une indomptable énergie.

Les bavards côtoyer (ind. prés.) le mensonge de fort près.

Les enfants égayer (ind. prés.) la maison par leur joyeux babil.

Vous envoyer (fut. simple) des lettres qui ri aller (fut. simple) pas à leur adresse.

Que d’auteurs délayer (ind. prés.) une pensée de quelques lignes pour en faire un chapitre !

Faire un discours à quelqu’un qui se noyer (ind. prés.), c’est perdre une belle occasion de. se taire.

Il faut que nous aller ( subj . prés.) à la campagne pour réparer nos forces.

20 9. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mettant les verbes au temps indiqué.

Aussitôt que nous vîmesjes flammes de l’incendie nous courir (pas.simp.) au secours de nos amis.

Ceux qui luiir (in l. prés.) entretiennent un feu qui les brûle

Mes enfants, courir (impérat.) dans le jardin et cueillir (impérat.) des fleurs pour la fête de votre mère.

IN 'oubliez pas que pour cuire des œufs à la coque il faut qu’ils bouillir (subj. prés.) trois minutes.

Les palmes que cueillir (ind. prés.) les conquérants ont poussé .dans le sang.

PARTICULARITÉS DES VERBES. in

ii est temps que ces enfants dormir ( subj . prés.).

Malheureux, tu dormir ( ind . prés.) et le feu est à ta maison.

On acquérir (ind. prés.) quelque sagesse dans la société des honnêtes gens.

Philippe Auguste à la bataille de Bouvines faillir (pas. sïmp.) tomber entre les mains des ennemis.

Les nuages fuir (ind. imparf.) et le ciel reprenait sa sérénité.

Marchez avec prudence sur cette falaise, il est à craindre que le sol ne fuir (subj. prés.) sous vos pas.

Enfant, acquérir (impérai.) dès maintenant un savoir qui fera le charme de ta vieillesse.

Quand la tempête assaillir (ind. prés.) les pêcheurs, ils jeter (ind. prés.) là leurs filets et fuir (ind. prés.) devant la rafale.

210. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mettant les verbes au temps indiqué.

Tous ces braves gésir (ind. imparf.) sous la neige ou sous les glaçons de la Bérézina.

Corneille était issir (part, passé) d’une famille de marchands.

Vous mentir (ind. prés.) trop souvent pour qu’on vous croie.

il y a des gens qui mourir (ind. prés.) sans se douter qu’ils ont vécu.

« Sentir (ind. prés.) vous la délicatesse de ce morceau? Souffrir (impératif) que je vous offrir (subj. prés.) de ce vin, vous n’en avez pas souvent goûté de pareil. » Tels sont les discours que tenir (ind. prés.) des hôtes peut-être bons gourmets, mais fort ennuyeux.

Rien ne servir (ind. prés.) de courir, il faut partir à point.

Ouvrir (impérat.) la porte au voyageur transir (part, passé).

Vous avez ouïr (part, passé) les paroles de votre père : travaillez.

11 saillir (pas. simp.) tout à coup de ce rocher une source d’eau vive.

11 ne faut pas que vous mentir (subj. prés.); le mensonge est honteux et ne servir ( coud . prés.) à rien.

Cette corniche ferait beaucoup mieux si elle saillir (ind. imparf.) un peu plus.

On vit souvent souffrir cette courageuse femme, mais on ne Vouïr (pas. simp.) jamais se plaindre.

Quand la souffrance est là, nous sentir (ind. prés.) véritablement que nous vivons.

Le Bot, poussé par une brise légère, ondule à la surface du lac et mourir (ind. prés.) à nos pieds.

DU VERBE

Il faut bien qu’elle mourir ( subj . prés.) ; elle le sait, mais elle veut aller à la mort par un beau chemin.

Les nations mourir (fut. simple) en leur temps, comme le reste des choses humaines.

211. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en

mettant les verbes au temps indiqué.

Pour que nous asseoir (subj. imparf.) tous nos auditeurs dans celte salle, il falloir (cond. prés.) qu’elle fut agrandie.

Déchoir (part, passé) du plus haut rang, un Romain savoir (ind. imparf.) retourner à la charrue.

Avec l’aide des années nous déchoir (ind, prés.) tous : c’est le tort de l’espèce humaine.

Le ruisseau qui mouvoir (ind. prés.) la roue du moulin est sec et le meunier attend tristement son retour.

Par cette douce température nous asseoir (ind. imparf.) notre malade dans le jardin et nous la voir (ind. imparf.) renaître.

Les Spartiates ne savoir (ind. imparf.) qu’une chose : mourir pour obéir aux lois de la patrie.

11 seoir (cond. prés.) mal à un enfant de se croire plus sage qu’un vieillard.

Celui qui savoir (cond. prés.) bien se commander à lui-même pouvoir (cond. prés.) commander aux autres.

Pourvu qu’il pleuvoir (subj. prés.) les fermiers sont contents.

Mon frère a été promouvoir (part, passé) au grade de lieutenant ; nous l’avons savoir (part, passé) hier.

I ’homme ne valoir (ind. prés.) que par le travail.

Orphée émouvoir (ind. imparf.) par ses chants les animaux et les plantes.

II seoir (ind. prés.) aux honnêtes gens de mépriser les faveurs qu’on voir (ind. prés.) accorcfer à des intrigants.

Vous vouloir (ind. prés.) être heureux ? Ne mettez pas votre bonheur si haut que vous n e, pouvoir (subj. prés.) l’atteindre.

Savoir ( impérat .) que les titres et les honneurs n’ont d’autre prix que celui qu’on leur donne.

L’esprit qu’on vouloir (ind. pré».) avoir gâte celui qu’on a.

Un vieux proverbe dit qu’ « il valoir (ind. prés.) mieux faire envie que pitié » ; le mieux, selon moi, est de ne faire ni l’un ni l’autre.

212. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mclUnt les verbes au temps indiqué.

PARTICULARITÉS DES VERBES

L’honnête homme ne s'absoudre (condit. prés./ jamais d’une lâcheté.

J’ai boire (part. passé) la coupe du plaisir et je l’ai trouvée amère.

Saint Louis clore ( ind . prés.) glorieusement l’ère des croisades.

Connaître (impérat.) -toi toi-même, dire (ind. imparf.) la sagesse antique.

Lysandre coudre (ind. imparf.) la peau du lion à celle du renard, c’est-à-dire qu’il joindre (ind. imparf.) le courage à l’habileté.

Écoutez ce murmure lointain : c’est le vent qui bruire (ind. prés.) dans les bois d’alentour.

Le vrai se conclure (part, prés.) souvent du faux, le juge doit toujours être en éveil.

Croître ( impératif ), mes jeunes amis, en force et en sagesse.

Quand les méchants parlent trop haut, il falloir (ind. prés.) leur clore la bouche.

A la campagne vous assisterez à des repas où l’on boire (ind. prés.) des jours entiers.

Racine est peut-être, après Virgile, l’homme qui a le mieux connaître (part, passé) l’art des vers.

Une armée bien conduire (part, passé) porte avec elle de grandes chances de victoire.

Le bambou croître (ind. prés.) presque à vue d’œil, tant sa végétation est active.

Les sots sont toujours heureux : ils croire (ind. prés.) que tout le monde les admire.

Vous dire (ind. prés.) des choses qui faire {ind. prés.) sourire les gens sensés.

C’était bien le moins que nous écrire (subj. prés.) à un ami si éprouvé.

Pour terminer votre éducation il est nécessaire que vous lire (subj. prés.) beaucoup et de bons ouvrages.

Il a enfin luire (part. passé), ce beau jour du premier de l’an, si fertile en étrennes.

Nous croire (ind. prés.) facilement tous les maux que nous craindre (ind. prés.).

213 Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mettant les verbes au temps indiqué.

L’arsenic prendre (part, passé) à très petite dose stimule l’appétit et ne nuire (ind. prés.) pas à la santé.

Henri IV naître (pas. simv.) dans les montagnes du Béarn; son

DU VERBE

berceau lui une écaille de tortue, et sa première boisson un? cuillerée de vin de Jurançon.

Les moulins moudre (ind. prés.) le blé et donnent laTarine aux boulangers.

Je ne veux pas que vous rire (subj. prés.) de mes conseils.

La vanité se repaître [ind. prés.) toujours des plus déplorables illusions.

Ne mettre ( impérat .) pas trop de bonhomie dans vos rapports avec les autres, ils prendre (cond. prés.) volontiers votre bonté pour de la faiblesse.

Il y a des sots qui se taire (ind. prés.) et qui paraître (ind. prés.) pleins d’esprit.

La timidité est un défaut qui a toujours nuire (part, passé) à ceux qui la possèdent.

Il y a des gens qui croient qu’eux repaître (part, passé) tout le monde a diné.

Le feu résoudre (ind. prés.) en cendre et en fumée les forêts les plus vastes.

On meurt doucement quand on a bien vivre (part, passé).

Suivre (impérat.) toujours le droit chemin, bien que ce soit le plus long pour arriver au but. ^

Quand nous aurons vaincre (part, passé) nos défauts, nous aurons le cœur plus tranquille.

En Normandie on voit de tous côtés des femmes traire (part, près.) les vaches dans de grands vases en cuivre.

Il faut s’exprimer toujours poliment, en suivre (part, prés.) les formes reçues.

Pour bien digérer ce travail historique, il eût été nécessaire que vous vivre (subj. imparf.) quelques mois encore dans les bibliothèques.

Les paysages qu’a peindre (part, passé) cet artiste sont étincelants de lumière.

Travaillez, prendre (impérat.) de la peine, c’est le fonds qui manque le moins.

214. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu dans les phrases suivantes les mots imprimés en italique ?

Mestre Geffroy, alez dire à la roine que le roi est esveilléet qu’elle voise vers li pour li apaisier. (Joinville, xme siècle.)

LÀ où le soleil feroit qui fesoit les armes resplendir. (Id.)

PARTICULARITÉS DES VERBES

Le Collège de France a été fondé à Paris par François 1er.

Ceux qui le liront, verront et orront (Froissàrt, xive siècle.) Certes, dame, voyez ci votre chevalier qui ne vous fauldroit pour mourir, si tout le monde vous failloit. (Froissàrt, xive siècle.)

Coitier disait à Louis XI : « Je scay bien que ung matin vous m 'envoyerez comme vous faictes d’autres, mais vous n’y vivrez point huyt jours après ». (Commises, xve siècle.)

Tel fiert qui ne tue pas.

Oy , voy et te tais, si tu veux vivre en paix. (Cottgrave, xvie siède.) Les plaisirs pris sans modération abrègent plus les jours des hommes que les remèdes ne peuvent les prolonger. (Fénelon.)

Envoyez ung héraut au chastel par delà,

Pour parler au roi Pietres, saver comment il va.

(Guescliny xive siècle.)

Les rênes lui cheurent des mains, (àmyot, xvie siècle.)

Il vesqait jusques à la mort en dépit des envieux. (Rabelais, xvie siècle.)

215. Exercice. — Copier les vers suivants en les transcrivant avec l’orthographe moderne.

Contre les bûcherons de la forest de Gastine.

(fragment.)

Escoute, bûcheron, arreste un peu le bras;

Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;

Ne vois tu pas le sang lequel dégoûte à force Des nymphes qui vivoient dessous la dure escorce?

Sacrilege meurdrier, si on pend un voleur Pour piller un butin de bien peu de valeur.,

Combien de feux, de fers, de morts et de détresses Merites-tu, meschant, pour tuer nos déesses ?

Forest, haute maison des oiseaux bocagers!

Plus le cerf solitaire et les chevreuls légers Ne paistront sous ton ombre, et ta verte crinière Plus du soleil d’esté ne romora la lumière.

Plus l’amoureux pasteur sur un tronq adossé,

Enflant son flageolet à quatre trous persé,

EXBEC. SÜR LA GRAMM. COMPL.

DU VE RB!.

RS

Son mastin à ses pieds, à son flanc la houlette,

Ne dira plus le nom de sa belle Janette;

Tout deviendra muet, Echo sera sans vois;

Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois, '

Dont l’ombrage incertain lentement se remue,

Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue;

Tu perdras le silence, et haletans d’effqoy Ny satyres ni Pans ne viendront plus chez toy.

Ronsard (1524-1585).

216. Exerolce. — Mettre en orose les vers suivants. — Apprendre par cœur le même morceau.

Souvenir de collège

Je me rappelle encor, non sans ravissement,

La classe, son travail, son silence charmant;

Je tressaille, en songeant aux paisibles soirées Sous les regards du maître au devoir consacrées,

Quand, devant le pupitre en silence inclinés,

Nous n’entendions, parfois de nous-même étonnés,

Que d’instant en instant quelques pages froissées,

Ou l’insensible bruit des plumes empressées,

Qui, toutes à l’envi courant sur le papier,

De leur léger murmure enchantaient l’écolier.

O jeunesse ! ô plaisirs ! jours passés comme un songe !

Du moins, ces temps heureux, l’étude les prolonge.

Elle laisse à nos cœurs cette première paix Que les autres plaisirs ne prolongent jamais.

Celui qui dans l’étude a mis sa jouissance Garde sa pureté, ses mœurs, son innocence;

Le miroir de sa vie est riant à ses yeux :

Les jours ne sont pour lui que des moments heureux. Pauvre, libre, content, sans soins et sans envie,

Dans un lieu de son choix il jouit de sa vie;

Et, quand le terme vient, il passe sans effort

Du calme de l’étude au calme de la mort. M. P. Lebrun.

Expliquez les mots ravissement , je tressaille , du maître, miroir de sa vie, soins, terme. — Décomposez en propositions la dernière phrase : Pauvre:. libre..., etc.

SECTION XII

Page 1