LAFONTAINE
Personne.
Le mot per^OTi/ze signifiant nul, qui que ce soit, est du masculin^ et est toujours précédé oii suivi de. /2<e :
Je ne connais personne plus obligeant et plus vertueux que votre demoiselle.
Plupart (la).
. La plupart pris dans une acception absolue veut le verbe au pluriel :
La plupart croient , pensent , prétendent.
La plupart suivi de du veut le singulier ; mais auivî de des , il veut le pluriel :
lia plupart du mondes $Qutien^,
ll8 GRAMHAinfi FRANÇAISE
La plupart des romanis ne peus^ent.que gâter le goût
Celm-cif celui-là.
Celui-ci s^cmploîe pour la personne dont on a parlé en dernier lien; celui-là pour la personne dont on a parlé en premier lîeu :
Les deux philosophes Heraclite et Démocrîle fêtaient d'un caractère bien différent; celui-ci riait toujours y celui-là pleurait sans cesse.
/ Autour^ à Tentour.
Autour est toujours suivi d'un régime ; n t entour n'en est jamais suivi :
Autour de la chambre.
Les échos d'alentour.
* Au travers^ à travers.
Au travers vev^de, duj des :
Au travers d' Une Junctte ^ au travers des car^ reaux. ^
A travers veut /e, la^ les :
A travers la jalousie , à travers les barreaux.
Aucun, aucune, nul, nulle.
Aucun, aucune, nul, nulle, ne prennent jamais la marque du pluriel, parce qu'ils sont employés dans la signiGcatiou négative de per^ sonne , pas une ( Académie ).
De toutes les personnes que j'ai invitées, nulle ou aucune n'est venue ; c cst-à-dire aucune x)ù pas une n'est venue.
Nul, signifiant qui n'est daucufié ijaleur^ a ua pluriel : ^.
Ces hommes sont nuls;
Ces clauses soûl nullùim
Tâcher à, tâcher de.
Tâcher prend à y signifiant i>iser à :
Vous tâcliez à me tendre des pièges j à me nuire.àm'embarrasser.
ZifcAer prend de^ s\^mG^ni faire tousses efforts pour parvenir à Une fin :
Tâchons d^évîter ses coups ^ el de nous dérober à sa fureur. '
S'efforcer à, s'efforcer de.
S^ efforcer -mena ày signifiant employer toute sa force ; mais il prend rfe, ^ignffiant employer son industrie pour parvenir à une fin :
Ne vous efforcez point à crier.
On doit s'efforcer par ses bonnes œuvres de se rendre agréable à Dieu.
Propre à, propre de.
Propre^ signifiant convenable à, gui peut servir à , régît à ou pour :
Un bocnme propre à la guerre ou pour la \
guerre.
Propre ( proprius , « , um , pccuUaris j e J, exprimant une qualité particulière et dislinclîye ^ réclame la préposition cte :
La pudeur est une vertu propre du sexe.
Chacun a , son jSa^ ses , leur ou leurs.
Chacun ^ placé après le régime ^ ou après un ver)>e neutre, vent son y sa, ses; xnsiis placé avant le régime, il veut leur, leurs :
Ces écoliers ont fait des réponses, chacun selon son savoir é ^
120 CUAMMAIKE FRANÇAISE
Ces juges ont opiné chacun selon sa j^oBité et ses Lumières.
HemeUez chacun à leui^ place lefii livres que vous avez pris.
jéssurer à^ assurer de.
^ Assurer réclame ri, quand il signifie rfo/mer* pour sûr; mais il reclame de, qualid il signifie
témoigna' :
Assurez à votre ami(\\xe j'emploiei:ai tout mon crédit pour lui faire obtenir une place.
Celui qui vous assure le plus de sa reconnais^ sauce ^ n'est pas toujours le plus reconn^issàni.
// est résulté de là, on est subvenu à ses besoins. ' « • •
Dîtes : // a résulté de là , on a subvenu à ses besoins.
Résulter çt subvenir prennent toujours Tauxîlîaire avoir.
y ai sorti, je suis sorti , fai été^ je suis allé^-
Selon plusieurs gr.nmmaîrîôns, les verbes 5ar</r el aller réclament être , quaîid on est, ou qu'on était sorti pour aller en quefque lieu, et qu'on n'en est pas revenu ; mais ils rédameut avoir y quand on est de retour.
J'ai sorti cette semaine et fai été me promener aux Tuileries.
M. Domergue ne partage pas cette opinion :
C'est une distinction bien puérile , bien ing^iram*maticale^ dit ce grammairien , que celie d'écrire :
J'ai sorti, je suis sorti, j'ai été, je suis allé^y Quoi î j'ai sorti j&\^i\\Çxe qne jis suis so$ii el qtie je suis rentré/ ci je suis sorti, qixo- je iip suis pas
DKItfOWSTRATIVE. l!lt
encore rentre f Sortir, exîre, a toujours adopté rauxiliaire être; l'usage est constaûl Ik-dessus. il ej^l maHieoreox, que de pareilles fautes se trouvent dans des livres classiques, dans des gram* maires répandues, où les maîtres et les élèves suceiit un purisme ridicule.
C Questions grammaticalks ^ pag. 4^9--^
Oh, Von.
On ne prend jamais la lettre euphonique/, quand il commence la phrase :* *
0« dit, o/* croit.
^.On prend la lettre euphonique /, quand il est précédé des mots et , $i^ ou , ou quand il est suivi d'un q ou d'un c qui a le son de q.
Et l'on me dira , si Von ira demain à la cam" ' pagne y et où Von dînera.
On apprend beaucoup plus facilement les cho^ ses que Von comprend ^ que celles que Von ne comprend pas.
'On amènera Vaccusé que Von questionnera*
iV.. B. On n'est jamais précédé de la lettre euphonique /, quand il est suivi d'un mot commençant par la lettre /. '
Si on le trousse; et on le lui remettra, ou on le lui enverra. ^
Tai rempli mon but.
Dites : J'ai atteint à mon but ; on ne remplit pas un bat, mais, on y atteint.
Emploi des mots tous deux, tous les deux.
Tous deux signifie ensemble ^ en même temps.
Je n'ose pas y aller seul , allons-y tous deux.
lA CHAMMAIttC FRANÇAISE
Tous les deux exprime. une action commune à deux pcrsounes, mais qui peut s'être faite en différents temps :
Mous y avons été tous les deux ^ mais non pas . tous deux.
Ce tempf ici y cette chambre ici.
Dites: Ce temps- ci ^ cette chambre-ci y celui^ ci, parce que ci se place immédiatement après un substantif ou un pronom démonstratif, et en est séparé par un trait d'uniou.
Quand doit-on répondre : c* est lui ^ c'est elle, ce sont eux, ce sont elles, ce Test, ce les sont? "
On doit répondre : c'est lui, c'est elle, ce sont euXf ce sont elles, quand on parle dçs personnes ou des êtres personnifiés; mais on doit répondre: ce l'est, c^ les sont, quand on parle des choses inanimées.
Est-ce là votre nièce ? oui, dest elle.
Est-€e là votre famille? oui^ c'est elle.
Sont-^e là vos enfants ? oui , ce sont eux.
Sont-ce là vos parentes ? oui ce sont elles.
Est-ce là votre tabatière ? oui , ce l'est ou c'est ma tabatière.
Sont^ce là vos intentions? oui ^ ce les sont.
Quand doit-on dire ; mettez-lui , mettez-leur y
mettez-y ?
Les pronoms conjonctifs lui, leur, précédés d'un verbe , s'adaptent aux personnes ; et le pronom relatif j^ s'adapte aux choses; mais dans les réponses aux interrogations, il s'adapte également aux personnes.
Si vous vojrez Monsiem*^^^ mettez^lut sou^ les yeux mçn plaçef.
Vous verrez mes correspondants , faites-leur part de mes projets. ^
Pensez-vous à moi ? oui , fjr pense.
Ma table est cassée , m^ttez-jr un pied.
Se laisser vaincre par la pitié y par des raisons.
Oq doit jBçrire ; se laisser vaincre à la pHié^ à des raisons; c'esl-àrdire se Icùsser toucher y} persuader^ Académie )i
// / avait hier tant de monde au spectacle^ quil semblait que la salle allait i écrouler. '
11 faut écrire : quil semblait que la salle allât s écrouler y c'est-à-dire qiCon poussait croire. Comme il y a incertitude , il faul mettre Timpar-* faU du subjonctif. , ,