CHAPITRE IV
SYNTAXE DU PRONOM
SECTION 1
PRONOMS PERSONNELS
288. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par un pronom s’il y a lieu.
(( Nous mourrons, mais — ne sacrifierons pas à vos dieux », s’écriaient les martyrs devant leurs persécuteurs.
Lejeune chien est amusant à voir sur une route. 11 va, — vient, fait cent tours, — revient, — repart. Au bout de la course, il a fait dix fois plus de chemin que son maître.
Le chef dit à la sentinelle : « Vous resterez là, et — ne bougera pas ».
Qu’est-ce que l’homme sur la terre ? Il parait, — pleure, — rit, — disparaît. C’est sa vie.
Quand le moment viendra d’aller trouver les morts,
J’aurai vécu sans soins, et — mourrai sans remords. (La Fontaine).
L’expérience nous démontre que l’on n’a rien sans peine. Or nous n’aimons pas à travailler, et — voulons réussir.
Imitons le sage : il ne dit ni — ne fait rien qu’il puisse se reprocher.
On peut dire à la plupart des hommes : « Vous cherchez et — trouvez de bons exemples, et — ne les suivez pas ».
« Je veux et — ne veux pas », telle pourrait être la devise des gens irrésolus.
Boileau dit quelque part en parlant de la concision dans le style : J’évite d’être long et — deviens obscur.
PRONOMS PERSONNELS
Vous ne cherchez pas le malheur et — le trouvez. Vous cher chez fe bonheur et — ne le trouvez pas.
Nous pourrions éviter souvent des querelles, mais — ne le voulons pas.
289. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par l’un des pronoms moi , toi , lui, eux , soi. etc., ou mot-meme, toi-même , lui-même , etc., selon la règle.
— , des tanches! dit-il ; — , héron, que je lasse
Une si pauvre chère! et pour qui me prend-on? (La Fontaine).
Si — , vous faites votre devoir, soldats, — , je me fais fort de vous assurer la victoire.
De tous les sculpteurs qui vécurent au temps de Pierre Puget, — fut le plus grand et le moins honoré à la cour de Louis XIV.
Louis IX eut à cœur de protéger les faibles : — rendait la justice à tous sous un chêne à Vincennes.
Il faut penser plus aux autres qu’à — .
Qui saura vous venger de cet outrage? .
Pour être heureux il faut savoir regarder de plus petits que — .
Et — , qui l’amenai triomphante, adorée,
Je m’en retournerai seule, désespérée. (Racine.)
Les conquérants n’aiment pas à confier à leurs généraux le soin de remporter des victoires : — marchent à la tête de leurs armées.
Philémon et Baucis, modèles d’une longue et parfaite union, furent changés par Jupiter, — en chêne, — en tilleul.
La Fontaine nous dit en parlant de ces vieillards fortunés :
— seuls, ils composaient toute leur république.
—, mes enfants, oublier la discipline ! Que diriez-vous d’une armée qui se révolterait contre son chef. Mais — ne serez-vous pas soldats un jour?
Lorsque vous voyez un homme de cœur faire une belle action, promettez-vous d’agir comme — en pareille circonstance.
César, apercevant Brutus parmi ses assassins, 11e lui dit que ces mots : — aussi, mon fils !
SYNTAXE DU PRONOM
290. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes remplaçant chaque tiret par le, la ou les.
Nous nous tourmentons moins pour devenir heureux que pouj faire croire que nous — sommes.
Veillez sur vos pensées ; quand elles seront pures, vos actions — seront aussi. .
Il ne nous suffit pas d’admirer les apôtres de la justice, il faut que que nous — devenions nous-mêmes.
Aimer ceux qui sont bons est bien, mais prouver par nos actes que nous — sommes aussi est mieux.
La France dit à chacun de nous : « Tu cherches la gardienne des traditions de tes ancêtres, je — suis. Tu me demandes si je suis jalouse de l’honneur de mes enfants ; tu sais que je — suis. »
Quand on reçoit une remontrance méritée, il faut se — tenir pour dit une fois pour toutes.
« Êtes-vous hérétique? disaient les Anglais à Jeanne d’Arc. — Non, je ne — suis pas. — Êtes-vous cette femme qui commandait les ennemis? — Oui, certes, je — suis. »
Que d’infortunées Africaines, esclaves encore, qui pourraient dire : « Mère, je l’étais hier, je ne — suis plus : on a tué mon enfant comme un bagage inutile. »
Il faut traiter ceux qui — prennent de haut avec vous, comme ils méritent de — être, avec mépris.
La même justesse qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu’elles ne — soient pas assez pour mériter d’être lues.
Minerve fut la protectrice d’Athènes, elle — fut de Rome aussi.
Si nous sommes les vrais successeurs de nos ancêtres, et nous — sommes, nous devons travailler à la régénération de la patrie.
Les âmes d’élite seules se trouvent satisfaites d’avoir accompli le bien ; les autres ne — sont pas, mais recherchent sur-le-champ la récompense de leurs bonnes actions.
291. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par en , y, lui , eux , elle ou soi.
Les hommes de haute taille ont de tout temps été recherchés comme soldats ; les princes se sont plu à — faire leurs gardes d’honneur.
PRONOMS PERSONNELS
Quand on voit la mer calme, on — est épris; on — ferait ses plus chères délices; mais quel effroi elle inspire quand elle est en fureur.
La maison des grands hommes est toujours curieuse à examiner; on — peut découvrir les habitudes de ceux que la foule s’est habituée à considérer comme des êtres extraordinaires.
Vivre de —, pour — , rapporter tout à — , c’est la devise de l’égoïste.
Ne craignez pas d’être ardent au travail pendant votre jeunesse, vous — recueillerez les fruits plus tard.
La vertu aimable laisse après — des souvenirs exquis.
Les mauvais livres laissent après — un poison qui corrompt notre âme et altère notre goût.
Qui supposerait, en voyant le charbon, que les molécules du diamant — sont contenues.
Quand notre état ou nos fonctions nous éloignent des pauvres et des malheureux, avons-nous le soin d’ — penser pour leur porter secours?
Le sage se demande à même la cause de ses fautes : l’insensé
la demande aux autres.
La philosophie triomphe aisément des maux passés, mais les maux présents triomphent d’— .
292. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire peuvent donner lieu les phrases suivantes ?
Voulez-vous avoir grâceï faites-/a. (Malherbe, xvie siècle.)
Il y a toujours de quoi se réjouir quand nous voyons notre ami joyeux. (Id.)
Le voyant si sincère, je la suis aussi. (Sévigné.)
On ne peut être plus contente d’une personne que je la suis de vous. (Id.)
Le silence est le parti le plus sûr de celui qui se défie de soi-même* (La Rochefoucauld.)
Qu’un moment de repos me va coûter de pleurs ! (Racine.)
Par des faits glorieux tu te vas signaler. (Id.)
Je lui veux bien encore accorder cette joie. (Id.)
Quand je me fais justice, il faut qu’on se la fasse. (Id.)
11 se mouche sous son chapeau, il crache presque sur soi. (La Uruyère.)
SYNTAXE DU PRONOM
293. Exercice. — Mettre en prose les vers suivants. — Apprendre par cœur le même morceau.
Conseils des champs
Après vos sœurs et votre mère,
Enfant, au cœur tendre et soumis,
Que la nature vous soit chère :
Les champs sont vos meilleurs amis.
L’air des champs donne avec largesse Comme un autre lait maternel;
11 fait croître en âge, en sagesse,
L’enfant placé là par le ciel.
C’est la voix du monde champêtre,
L’aspect des prés verts, du lac bleu,
Qui vous feront le mieux connaître Et chérir la bonté de Dieu.
Aimez donc les bois, la fontaine,
L’étang bordé de longs roseaux,
Les petites fleurs, le grand chêne,
Tout peuplé de joyeux oiseaux.
Aimez cet arbre aux fortes branches ;
Voyez, sous son feuillage épais,
Comme l’œil bleu de ces pervenches Dans l’ombre vous sourit en paix.
Imitez les grands bras du chêne Qui lutte avec le vent du nord;
Endurcissez-vous à la peine.
C’est en luttant qu’on devient fort.
Loin de vous une enfance molle !
Du laboureur, du bûcheron,
Suivez, enfant, la rude école;
L’homme fort peut seul être bon.
Pour faire ainsi vos jours utiles Et doux à ceux que vous aimez,
Profitez des leçons fertiles
Dont les champs sont partout semés.