‹ Grammaire française complèteChapitre 95 sur 108 · Remarques particulières sur l’accord des participes · texte numérisé non relu

Remarques particulières sur l’accord des participes

332. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque firet par un des mots : coupé , vu , vu, résolu, fait , eu, entendu, vu, entendu, vu, donne , eu, vu, laissé, entendu, qu’on écrira selon la règle.

SYNTAXE Dü PARTICIPE.

I/homme est comme une rose que le tranchant de la charrue a

— et qui tombe avant la fin du jour qui l’a — naître.

Les premières lettres de noblesse datent du règne de Philippe' lü le Hardi ; depuis cette époque, que de gens on a — s’anoblir !

Les hommes faibles ou ignorants se trouvent souvent, sans s’en douter, hors de la route qu’ils avaient — de suivre. v

Télémaque prend ses armes, don précieux de la sage Minerve, qui les avait — faire par Vulcain.

Les copies que j’ai — à corriger étaient illisibles.

Que de gens légers et étourdis vous avez — dire du mal de leur pays à tort et à travers !

Ces actrices, je les ai — jouer, et je les ai même — siffler.

De jeunes serviteurs que son toit a — naitre,

Animent la maison, et bénissent leur maître. (Andrieux.)

Les sommes que vous lui aviez — à recouvrer n’ont pu compenser celles qu’il a — à payer.

Les animaux qu’on a le plus admirés sont ceux qu’on a — imiter les actions humaines.

L’occasion que vous aviez si longtemps attendue, vous l’avez — échapper.

Ne croyez jamais qu’à moitié aux offres de services que vous aurez

— faire.

333 . Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par un des mots : voulu, apporté , cherché, dû , connu , estimé , voulu , pu , pensé , assuré , lu , recommandé, fait , dû, prévu, pu, donné, vu, refusé, trouvé, dû, pu, trouvé , détruit, forgé, remporté, gagné, qu’on écrira selon la règle.

On a donné à ce malheureux tous les remèdes qu’il a — ; mais aucun ne lui a — les soulagements qu’il avait — .

Les premières notions de physique et de chimie sont — aux Arabes et à leur domination dans le midi de la France au moyen

âge.

Ne me parlez pas des sottes gens : plus j’en ai — , moins j’en ai — .

Cet enfant ayant bien travaillé, ses parents lui ont donné tous les livres qu’il a — .

Quand vous avez fait tous les efforts que vous avez — , vous êtes digne d’éloges, quoi qu’il arrive.

Vous n’avez pas tous les succès que j’avais — que vous obtiendriez.

ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ

îw

J’ai passé à gué cette rivière qu’on m’avait — être très profonde.

Des livres, j’en ai tant — que j’en suis fatigué.

Les soins qu’on m’avait — de donner à cet enfant n’ont produil aucun résultat.

Je n’ai pas trouvé le lac de Genève au-dessous de la description qu’on m’en avait — .

Vous ne m’avez jamais remis tous les pensums que vous m’avei

Alexandre, dans la conquête des Indes, rencontra plus d’obstacles qu’il n’en avait — .

J’ai en vain donné à ce paresseux tous les encouragements que j’ai — .

La Bible est vraiment le livre universel; les traductions qu’on en a — sont innombrables.

Combien en ai-je — , je dis des plus huppés,

A souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés? (Racine.)

Il m’a offert la main, que j’ai — d’accepter.

On ne m’accusera pas de m’être beaucoup occupé des critiques qu’on a — bon de diriger contre mes écrits.

Vous n’avez pas apporté à ce travail tous les soins que vous

auriez — .

J’ai lu mon épître très posément, jetant dans ma lecture toute la force et tout l’agrément que j’ai — . (Boileau.)

La crainte de faire des ingrats, ni le déplaisir d’en avoir — ne l’ont jamais empêché de faire du bien. (Fléchier.)

Vauban a fortifié plus de villes que d’autres n’en ont — .

La nature avait refusé des armes à l’homme, mais combien s’en est-il — depuis.

Autant de fois il a attaqué l’ennemi, autant de victoires il a

Autant il a engagé de batailles, autant il en a — .

334. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par un des mots : apporté, souhaité, mis, témoigné, cru, laissé, conservé ^ donné , espéré, témoigné , passé, laissé, anéanti, donné , connu souhaité, qu’on écrira selon la règle.

On ne peut trop blâmer le peu d’attention que ces élèves ont — à leur devoir.

On ne trouve pas toujours ses amis aussi bons qu’on l’aurait

SYNTAXE DU PARTICIPE

Le peu de grâce que vous avez — dans votre aumône a fait douter de votre bonté.

Le peu d’affection que vous lui avez — a abattu son courage,

La calomnie, après examen, n’est jamais aussi puissante qu’on l’avait — d’abord.

Mais pouvons-nous braver une reine en colère

Avec ce peu de gens que m’a — mon père! (Corneille.)

Le peu de vivres qu’on avait — à la fin du siège de Paris étaient vendus à des prix exorbitants.

Je garderai malgré tout un souvenir reconnaissant du peu d’assistance que vous m’avez — autrefois.

Ces enfants légers se sont montrés plus intelligents qu’on ne l’avait — .

Le peu d’affection que vous lui avez — lui a rendu son courage.

Le peu de jours que j’ai — chez vous m’ont paru très agréables.

Le peu d’habitants que la peste et la guerre ont — dans cette ville seront bientôt — par la famine.

Le peu d’explications que votre maître vous a — ne peut pas excuser votre ignorance.

En voyant cette ville, l’avez- vous trouvée aussi belle que je l’avais — jadis? Je crains qu’avec le mauvais temps elle ne vous ait p^ru moins agréable que je l’aurais — .

335. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les phrases suivantes ?

La nature nous a fait capables d’instruction. (Malherbe, xvi® siècle.)

C’est trop demeuré sur un si maigre sujet, (Id.)

Ceux qu’une bonace continuelle a laissé languir en oisiveté. (Id.)

J’avais de point en point Y entreprise tramée. (Corneille.)

J’ai leur crédulité sous ces habits trompée. (Id.)

Cette heureuse nouvelle a mon âme ravie. (Id.)

Ces tristes vêtements où je lis mon malheur

Sont les premiers effets qu’ait produit sa valeur. (Id.)

Il a voulu lui-même apaiser les débats

Qu’avec nos citoyens ont eu quelques soldats. (Id.)

Les mêmes choses qu’il lui avait dit à Bourg. (La Rochefoucauld.)

Que de soins m’eût coûtés cette tête charmante ! (Racine.)

Les a-t-on vu souvent se parler, se chercher? (Id.)

Votre père et les rois qui vous ont devancés,

Sitôt qu’ils y montoient s’en sont vu renversés. (Id.)

accord du participe passé.

Les hommes oublient les biens qu’ils ont reçu. (Ici.)

... Le jeune Agrippa de son sang descendu,

Se vit exclu du rang vainement prétendu. (Id.)

C’est ainsi que la Providence nous a laissé tomber. (Sévigné.) Mandez-moi bien quelle réception vous aura fait cette belle reine de Suède. (Ici.)

336 . Exercice. — Mettre en prose les vers suivants. — Apprendre par cœur le même morceau.

La fleur

Fleur mourante et solitaire, Qui fus l’honneur du vallon, Tes débris jonchent la terre, Dispersés par l’aquilon.

La même faux nous moissonne, flous cédons au même dieu :

Une feuille t’abandonne,

Un plaisir nous dit adieu.

Chaque jour le temps nous vole Un goût, une passion;

Et chaque instant qui s’envole Emporte une illusion.

L’homme perdant sa chimère,

Se demande avec douleur :

Quelle est la plus éphémère, -

De la vie ou de la fleur? Millevoye.

337. Exercice. — 1° Lire le morceau suivant en indiquant les changements d’orthographe survenus depuis le xvie siècle. — 2° Copier le même morceau en le transcrivant avec l’orthographe moderne.

La sagesse des fous

J’ai souvent ouï en proverbe vulgaire, qu’un fol enseigne bien un sage. Puisque par es réponses des sages n’estes à plain satisfaict, conseillez-vous à quelque fol : pourra estre que, ce faisant, plus à votre gré serez satisfait, et content.

A Paris, en la rostisserie du petit Chastelet, au devant de l’ouvroir d’un rostisseur, un faquin mangeoit son pain à la fumée du

SYNTAXE DU PARTICIPE

rost, et le trouvoit ains parfumé, grandement savoureux. Le rosti seur le laissoit faire. Enfin, quand tout le pain fut baufré, le rostisseur happe le faquin au collet, et vouloit qu’il lui payast la fumée de son rost. Le faquin disoit en rien n’avoir ses viandes endommagé, rien n’avoir du sien prins, en rien lui estre débiteur. La fumée dont estoit question évaporoit par dehors: ainsi comme ainsi se perdoit elle; jamais n’avoit esté ouï que dans Paris, on eust vendu fumée de rost en rue. Le rostisseur répliquoit, que de fumée de son rost n’estoit tenu de nourrir les faquins, et renioit, en cas qu’il ne le payast, qu’il lui osteroit ses crochets. Le faquin tire son tribart et se mettoit en défense.

L’altercation fut grande : le badault peuple de Paris accourut au débat de toutes parts. Là se trouva à propos Seigni Joan, le fol, citadin de Paris. L’ayant apperçeu, le rostisseur demanda au faquin : (T Veulx-tu sus notre différent croire ce noble Seigni Joan? — Oui, par la sambieu, » respondit le faquin. Àdoncque Seigni Joan, après avoir leur discord entendeu, commanda au faquin qu’il lui tirast de son bauldrier quelque pièce d’argent. Le faquin lui mist en main un tournois Philippus. Seigni Joan le print et le mist sur son épaule gauche, comme explorant s’il estoit de poids; puis le timpoit sus la paulme de sa main gauche, comme pour entendre s’il estoit de bon alloi ; puis le posa sur la prunelle de son œil droict, comme pour voir s’il estoit bien marqué. Tout ce fut faict en grand silence de tout ie badault peuple, en ferme attente du rostisseur et désespoir du faquin. Enfin le feit sus l’ouvroir sonner par plusieurs fois. Puis, en majesté présidentale, tenant sa marotte au poing, comme si fust un sceptre, et affublant en teste son chaperon de martres singeresses à aureilles de papier fraisé à points d’orgues, toussant préalablement deux ou trois bonnes fois, dist a haulte voix : « La cour vous dict que le faquin qui ha son pain mangé à la fumée du rost, civilement ha payé le rostisseur au son de son argent. Ordonne la dicte cour, que chaseun se retire en sa chascunière, sans despens, et pour cause. » Cesfe sentence du fol parisien tant ha semblé équitable, voire admirable, aux docteurs susdicts, qu’ils font doubte, en cas que la matière eust esté au parlement dudict lieu, voire certes entre les aréopagites, décidée, si plus juridiquement eust esté par eux sententié. Pourtant, advisez si conseil voulez d’un fol prendre. Rabelais (1485-1555).

338. Exercice. — Copier les vers suivants en les transcrivant avec l’orthographe actuelle.

ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ

Conseils à un jeune roi

Sire, ce n’est pas tout que cTestre roi de France,

Il faut que les vertus honorent vostre enfance.

Un roi, sans leur bienfait, porte le sceptre en vain; il ne lui sert sinon d’un fardeau dans la main.

Il ne doit seulement -sçavoir l’art de la guerre,

De garder les cités, ou les ruer par terre.

Connoissez l’honneste homme humblement revestu.

Et discernez le vice, imilant la vertu.

Puis sondez vostre cœur, pour son mérite accroistre;

J1 faut, dit Apollon, soi-mesme se connoistre; -v Celui qui se connoist est seul maistre de soi,

Et sans avoir royaume il est vraiment un roi.

Commencez donc ainsi; puis sitost que par Page Vous serez homme fait de corps et de courage,

11 faudra de vous mesme apprendre à commander,

Approcher vos sujets, les voir et demander,

Les connoistre par non, et leur faire justice,

Honorer les vertus, et corriger le vice.

Malheureux sont les rois qui fondent leur appui Sur l’aide d’un commis qui, par les yeux d’autrui Voyant l’état du peuple, entendent par l’oreille D’un ilatteur mensonger à leur conter merveille.

Ronsard (1524-1585).

338 bis. Exercice complémentaire. (Page 402 du Livre du Maître.) — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant, puis rétablir les vers qui sont de 12 syllabes et à rimes suivies.

L’aurore

La nue était d’or pâle; et, d’un ciel frais et doux, d’étroits rayons filtraient à travers les feuillages, sur les bambous jaunes, sur les safran s sauvages, sur les rosiers épais et la mousse gonflée. Un léger arôme de fleur et d’herbe montait; dans l’air subtil flottait un murmure infini : chœur des esprits cachés, âmes de toutes choses, qui font s’entr’ouvrir les roses et chanter la source; aux pentes des ravines errait la brume bleue; et les blonds sénégalis, lissant leurs fines ailes de leurs becs pourprés, s’éveillaient par milliers dans les gérofliers, trempés d’une eau pure. Sereine était la mer, et sur la houle claire l’aube vive dardait sa flèche de lumière, dans l’air éblouissant la montagne nageait avec ses verts coteaux de maïs mûrissant, et ses cônes d’azur, et ses forêts bercées aux brises du matin élancées sur les flots ; et File souriait et chantait aux baisers du soleil, lasse du sommeil et rougissante.

D’après Leconte de Lisle.

’ÏVERf . ?ÜR LA (JR A MM. CWflPL.

Page 1