‹ Grammaire française complèteChapitre 62 sur 108 · DU PARTICIPE · texte numérisé non relu

DU PARTICIPE

217. Exercice. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant d’un trait le participe passé, de deux traits le participe présent, de trois traits l’adjectif verbal.

Rome et la Gaule

En conquérant la Gaule, César l’a rendue entièrement et pour toujours romaine. Cette rapidité merveilleuse avec laquelle Rome s’assimile alors les Gaulois ne se comprend que lorsqu’on sait en quel état elle les avait trouvés. Ils avaient de grandes villes, un système régulier d’impôts, un ensemble de croyances religieuses, une aristocratie ambitieuse et puissante, et une sorte d’éducation nationale dirigée par les prêtres. Cette culture, encore imparfaite, si elle n’avait pas entièrement éclairé les esprits, les avait au moins éveillés. Ils étaient ouverts et curieux, assez intelligents pour reconnaître ce qui leur manquait, assez libres de préjugés pour renoncer à leurs usages quand ils en trouvaient de meilleurs. Dès le commencement de la guerre, ils réussirent à imiter la tactique romaine, à construire des machines de siège et à les manœuvrer avec une habileté à laquelle César rend justice. Ils étaient donc encore rudes et grossiers, si l’on veut, mais déjà tout prêts pour une civilisation supérieure dont ils avaient le désir et l’instinct. Voilà ce qui explique qu’ils l’aient si facilement accueillie. Ils avaient combattu dix ans contre la domination de l’étranger, ils ne résistèrent pas un jour à adopter sa langue et ses usages. On peut dire que la Gaule ressemblait à ces terres fendues par un soleil brûlant et qui boivent avec tant d’avidité les premières gouttes de la pluie ; elle s’est si profondément imprégnée de la civilisation romaine, dont elle avait soif sans la connaître, qu’après tant de siècles et malgré tant de révolutions elle n’en a pas encore perdu l’empreinte, et que c’est la seule chose qui ait persisté jusqu’à présent dans ce pays où tout change. Gasïon Boissier.

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