OBSERVATIONS
SUR l'orthographe.
A troisième personne du singulier du verbe avoir ne prend pas d accent grave, niais à prépositioii en prend un :
Votre oncle a vendu sa terre.
J'irai demain à la campagne.
Cent y cenls j quatre^ingt y quatre^ingts.
Cent et quatre^^ingt suivis d'un substantif , et prëcëdës d'un nom de nombre, prennent un e\ mais suivis d'un nom de nombre, ils ne prennent point de s.
Deux cents francs, quatre-vingts personnes.
Trois cent^douze tonneaux, quatre-vingt-douze soldats.
Cent un, vingt et un.
On doit ëcrire cent un\ mais il faut écrire vingt et un, vingt et unième, trente un, trente et uniente^ etc*
N*. B. Vingt et un, trente et un, etc. , veulent le substantif au pluriel : vingt et un che\>aux , trente et un hommes ,' tic.
Emploi des pr^ositions de et des pour de les.
On met la préposition de avant Tadjectif , quand le nom n'est pas pris dans un sens déterminé^ ou quand il est pris dans un sens partitif.
Ce sont de bonnes gens..
J*ai de bons oui^rages dans ma bibliothèque (q^elques bons ouvrages).
On emploie des avant un substantif^ quand le nom est pris dans un sens détermine :
JTai acheté des *Dàses précieux ^ des bouquets de ^ roses j de jasmin.
De régit le substantif au pluriel , quand oii peut ajouter après de les mots deux^ plusieurs^ ôer^ tains y quelques y différens ; mais de régit le substantif au singulier, quand on peut ajouter après de les mots en général , quelconque :
Un bouquet d' œillets , de jonquilles , de renon-* cules; c'est*-à-dire composé de plusieurs œillets y de plusieurs jonquilles ^ de plusieurs renoncules. Un pot de réséda ^ J^Âe7/o/ro/?e' (quelconque). Un bouquet de fleurs d'oranger ^ et non pas de Jleur d'orange , parce que les fleui^s ne proviennent pas de l'orange , mais de Toranger.
On dit : de lafleurdefrainery dépêcher ^ d'àbricotier^ de cerisier^ de framboisier ; on doit donc dire: du ratafia de fleurs d'oranger y et non pas du ratafia à la fleur d'orange,
DèSy des.
Dès suivi d'un article prend un accent grave ^ mais suivi dW substantif, il n'en prend point. Dès le matin vous avez des fantaisies.
94 GRAMV^AmV nUAtfÇAISE
Dâ participe passé du verbe devoir^ ne prend dWent circi3nfleîte qu^au âiugulier mascuiin, àfiq de 1^ distinguer de du article.
Il m'est du six cents francs.
J'ai du |iUisir à voi^s voir.
Des éloges vous sont du^.
p.^ iQuapge* wuB sont Aii^f.
Puranij pendant.
, Durant marque unç durée continue.
Nous avons eu de la pluie durant tout Fau-
tomne.
Pendant inar<jue un lemp^ d'ëpoque, pi npn une continuité sans interruption :
Ijeaenneinis sç wm cs^nUiimê? pm4^fit Vb».v«f, ( une partiç dç l'%PP)-.
Pemi, de/^icy mirpieâsi y pi^i nm -t m-tôte , t4te. nu^y ci-jp^n-t* cirpiniç , eirmcm, Çf' incluse.
Ces adjeciife places aya^it le subst|iitif sqnt invariables et ils en sont séparéi* par un irîiit «l'\ïm,Qai mais places après le substantif, ik f p pfeï\p,çRt le genre et le nombre, excepld </e/»i, qui n'en prend que le genre :
Une demi-heure suffisait pour cet ouvrage, vous y ayez employa «Pe benre et demi^.
Ces enfents vpnî nu-pi^ , nUrtétek la promfifr nade, et ils e^ revi§n«99« pi^^f nus, U têle nue.
Vous trouverez ci-joifit^ ci^olu^ deux lettres pour votre oncle.
Vow troijyerçz 4?^ns Jes paque.t& çirfomtSf ci" inclus , des boucles d^ôreilles^ pour votre nièce.
Gel adjectif n'a pas de pluriel; placi^ avoiut Var-
tlcW QU le pronom, il est, invariable ^ mais place
après , il en prend le genre :
Feu ma mère,^^^ la reine ;
Msi/eue ntère^ hjeue reine.
♦ ' ' «il»
Là adverbe de lieu , ou joint à un substantif, ou à tiu pronom déieonstratif, prend un accent grave; mais la article ou pronom conjonctif, xiçjv prend
poinv
Passez par la , ces personnes^là , ceux ou
ç^lfesr-ià. , , . ' .
La personne que vous attendez est là ^ je vais yçu» /<f pf ës^nter. ^
Je le suis ^, je ta suis^ nous: le sommée ^ nous les
sommes.
Le tenant la place d'un substantif ou d'un pronona possessif, en prend le genre et le noiîibi*e ; mais remplaçant un adjectif ou un verbe , étant' Jirécédé d'un substantif pris adjectivement, ou d'une phrase conditionnelle , il est invariable..
Madai9tie, êtes-ryous la propriétaire de* eette* maison ? Oui j j'e la suis. • ^
j^adail^^) étes-vous propriétaire de ceHe knaison? Oui j Je le suis.
g6 GRAlitBifAIRS PBANÇAISE
.Mesdames , étes-vous les propriëtaires de ces fermes? Oui, nouMes sommes.
Mesdames , étes-vous propriétaires de ces fermes? Oui^ nous le sommes.
Mesdemoiselles, êtes- vous contentes^ dëlassëes, enrhumées ? Oui , nous le sommes.
Madame, ^tes-vous ma parente ? Om^fe la suis.
Mesdames, sommes-nous parentes? INI on, nous ne le somme» pas.
Madame, seriez-TOus femme à entreprendre ce voyage ? Oui, je le serais (disposée à).
Ces personnes ne sont pas aussi riches que je le croyais (qu'elles étaient).
Monsieur, on vous rendn justice ^ et on ne tardera pas à vous le rendre.
Ma fille je vous fais grâce, quoique vous lie le méritiez poiut.
Les nM)ts justice y grâce y sont pris adjectivement.
Mademoiselle , si vous étiez ma fille , je vous donnerais une brillante éducation.
La jeune personne devrait répondre : mais je ne le suis pas , c est-à-dire , je ne suis pas ce que vous dites , ce que vous supposez.
Notre ^ nôtre y votre y vôtre.
Notre et votre suivis d'un substantif, ne prennent jamais d'accent circonflexe ; mais précédés d'un . des articles le , la y les , etc. , ils en prennent un :
Mesdames , est ce là votre maison ? ' Oui , c^est la nôtre.
Messieurs , sont-^e là vos enfans ? Oui y ce sont les nôtres.
DÉAlQKSTRATITB. 97
Même y mêmes.
Même signifiant aussi j encore y est invariable; mais ne le signifiant pas , il est adjeelif ; il prend le genre et le nombre du substantif^ et il en est sépare par un trait d'union :
Noua avons vendu notre maison y nos voitures même.
Vos amis sont venus eux-mêmes j et ils sont même venus à pied.
MU y mille y milles.
Ecrivez mil pour la date des années ^ mille pour compter , et mille avec un ^ ^ loi^qu'il signifie une étendue de chemin ; il est alors substantif :
L'an mil sept cent quarante^ jVtais en Italie.
Votre oncle a quatre mille francs de rente.
J'ai parcouru plusieurs m/Z/e^ autour de Paris.
Ouj oii.
Ou conjonction, signifiant ou bien^ ne prend point d'accent grave ; mais adverbe de lieu , ou si^ ^niÇiani dans lequel , dans laquelle j etc., il en prend un :
C'est lui ou moi. Prends l'un ou l'autre.
Ô2^ irez-vous demain ?
L'embarras oii vous me mettez , c'est-à-dire dans lequel vous me mettez.
Ce, se*
Ce suivi d^un substantifs de qui, ou de que ^ ou placé après le verbe éire , prend toujours pour kttre initiale c; (il est pronom démonstratif.)
98 GRAMltAlllIi ftikSÇAlSE
Mais avant un verbe ^ il prèftd pour lettre initiale s; ( il est pronom con]onctif. )
Ce fcune homme 6e ttotive nvttntageusement placé ^ ce qui me J ait beauôbup deplnisiK
Ce que ifous dites là est tntéressant.
Esi-ce lui , ou elle ? SontH^e eux ^ ou Mes ? F.tait-ce lui^ ou ellel Etaient^e eux , ou eUesl Fut-ce lui y ou elle ? Fut-ce eux , oa elles! Sera-' ûe lui y ou elle ? Seront ^ce eux , ou ellee? Seraitr ce lui , ou elle ? Seraient^ce eux y ou elles ?
CeSf ses.
Ces a pour lettre initiale û quatrâ bH dësigfaci les objets, et Si quand on iildi(|tié la propriëtë d^titie personne ou d une chose :
Ces personnes^là sont tettûétl^^s.
Votre iièvéu à Vfeûdu ses livres.
Oest, s'est.
Ce placé avant le vetbe être a ptmt lettre initiale c^ c}uand le verbe être n*e9t point précédé dun substantifs ou d'un des pronoms personnels , on y il ^ ou elle y ils^ dti elles; mais il â pour lettre initiale s y quand il en est précédé :
C'est moi qui lut ai conseillé de prendre ce parti.
Votre cousin s^ est flatté de réussir.
On 5 il, ou elle s'est emplojrée pour vous.
Ils, tfu. ùlles Se sont ^^endues aie rendez^ous.
Leur y leurré
Leur pldcë avant ou après le verbe é&t pt*ond)]i conjonctif, et ne prend point de sj maî$ prëi^ëdé des articles : Les y desj aux^ ou suivi d'un substantif ptutiû I il èii prend un ; ( il e^ pronom possessif. )
DôâneJB^él^î^ bë que ^doÈ leur atei promis.
Ce soiit ies ietiPSi Se feérâi iîei leurs. C'est aux leurs que je m'adresse.
Ces messieurs pHrtnt teUPà gtzMs et leur chapeau j puis Us s'en aUèf^rit ckacUfi à leUH ûffoires.
Il faut écrire leur chapeau au singulier , p*ârce que èes Bi^sî^ars ri ont ënàcun qu'Un chsipèï^u.
Soi.
Soi ne s'emploie qu'au singulier, ou avec le pronom général ow, ou avec un pronom indéfini^ ou avè(5 Un noiii dé chose inanimée :
On lie doit jamais parler avantageusement de soi.
Chacun travaille pt)ur soi.
Là vertu 'est àttnable de soi.
L'aimant attire le fer à soi.
Emploi de son ^ èk^ Ses , leur , leurs , en.
On se sétt de son , àd j seà ^ teùr, leurs devant les cht)âë6 inonifiiées , quand tes prononis sont régis par le même verbe , et que le nom de cette chose inanîiiiée se trouve exprimé daiis la même proposition. Mais quand ces pronoms ne sont pas régis
lOO GRAHMAIBS PRANÇAISE ;^
par le même verbe, ou que le nom de la chose manimée ne se trouve pas exprime dans la même proposition, on se sert de en, au lieu de son , sa y ses^ leur y leurs.
Cet abricotier a perdu ses feuilles.
Les arbres portent leurs fruits , chacun dans leur saison^
A Florence^ les palais sont magnifiques. On en admire V architecture \ la grandeur et la ri^ chesse.
On se sert des pronoms son^ suj seSj quoiqu'ayant rapport à un nom de chose inanimée, lorsque ces pronoms sont précèdes d'une préposition.
La ville de Ljron est beUe ^ f admire la richesse de ses manufactures.
Quand^ quant.
Quand signifiant lorsque^ a pour lettre finale un d; mais signifiant à Végard de ^ par rapport à, ce mot a pour lettre finale un ^
Quand vous viendrez, nous parlerons de votre affaire; mais quant à celle de voire voisin, jq ne m'en mêlerai point.
Sur y sûr.
Sûr signifiant certain^ assuré, prend un accent circonflexe; mais ne le signifiant pas , il n'en prend point :
Je suis sur que le vin qui est sur la table est ^Mr (aigre ) .
PÉMONSTRATITE. lOI
Presque^ entre.
Presque et entre n'admettent l'apostrophe que lorsqu'ils servent à composer un mot ; mais hors de là , il faut conserver \e muet :
Entr^acte , presquCile.
Entre elle centre eux. . - ^ .
Un de ceux qui ait , ou qui aient.
Un de sjuivi d'un substantif ou d'un 'pronom démonstratif , et d'un qui relatif/ vent le verbe au pluriel :
Le bon emploi du temps est une des choses qui contribuent le plus à notre bonheur.
Ce jeune élève est un de ceux qui se sont le plus disiingués.
Q^:et c'est dans la même phrase.
Ce que je désire , âest que vous réussissiez.
Il est des auteurs qui écrivent : Ce que je désire est que vous réussissiez. Ils pèchent contre l'élégance et contre l'euphonie qui veut c*esi.
On doit écrire :
La première pensée qui m'est venue, c^est et non pas est que vous réussissiez.
Emploi de c^i.
Qui précédé d'une des prépositions de^ à, par^ ne s'emploie que pour les personnes et non pour les choses :
La personne à qui f ai remis votre lettre.
La science à laquelle je me li\^re.
lOa GRAkMÂiltX FRANÇAISE
En poésie f on peut déroger à celte règle , parce qne l'expression acquiert plua de nerf et plus de précision :
Je pardome & U mais pv qni Dteu vi'i (Hppé-
X VoLTiiâs. )
iV. B, 10. Le ^uî relatif sujet ne doit jamab être séparé du subslabûf auquel il se rapporte : Ainsi on ne doit point imiter cet exemple de Beileau qui a dit :
Et, d*un bru , A cea mMs j ;m' peut IDùt ébrAidel- ; Lui-mime en ae eourbuit •'■ppi4te à là rcroler*
Boilcau pouvait dire :
A ces mots d'une mdii qui pttit teùl Abràdler, Luî-tefimef etc.
2». On doit employer lequel , laquelle , etc. , de préférence à qui j lorsque fceltri-ci iftil amjthibologie ; c'est-à-dire , quand il présente deux sens différens; ainsi il ne faut ptli dite :
La sœur dé mon itiAi qtù Vient i^arnvei:
he qui relatif potttant se rapporter au mot sœut\, ou au substiuntif dfnf ^ on nesaitatl juste de qui l'on ■veut parler; alors , pour ôier toute équivoque, il feut se iervir de laquelle , et dire :
La sœur de mon ami j laquelle vient d'arriver. -i". Le substantif précédé d'une préposition récliimc le que conjodCtif.
On ne doit pas dire ; C'est une chfjse agréable à Dieu de se vouer aU soulagement des fttalheureujc ; ,
Hais ou doit dire : Cest une chose agréable A Dieu , que de se Vùuer au iolilagement des 'tnalheurcu.v.
^ bÉBlOiSSTRAtlVï:. îo5
Indication des cas oii tes pronoms relatifs qui , , que, quel, oU quels régissent le subjonctif.
Ces pronoms r^gisseht le bi3d7Janclif^ qnàftd ils sont prëoëdés des silperlatiis le plus^ ta pltts^ léi plus ) le meiUeUr^ les meiUeuts; des adjectifs Md^ aucun , seul , unique , ou dW substantif qui àtt Uû sens négatif,
Comme , personne , rien^ peui
G est VhommB ie piuâ pt^bè que/àtè vôhnu.
Le nieillÉUr Oiàgè qtie tùri, puisse Jàire de ses Hdhéssei.
Il est pëii de personnes qui soient contentes de leur sort.
ïl h^ësl fiéfi qui nuise plus à ta santé qy^e les plaisirs.
De toutes les personnes que foi invitées^ ^àus êtes la seiUe qui soit ^enuè , etù.
Mùti qilt VéUléni ûè après tint.
Les mots suivau^^ tedletit ne aprèâ que :
Plus y fndihi , friieujt; 9 autrement^ meilleur^ tnoindhe^pif^e, autre ^ empêcher^ craindre^ avoir peur^ appréhender^ prendre garde, de crainte quCj de peur que:
Vous êtes tout autre que je ne croyais.
Ûette tuile ht* a coûté tnoinsquejc ne vpHj 'at-tëndaiSi
Vous avez peur que je ne vous envoie point chercher.
1o4 GRAMMAIRE FRANÇAIS»^
Remarques sur les adjectifs et sur les verbes qui gouvernent différens régimes.
Ijorsque , dans une phrase, il se rencontre deux adjectifs ou deux verbes qui gouvernent un rëgime différent, il faut partager la phrase en deux mem-^ bres , et se servir du pronom relatif en pour le second.
Le Maréchal d^Hocquincourt attaqua etse renr dit maure d^ Angers.
Cette phrase n'est point exacte , parce que les deux verbes ont chacun un régime différent ; attaqua a un régime direct, et se rendre^ un régime indirect; il faut construire la phrase de cette manière :
Le Maréchal d Hocquincourt attaqua Angers , et s^en rendit maître.
Accord de Vûdfectif, du pronom et du verbe avec des substantijs de divers genres*
Quand Tadjectif^ le pronom et le verbe se rap-
{ sortent à plusieurs substantifs de' divers genres , on es met au pluriel et au masculin :
Les bœufs mugissons ^ et les brebis bêlantes ver noient enfouie; ils ne pouvaient trouver assez d'étables pour être mis à couvert (Fénélon).
Exception.
Quand l'adjectif est immédiatement après deux subsianti& de choses, il s'accorde en genre et en nombre avec le dernier.
Cet orateur déclame avec un feu et une aisance étonnante.
BIÎMONSTAATIVË. Io5
Placement du régime.
Qaand les r^imes sont de la même longueur, le r^ime direct se place avant le régime indirect; mais
3uand le régime indirect est plus court que le régime irect , rindirect se place avant le direct.
, Votre mère a donné une montre à sa cousine, yotremèrea donné à sa cousine une montre enrichie.de diatnans.
Répétition des prépositions.
' Oa dait répéter les prépositions avant les mot& qui signifient aes choses tout-à-fait différentes; mais on ne les répète pas avant les mots qui signifient apeu-près la même chose.
Caroline se fait chérir de tout le monde par son amabilité, par ses grâces , p^r son enjouement, par sa douceur, par ses manières prévenantes ^ et par son vif empressement à secourir les malheu-^ reux.
M. de Turenne ne passa pas ses Jeunes années dans la mollesse et la voluptés
Je suis venu pour vous inviter à dîner ^ et pour vous prier de vouloir bien pincer la harpe à mon concert.
Hmploi des prépositions dessus, dessous, dedans, ^ dehors.
^ Ces mots sont souvent adverbes , et s'emploient sans régime. ,
Est-il dessus? Est-il dessous? Est-il dedans? Estait dehors ?
10^ GRABJMAIPB jfl^AîîÇ^ISB
Rome est dessous vos lois par le droit de la guerre.
( COBNEILLE. )
11 fallait sous vos lois.
l^ayharrauc dit dans soiï £i«ii«iix M>nne€ :
JVidote «a périssant la raison qui tVigrit^ M^s dessus quel endroit tombera ton tonneyre^t Qui ne soit tout couyert du sang de Jésus-Christ.
Il fbllaît sur quel endroit ^ etc.
N. B. Dessus^ dessous j dehops^ dedans ont un régime , i^ quand on met ensemble plusieurs de ces mots , et qu'g^ ^^e piçt \^ i|o^ qi;iVpvè& h dernier.
Jly a des animaux dessous et dessus la terre.
Le mquchoir n'est rii^^fc^s ui (fe^om hQ9^ mode.
2^. Quand ils çont prçfiç4és d'u^e; pç^sitÂoR, comme de, au , par.
Les impies seront refrgnché^ de dessus Içk teçre.
Il passa par dedqi^s Iç^ viUe*
Un service au-dessMe (fe içi^t^ récQi&pffn^e.
Emploi des conjonctions et et hf.
On emploie la conjonction et dans les phrases affirmatives , et la conjonction ni dans les phrases négatives.
Boileaa, en parlant du sonnet , dit qu'Apollon
Défendit qu^un yers faible y pût jamais entrer , Ni q^u'un ç^ot 4p|^ rni^ ôsax a*y r^ncQç^^^r-,
Tl fallait et qu'un mot, etc. , parce que la phrase est a$rm£^tiye.
Je ne connais point Ahnànzor et Van\our.
Il fallait ni Vamour, etc., narce que la phrase est négative.
3UR 1.1:3 DIVERSES. ACp^PXIpJJ^a I?^ MflT* ftP LA
XANGUE FRANÇAISE.
Avoir fair de , paraître être.
Avoir Vair ne s'emploie que pour les personnes , pj i^p^it i'fidjeçtîf au masculia :
Cette dame a T air doux , gracieux^ prévenant ^ çojtteatf ia£mu/eiG.
Paraître être ne s'emploie que pour les choses
Çe^ )\r?A%ves par^iiss&nt être bien rraiches. Ce gigot parait étpe hi^a tendre*
Aller promener y aller se promener.
W feut dire aller se promener y prirce qi^'p^ V^^ peut employer un verbe; actif, sans'ltpi ^ajinier un régime.
On dit bien (dler promener sa femme , ses, enfans ; mais promener est ici verbe actif, il doit donc avoir un régime.
5a Majesté^ son Altesse j^^ son JEoççelf^nçe , §on
Snùnence est maître ou maîtresse de,
Les sentimens sont ^^jt^^gés; içfl\^ $^|on. Iç père Boubours , il faut dire :
S^a Majesté est i^aître dç ^a Fr^nçliçrConiité, comme nous disons :
«9a Majesté est le père de son pa^ple.
lo8 GRAMMAIRE FRANÇAISE
Toui'^'Coap , tout d'un coup.
Tout d'un coup signifié d'une fois , d'un seul trait :
J'ai avalé ma médecine tout d'un coup ( d'un seul trait).
Tout'd-^oup signifie soudainement , inopiné^ ment :
Vous avez disparu /o2^f-à-f?oi//7 ( inopinément ).
Tirai demain chez vous sur les midi.
Il faut écrire : vers midi. Il n'y a pas plusieurs midi.
Cette jeune personne danse des mieux , chante des mieux.
Il faut dire : danse fort bien, chante admirablement^ parce qu'il n'y a pas de comparaison.
Plus y davantage*
On ne doit point écrire : Je ne vous dois pas do' vantage que cent francs ; mais je ne vous dois pas plus que cent francs.
Davantage termine la phrase.
Je ne vous dois rien davantage»
Mène^rriy y menez-m'y.
On doit dire : mènes-y moi, menez-y moi, et non pas mène-m'y , menèz-^m'y.
Il faut que le mot j^ soit mis entre le verbe et le pronom personnel moi.
Remarquez que le y ne se met à la fin , que dans menez^nous. y, fiez^vous y, et non pas menez-y nous jf fiez-y vous.
C^esl là oîiy c*€st à vous à qui^ c'est de vous
. dont on nî^ a parlé.
Oa ne doU jamais^ employer dé suite dans la même phrase deux régimes semblables; le second se remplace par le mot que.
Est-ce là que demeure ? et non pas ùà demeure.
C'est de vous que Ton nva parie 9 et non pas dont on m*a parlé.
Cest à vous, mon esprit , à qui je veux parler.
( ÉOILEAU. )
11 fallait dire : c*est à vous , mon esprit ^^ que je veux parler.
Prier de diner, prier à dîner ^ inviter à dinen
Quand on prie de dîner ^ c'egl sans cérémonie. ' Quand on prie à dîner , Tapprét ne doit être qu'un meilleur ordinaire.
Quand on in'viîe à dîner ^ Tapprêt doit Sentir la cérémonie.
Ce qui te platty ce qu'il te plait.
Ce qid te plaît ^ signifie : ce qui t^est agréable^ Ce quil te plaît ^ signifie : ce que tu désires* Je ne fais pas toujours ce qid me plaît ( ce qui m'est agréable).
Je fais toujours ce quil me plaît (ce que je veux).
Entendre raillerie y entendre la raillerie. Entendre plaisanterie ^ entendre la plaisanterie.
Entendre raillerie y entendre plaisanterie y c'est souflrir la raillerie et la plaisanterie sans se fâcher.
IIQ GHAMMAIH^ mAMÇÀ-ISB
Entendre la raillerie, la plaisanterie^ c'est avoir Féspril d^ lyién- railler^ Se bieiî plaisanler.
Demander excuse, pardon.
Oit demande pardon, et on fait des excuses • Eviter, épargner la peine.
Oh évite les périls y les écueilsj les dangers^ et on épargne la peine aux personnes.
Observer, faire observer.
On observe les personnes, le cours des astres. On fait observer aux personnes.
Je fais observer à M- le président , qu'il se Irompe.
Imposer \ en imposer.
Imposer actif, signifie, commander le respect , l'attention y il prend un régime.
vCet orateur m'impose par son éloquence.
Imposer neutre, est précédé de en; il signifie tromper, mentir y induire en erreur, inspirer de
la crainte.
Vous avez beau faire , vous ne m'en imposerez
point.
Ce criminel en impose à ses juges.
Conséquent, important, considérable.
Conséquent signifie, qui raisonne^ qui agit con^ séquemment :
- Cet hoaime est conséquent dans ses discours
etdans sa conduite.
Important y considérable n^ ont rapport qu'aux
choses:
Ce nëgocî^pt /ait un commence, considérable.
Enseigner, montrer, apprendre.
On enseigne les sciences ^ la géographie, Vhisloîre^
On montre les arts : la peinture , la graç^ure y le de:isih.
On apprend soi-même : V italien , ranglais.
y ai lu sur le Moniteur.
On doit écrire : fui lu dans le Moniteur ^ parce que ce n*est pas sur un papier y mais dans un papier qu^on lit.
Fous avez, Fart d^ aimer.
Il faut dire : vous avez Vart de vous faire aimer; aimer n^est point un art y mais une (^ction y un sentiment.
Pardonnable, ejcemabie.
Pardonnable se dit des cbosesf : cette faute est pardonnable.
Excusable se dit des personnes : voire nièce n'est point excusable.
La semaine passée, /allai, je fus.
On doit écrire: la semaine passée y /allai y parce qifon se déplace.
On doit écrire : Je fus hier enchanté de vdus voir, parce qu'on marque Tétat actuel de la chose.
On ne doit donc jamais laisser Toption d écrire : hier /allai ou je fus. Puisque le verbe aller a
lia GRAMMAII^fi FfTATrÇAISl
le prétérit déiiuî , potirqubi y swbsthucr le verbe êiiv^ e\ confondra le déplacemébt avec rëfal actuel de la personne ou de la chose?
. Rappeler^ /en rappeler, n en pas finir.
On doit dire : /e me le y je me la, ou je me les rappelle y patxe qiCon se rappelle les personnes ou les choses, et qu'on ne se rappelle pas d'elles.
On doit dire aussi :
On né finirait point, et non pas on nen finirait pointy parce qu^on finit les choses, et qu'on ue^fini^pas d'elles.
Pas, point.
Pas nie la chose en partie, ou avec modification.
Pour Fordinaire, il ny a pas beaucoup d'argent chez les gens dé lettres.
Point nie absolument et sans réserve :
11 n'y a point de ressource dans une personne qui n'a point d'esprit.
Pas ne se joint jamais avec rien.
On ne. veut pas rien faire ici qai vous déplaise.
( Plaideurs» )
Il fallait dire : on ne veut rien faire ici qui vous déplaise. f
Saigner au bras, au pied, à la jugulaire. Soi* gner du bras, du pied, du nez, de la joue y du doigt, etc.
On saigne au bras^ au pied, à la jugulaire, quand c'esl le chirurgien qui saigne; le verbe est actif. . .
UÉ^ON^TRATIVE. ^ :Iï5
OnfaigHf du.bmsy cliÀ ifHfid y du nez y de la yo^^, quand le sang coule naturellemenl^ atupav quciqne acci4eq( ; le verbe eslneatre.
On dit |)rovei bialenient el (igurénient :
Saigner du nez , pour dire manquer de parole , de résolution , de courage.
Talma et Fleur j sont des artistes célèbres.
On doit dire : Talma et Fleury son^ des acteurs Q\x de^ comédiens célèbres. * ^ ^'» \:.\,
On ne dok qualifier du titre d^artisfe qM celui qui travaille dans un art m3Ù te gën^te et là main doivent concourir ( Académie}: "» .^'SV<
Vis-à-vis dfi^,^\f^ardf enve/sv> «^nW*
yis-a-vis de s'emploie pourMes rapports phjr«^ siqucs.^et.quand'il y ji opposilio.n ; mais vx ^'%^'^>. enifers , s'emploient pqur les' personne^. . . ..
Mêliez- vous vis^à^vis de mol.
J'^i l>i^n. des torts à iroire égard oh envct^ v(^us.
Suivre V exemple i inUter Veoéèmph^J H
On suit Ve^empie- i^une pfifjSQitMie ^ ef<M in%ite une exemple d^ écriture. / -. /oh"»
Suivez l'exemple de Julie y elle est sage et "vcriueusè. ... ; ,\.
J mitez cette exemple , ce, modèle et éf ri turc.
Prêt à 9 prèS' de.
Prêt veut à > iq^andil signifie diâpoaé à fpara^
Je suis prêt ià f.^m tout ce que >vou$ doalrqrea ( (^spo^ à faille ). i^ .' ' : -" *-■ ^i
Il4 CRAMMAIBE FliAHÇAlSE
< Près veut de^ signifiaol sur le point de r/Vr//x jamj.
Votre éçoQM eêlprès d flccoacher ( Mr ie polot d'accoucher )•
Près de, €mprès de.
Près de exprime une idée de proximité, est opposé à loin de.
Près de l'élise et loin de Dieu.
Auprès de exprime une idée d'entoor, de 'liaison y d'assiduité. >|4
^. Je vois nuprès'de moi y c. à. d. autour de moi y des amis sincères*
Quils sont heureux y ceux qui ont F aidant âge d'être auprès de notre Éfonarqué chéri !
Auprès de emporte aussi une idée de comparaison.
" Cette femme est jolie, mais sa beduté ncst rien auprès de celle de vôtre cousine.
Cette terre me rapporte eusez pour vis^.
Il faCit dire: ceUe terre me rapporte assez pour me faire visnre y
La terre ne donne pas la vie, mais procure le moyen de vivre.
Je vous suis reconnaissant de vos bontés.
On doit écrire : je suis reconnaissant de vos bontés y parce qu'on n^e^t; pas* reconnaissant à une personne, mais envers une personne*
Une mère doit-elle dire à sa fille :
Ma fille tenez-vous droite; vous êtes assise trop basse, •asseyez-^vous plus haute ?
Non, elle doit dire : mafiUè tenez'-vous droite
^oiis êtes as^se truyp bas^ as^eyez-^ous plfis haut, parce que les adjectifs droit ^ haui et bas y n'ont p9s rapport aif s w^^oii ijille^ et soc^t ' pris >aiiv:er- Lialement^ comme dai^s ç;e3 pl^'^sea : . , . ,,
Cette fleur serit bon, ils parlent juste ^ ils ^sq j ont fort.
Vous at^ez pris la bitle trop Jin, trop plein ^ ou trop droit. , . , ^
En campagne, à là campagne.
En parlant du mouvement des troupes^cMfi'dit : le^'troQpes vont se mettre en campagnevà^xi^ tout autre cas il faut dire à la campagne. - .^
Je demeure habituellement à la campagne.
Battre de la caisse^ toucher du piano , de V orgue; pincer de la harpe y du sistre, de la guitare; jouer du violon, de la flûte, etc.
Jouer est un mot générique, pour dire s'exer^ cet sur un instrumetu qiialconque.
Ainsi Ton dit : Jouer du violon^ du clavecin, de la guitare, etc. , . '
Toucher JBe dit des instruments à. toucher.: on louche l'orgue, le forte-piano, etc. : « ,.
Pincer se dit des instruments à. corde. qU on fai! résonner en pinçant les cordes :
On pince la harpe, le sistre, la guitare:
On donne du cor y on sonitQ (le , tc^ trompette.
On bat la caisse, le tambour. * ' ^
Votre vie durante. ' ' ''''^' i , • ' . . , .1-. .1 ..;
On ne doit pas dire: Je vous ferai unepeasioti
votre vie (luraifte$ msàSi voire vie durant; durant
est ici prépositioa» , .i^lii
'Il6 GRAHMAtBK FRANÇAISB
Savez'vous ce qui a été délibéré?
On deît dire : Saves-vous rar quoi oaa délihéré? on ne délibère pas les choses ; mais oa délibère sur les choses.
Cet enfant a été bien enseigné.
On doit dire : Cet enfant a reçu ete bons ou de mauvais principes ^oyi a eu un bon ou un mau* vais pîv/esseu7\ Enseigné ne se dit que îles sciences.
. Dans la maison de monsieur Lannan, la langue française est bien e/i5e%/iee.
Plier, ployer.
On plie un mouchoir , une serviette.
On fait ployer le fer,, une branche d'arbre.
Avant, auparavant.
Avant marque la priorité de temps oa d'ordre; il est toujours suivi d'un régime ;
Vous êtes arrivé avant moi.
Auparas^ant sans régime, termine la phrase, et marque la priorité :
• Il faUait venir auparavant.
Pour, Qjfin de.
Pour marque la chose qu'on veut faire ;
Cet auteur se donne bien de la peine pour coav* poser une tragédie. ,
Afin de marque le but qu^on se propose en la faisant:
Si votre ami se donne laal 4e peine^ c'est «;/&< d'okievk une place*
JJun Vautre y Vun et l'autre.
Ecrivez Vim Vautre , quand les deux sujets sont réciproques ; Vun et Vcuitre , quand les deux sujets sont distincts :
Ces deux émis s'aiment tendrement Vun Vau^ tre ( réciproquement )-
[^e menteur et le flatteur sont également méprissablés; Vdn et Vautre font un très-mauvais usagô de la parole.
Ni Vun ni Vautre n'est pu ne sont.
Ecrivez ni Vun ni Vautre n'est y quand il n'y a qu'un des deux substantifs qui fait Taclion; et ni Vun ni Vautre ne sont y quand les deux substantifs font en même temps l'action :
Ni l'une ni Vautre de ces deux Jemmes nest ma parente.
Ni Tor ni la grandeur ne nous rendent heureux.