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SYNTAXE DE L ADJECTIF

Il sait régler — - goûts, — travaux, — plaisirs,

Mettre un but à — course, un terme à désirs.

{Voltaire.)

Le lit le plus dur paraît bien doux quand on s’est tenu toute la journée sur — jambes.

Les Francs portaient — barbe courte et tressée ; Charlemagne et les Carolingiens portèrent la barbe de plus en plus courte. François Ier, ayant été blessé à — tête, se fit raser les cheveux, mais laissa croître — barbe, ce qui ramena la mode des barbes longues.

Lorsque d’un saint respect tous les Persans touchés N’osent lever — fronts à la terre attachés. (Racine.)

Aimer à lire, c’est échanger contre des heures délicieuses les heures d’ennui qu’on doit avoir en — vie.

Le cheval est une créature qui renonce à — être pour n’exister que par la volonté d’un autre.

Chien hargneux a toujours — oreille déchirée. (La Fontaine).

280. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par son , sa, ses ou en, selon la règle.

Cette maison est mal située, il faudrait pouvoir l’ôter de — place.

La bonté n’est pas le fruit de la réflexion; aussi l’hypocrisie peut

— donner l’apparence, mais jamais la réalité.

Les parents trop faibles pour — - enfants veulent toujours excuser

— défauts.

Néron, bourreau de Rome, — était l’histrion. (Delille.)

La ville a — agréments ; la campagne a les siens.

Loin de ses belles montagnes, le paysan suisse — garde le souvenir.

Soyez moins épineux dans la société : c’est la douceur des mœurs, c’est l’affabilité qui ■— fait le charme. (Voltaire.)

Les courtisans sont des jetons,

— valeur dépend de — place :

Dans la faveur des millions Et des zéros dans la disgràc$. ^

281. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en mettant leur et le n&m ainsi que l’adjectif suivants au singulier ou au pluriel se km la règle.

Le repos n’est légitime que pour les vieillards qui ont bien employé leur vie au profit de la société, de leur pays ou de leur famille.

Les rêves des méchants sont leur premier supplice.

Les éléphants détruisent dix fois plus de plantes avec leur pied qu’ils n’en consomment pour leur nourriture.

Des animaux, les uns servent à porter des fardeaux, comme le cheval et le chameau; d’autres servent par leur force, comme les bœufs, à suppléer à ce qui manque à notre force bornée; puis ce même animal devient notre aliment; d’autres, comme les brebis, nous nourrissent de leur lait et nous vêtent de leur laine.

Qu’il est grand, qu’il est doux de se dire à soi-même :

Je ri’ai point d’ennemis, j’ai des rivaux que j’aime :

Je prends part à leur gloire , à leur mal, à leur bien ;

Les arts nous ont unis, leur beau jour sont les miens.

La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre l’autre misérable.

Sont dispensés du service militaire les jeunes gens que leur infirmité rendent impropres à tout service actif

Leur ambition croissant avec leur richesse de marchands, les Carthaginois devinrent conquérants.

Quand les citoyens influents à Rome s’étaient ruinés par leur luxe et leur folle prodigalité , ils se faisaient envoyer comme gouverneurs dans des provinces où ils refaisaient leur fortune par leur vol et leur exaction .

SECTION IV

282. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par chaque ou chacun selon la régie.

A — jour suffit sa peine.

— a son défaut où toujours il revient. (La Fontaine.)

— âge a ses plaisirs, — état a ses charmes,

Le bien succède au mal, les ris suivent les larmes. (Delille.)

Après les victoires des guerres médiques, — en Grèce s’adjugea le premier prix de la valeur; mais tous accordèrent le second à Thémistocle,

KXERCU S«R IA fi II A MW . CO MM. .

SYNTAXE DE l/ADJECTJF.

Le soleil, dit l’Écriture, sait où il doit se coucher — jour.

Le sens commun n’est pas chose commune;

— pourtant croit en avoir assez» (Valaincourt.)

— passion nous parle un langage différent et trouve d’excellentes raisons pour nous persuader.

Chose étrange de voir comme avec passion Un — est chaussé de son opinion. (Molière.)

283. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par même qu’on écrira selon la règle.

Les — remèdes ne conviennent pas à tout le monde.

De telles perfidies sont rares, — chez les sauvages.

Les enfants, les hommes — sont bien peu raisonnables nuand ils sont réunis en grand nombre.

Les animaux, — les plus féroces, se laissent gagner par la douceur.

Les anciens auteurs comiques se moquaient des dieux — au théâtre.

Vouloir les — biens, repousser les — maux, autrement dit avoir les — sympathies et les — antipathies, voilà ce qui fait la solide amitié.

La civilité est l’art de rendre ceux avec qui nous vivons contents de nous et d’eux —

Lycurgue, le législateur de Sparte, voulait que les enfants, les jeunes filles — , fussent exercés à la course, à la lutte, à tous les exercices du corps.

Une grande fortune, un bien-être extrême, des gâteries exagérées finissent toujours par pervertir les enfants, — les mieux doués.

Les amis, — les plus chers, se rendent importuns par trop de prévenances et de soins.

On a dit plaisamment, en parlant de ces braves soldats qui marchent toujours en avant sur le champ de bataille, que c’étaient toujours les — qui se faisaient tuer.

Montaigne disait qu’il aimait tout dans Paris, — ses verrues.

Une minute est chère et pour la ménager Jusqu’aux syllabes — il faut tout abréger.

(F. de Neufchatel.)

ADJECTIFS INDÉFINIS. 13i

Les bienfaits — doivent être accompagnés d’un sourire obligeant.

28^. Exercice oral ou écrit, — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par quelque qu’on écrira selon la règle.

— récompenses judicieusement distribuées suffisent à enflammer l’ardeur même des indifférents.

En — circonstances il est habile de ne pas montrer trop d’esprit.

Que restera-t-il des auteurs de notre siècle? Peut-être de quoi composer — livres de morceaux choisis.

Nous qui sommes modernes, nous serons anciens dans — siècles.

L’immense armée de Xerxès fut arrêtée aux Thermopyles par — centaines de Spartiates.

Que de gens ont dû leur réputation d’homme d’esprit à — bons mots adroitement placés.

Dans — cent ans l’homme voyagera sans doute dans les airs et au fond des mers.

En toute chose fais ce que tu dois, et — soit l’opinion du vulgaire, ne t’en inquiète jamais.

— soient les richesses des rois, ils sont souvent bien malheureux.

Les honneurs sont toujours recherchés, — vains qu’ils paraissent.

C’est la manie de — esprits bornés de trouver toujours mal tout ce qui se fait dans leur pays.

Qui sait si dans — milliers d’années les mers et les continents n’auront pas changé de place?

— soient les circonstances, souvenez-vous qu’il ne faut pas seulement paraître juste, mais l’être.

Le pouvoir suprême a toujours été recherché, — lourdes responsabilités qu’il mette sur les épaules.

285. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivante: en remplaçant chaque tiret par tout qu’on écrira selon la règle.

L’imagination est une lentille qui grossit — les objets.

— révélation d’un secret est la faute de celui qui l'a confié.

Les dunes, — mobiles qu’elles sont, ont été fixées par les plantations de Brémontier.

Les anciens disaient que l’amour de la patrie renferme — les

affections.

SYNTAXE DR l’aDJECTIF.

La grammaire, — aride qu’élle paraît à la jeunesse, a cependant des côtés très attrayants.

Athènes fut la plus savante et la plus polie de — les villes de la Grèce.

Les conquérants sont — tombés victimes de leur insatiable ambition.

La mer, — perfide qu’elle est, exerce toujours un invincible attrait sur les jeunes gens.

Attendez le moment d’agir et donnez-vous ensuite — entiers à cette affaire.

Les mères sont — émues en voyant leurs enfants devenir soldats.

Car on doit souhaiter, selon — justice,

Que le plus coupable périsse. (La Fontaine.)

Avec la multiplication des livres, aujourd’hui, rien que pour étudier une question, il faut consulter — une bibliothèque.

— médisance est une méchanceté: — calomnie est une lâcheté.

Les Anglais eux-mêmes étaient — attendris du sort de Jeanne d’Arc.

Si la capitale de la France eût été Lyon ou Bordeaux au lieu de Paris, notre langue eût été — autre.

On peut dire, en parlant des heures, que « — nous blessent et la dernière nous tue ».

A — heure, en — lieux il faut veiller sur nous-mêmes et réprimer nos mouvements d’humeur.

Les Carthaginois étaient — yeux et — oreilles aux récits d’Énée.

L’histoire n’est le plus souvent qu’un recueil de misères de — sorte.

La science, — attrayante qu’elle est, ne suffit pas toujours à nous consoler de la misère et de l’isolement.

Le coq qui trouva une perle aurait préféré — autre aubaine.

Certaines gens sont — feu et — flamme pour entreprendre, mais de glace pour persévérer.

L’Afrique — entière est ravagée chaque année par les marchands d’esclaves.

Nos stations d'hiver de la Provence sont — aussi belles que les stations italiennes.

286. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire peuvent donner lieu les adjectifs en italique dans les phrases suivantes ?

Il y avait six vingt mille hommes ensemble sur quatre lignes. (Racine.)

On y voit des vieillards de cent et six vingts ans, qui ont encore de la gaieté et de la vigueur. (Fénelon.)

La nuit du trente-unième mai. (Id.)

Il reçut sur sa tête un coup de sabre. (Racine.)

Les gens de bien même tombent dans ces infidélités. (Fléchier.)

Le chagrin me parait une incommode chose ;

Je n’en prends point pour moi sans bonne et juste cause;

Et mêmes à mes yeux cent sujets d’en avoir

S’offrent le plus souvent que je ne veux pas voir. (Molière.)

Après avoir ainsi traité Et la même innocence et la même bonté. (Id.)

Obligez nous bâiller par chascun an deux millions d’or. (Rabelais, xvi° siècle.)

Et les larmes de la paupière

Sèchent d’elles-méme à nos yeux. (Lamartine.)

Vous allez épouser quelques cent mille écus. (Dorât.)

De quelques belles paroles que vous ayez accompagné l’excuse de votre silence, je ne la saurois prendre que pour une accusation du mien. (Malherbe, xvie siècle.)

Pour moi, j’étois toute ébaubie. (Sévigné.)

Je veux bien l’immoler toute entière (ma gloire) à mon roi. (Corneille.)

Elle est toute en larmes. (Racine.)

F ne force et une dignité toute édifiante. (Id.)

Votre âme en m’écoutant paraît toute interdite. (Id.)

287. Exercice. — Copier le morceau suivant en le transcrivant avec l’ortho- ^rauhe actuelle.

Mort du comte d’Egmont et du comte de Horn

Sur les onze heures du soir on leur vint annoncer leur arrêt, pour avoir le lendemain leurs testes tranchées.

Le Comte d’Egmont, qui dormoit lors, trouvant fort estrange une si triste nouvelle, s’estomacha et s’altéra outre mesure, et avec grande exclamation demanda comment il estoit possible qu’on le

SYNTAXE DE l’ ADJECTIF.

voulust traitter de ceste façon ; ne pensant avoir fait aucune chose, contre le service de Dieu ny de sa Majesté, indigne de son devoir?

Le Comte de Horn du commencement ne se put bien asseurer et se résoudre, se despita outré mesure, maugréant et regrettant fort sa mort, et se monstrant quelque peu opiniastre en la confession, la rejettant fort, et disant qu’il s’estoit assez confessé. Toutes-fois après avoir songé a soy, et digéré son fait, et comme qu’il n’y avoit nul remede pour la prolongation de la vie, jenfin de son propre mouvement il demanda un confesseur, et continua depuis à user d’apparence de bon chrestien et catholique, et non sans grande contrition de ses fautes : et en ces altérés ils demeurèrent jusques à neuf heures du lendemain au matin, ne parlans d’autre chose que de leur fait de conscience, et du tort qu’on leur faisoit, au respect de la fidelité et obéissance qu’ils avoient toujours portée à leur Prince. En après le Comte d’Egmont commença à solliciter fort l’advancement de sa mort, disant : que puisqu’il devoit mourir, qu’on ne le devoit pas tenir si longuement en ce travail. Sur les dix heures, on le tira dehors, et il fut conduit sur l’eschaffaut, accompagné du Maistre de Camp et du Capitaine Salines, d’aucuns prestres, et de l’Evesque d’Ipre son confesseur. Il estoit vestu d’une juppe de damas cramoisi, et d’un manteau noir avec du passement d’or, les chausses de" taffetas noir, et les bas de chamois bronzé, son chapeau de taffetas noir couvert de force plumes blanches et noires, et un mouchoir ouvré en la main, sans qu’il eustles mains liées aucunement; lesquelles on lui avoit laissées libres sur sa parole de cavalier, et qu’il ne donneroit aucun empeschement, par lequel le bourreau peust faillir son coup. Il n’estoit suivy ny de bourreau ny de sergents : £ien est-il vray que le Prévost, se tenoit auprès de l’eschauffaut avec une baguette rouge, pour représenter la Justice : et allant audit eschaffaut ainsi accompagné, il passa au travers de toutes les compagnies que nous avons dit cy dessus, et qui estoient toutes en bataille; et en passant au beau milieu il salüoit et disoit adieu à tous les capitaines et soldats qui estoient là, lesquels pleuroientet regrettoient de voir un si grand capitaine mourir ainsi. Puis estant monté sur l’eschaffaut, qui estoit tendu tout de drap noir, il se mit à genoux, puis jettant les yeux vers le ciel, il commença à haute voix à faire quelques clameurs et exciai nations, sur la contrition connue de la repentance de ses infîdelitez et désobéissances; tellement que le peuple en estoit esmeu à grande pitié: et bien-tost après il se despoüilla son manteau et sa juppe, et se remettant à genoux il laissa son chappeau sur ses

yeux, et puis dit l’oraison, In manus tuas , Domine , etc. fort dévotement : et comme il commençoit à la redire, le bourreau, qui s’estoit tousjours tenu caché, commença à paroistre, qui luy enleva et fit sauter la teste de dessus les espaules fort dextrement. Le corps fui incontinent levé et couvert de drap noir.

Le comte de Horn suivi bien-tost après, qui fut depesché de mesmes. 11 ne fit point de si belles prières, que le comte d’Egmont; il ne pria que le peuple de prier Dieu pour luy. Leurs testes furent posées sur des bassins, et demeurèrent en spectacle l’espace de deux heures. Brantôme (1527-1614).

287 bis. Exercice complémentaire. (Page 296 du Livre du Maitre.) — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en complétant selon la règle les mots en italique.

Menton

Sur les côtes tou ... [ensoleillées de la Provence, il est peu de coins aussi favorisés que la baie charmante où s’abrite Menton ; c’est un des ch... d’œuvre de la nature et il suffit d’y faire un court séjour pour comprendre à quel point les malades peuvent y retrouver. sinon la santé, du moins le calme et l’espérance, tant leurs journées de souffrance y coulent avec une facilité, une rapidité exception.... Les jardins plantés de palmiers, de jasmins, de mille fleurs aux mille nuances sont un enchantement perpétuel. Les maisons mêm... tapissées d’héliotropes, de chèvrefeuilles et de rosiers grimpants, soigneusement pourvues d'aba...-ven..., semblent un refuge contre la maladie. Le ciel et la mer bl... fonc..., les rochers blancs, les oliviers gris pâl...f tout cela se fond dans une lumière éclatante qui fait paraître douces mêm... les couleurs jctun... pâl... ou jaun... roug... des citrons et des oranges. Les peintres peuvent à bon droit y regretter les ciels doux de la Bretagne ou de la Touraine; on y voit rarement ces beaux nuages avant-cour... de la pluie ou de l’orage, ces dem... -teintes qui complètent si bien un paysage. Mais les poètes ne se sont jamais lassés de chanter la beauté des montagnes aux formes exquises, la douceur d’une température tou... équatoriale, les parfums que dégagent les bosquets de laurier... -ros..., les touffes de bruyères, les plat... -band... d’œillets et de fhym. Le témoignage des étrangers suffirait d’ailleurs à établir la, supériorité de ce coin béni : q... que soient leur âge ou leur nationalité, tous viennent chercher là un peu de santé, un peu de repos, : beaucoup ne peuvent s’en arracher et s’y font construire de charmants pic... -à-terre d’où la vue embrasse des horizons d’une beauté incomparable.

N. Dussouchet.

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