‹ Grammaire française démonstrativeChapitre 40 sur 52 · LAFONTAINE · texte numérisé non relu

LAFONTAINE

Personne.

Le mot per^OTi/ze signifiant nul, qui que ce soit, est du masculin^ et est toujours précédé oii suivi de. /2<e :

Je ne connais personne plus obligeant et plus vertueux que votre demoiselle.

Plupart (la).

. La plupart pris dans une acception absolue veut le verbe au pluriel :

La plupart croient , pensent , prétendent.

La plupart suivi de du veut le singulier ; mais auivî de des , il veut le pluriel :

lia plupart du mondes $Qutien^,

ll8 GRAMHAinfi FRANÇAISE

La plupart des romanis ne peus^ent.que gâter le goût

Celm-cif celui-là.

Celui-ci s^cmploîe pour la personne dont on a parlé en dernier lien; celui-là pour la personne dont on a parlé en premier lîeu :

Les deux philosophes Heraclite et Démocrîle fêtaient d'un caractère bien différent; celui-ci riait toujours y celui-là pleurait sans cesse.

/ Autour^ à Tentour.

Autour est toujours suivi d'un régime ; n t entour n'en est jamais suivi :

Autour de la chambre.

Les échos d'alentour.

* Au travers^ à travers.

Au travers vev^de, duj des :

Au travers d' Une Junctte ^ au travers des car^ reaux. ^

A travers veut /e, la^ les :

A travers la jalousie , à travers les barreaux.

Aucun, aucune, nul, nulle.

Aucun, aucune, nul, nulle, ne prennent jamais la marque du pluriel, parce qu'ils sont employés dans la signiGcatiou négative de per^ sonne , pas une ( Académie ).

De toutes les personnes que j'ai invitées, nulle ou aucune n'est venue ; c cst-à-dire aucune x)ù pas une n'est venue.

Nul, signifiant qui n'est daucufié ijaleur^ a ua pluriel : ^.

Ces hommes sont nuls;

Ces clauses soûl nullùim

Tâcher à, tâcher de.

Tâcher prend à y signifiant i>iser à :

Vous tâcliez à me tendre des pièges j à me nuire.àm'embarrasser.

ZifcAer prend de^ s\^mG^ni faire tousses efforts pour parvenir à Une fin :

Tâchons d^évîter ses coups ^ el de nous dérober à sa fureur. '

S'efforcer à, s'efforcer de.

S^ efforcer -mena ày signifiant employer toute sa force ; mais il prend rfe, ^ignffiant employer son industrie pour parvenir à une fin :

Ne vous efforcez point à crier.

On doit s'efforcer par ses bonnes œuvres de se rendre agréable à Dieu.

Propre à, propre de.

Propre^ signifiant convenable à, gui peut servir à , régît à ou pour :

Un bocnme propre à la guerre ou pour la \

guerre.

Propre ( proprius , « , um , pccuUaris j e J, exprimant une qualité particulière et dislinclîye ^ réclame la préposition cte :

La pudeur est une vertu propre du sexe.

Chacun a , son jSa^ ses , leur ou leurs.

Chacun ^ placé après le régime ^ ou après un ver)>e neutre, vent son y sa, ses; xnsiis placé avant le régime, il veut leur, leurs :

Ces écoliers ont fait des réponses, chacun selon son savoir é ^

120 CUAMMAIKE FRANÇAISE

Ces juges ont opiné chacun selon sa j^oBité et ses Lumières.

HemeUez chacun à leui^ place lefii livres que vous avez pris.

jéssurer à^ assurer de.

^ Assurer réclame ri, quand il signifie rfo/mer* pour sûr; mais il reclame de, qualid il signifie

témoigna' :

Assurez à votre ami(\\xe j'emploiei:ai tout mon crédit pour lui faire obtenir une place.

Celui qui vous assure le plus de sa reconnais^ sauce ^ n'est pas toujours le plus reconn^issàni.

// est résulté de là, on est subvenu à ses besoins. ' « • •

Dîtes : // a résulté de là , on a subvenu à ses besoins.

Résulter çt subvenir prennent toujours Tauxîlîaire avoir.

y ai sorti, je suis sorti , fai été^ je suis allé^-

Selon plusieurs gr.nmmaîrîôns, les verbes 5ar</r el aller réclament être , quaîid on est, ou qu'on était sorti pour aller en quefque lieu, et qu'on n'en est pas revenu ; mais ils rédameut avoir y quand on est de retour.

J'ai sorti cette semaine et fai été me promener aux Tuileries.

M. Domergue ne partage pas cette opinion :

C'est une distinction bien puérile , bien ing^iram*maticale^ dit ce grammairien , que celie d'écrire :

J'ai sorti, je suis sorti, j'ai été, je suis allé^y Quoi î j'ai sorti j&\^i\\Çxe qne jis suis so$ii el qtie je suis rentré/ ci je suis sorti, qixo- je iip suis pas

DKItfOWSTRATIVE. l!lt

encore rentre f Sortir, exîre, a toujours adopté rauxiliaire être; l'usage est constaûl Ik-dessus. il ej^l maHieoreox, que de pareilles fautes se trouvent dans des livres classiques, dans des gram* maires répandues, où les maîtres et les élèves suceiit un purisme ridicule.

C Questions grammaticalks ^ pag. 4^9--^

Oh, Von.

On ne prend jamais la lettre euphonique/, quand il commence la phrase :* *

0« dit, o/* croit.

^.On prend la lettre euphonique /, quand il est précédé des mots et , $i^ ou , ou quand il est suivi d'un q ou d'un c qui a le son de q.

Et l'on me dira , si Von ira demain à la cam" ' pagne y et où Von dînera.

On apprend beaucoup plus facilement les cho^ ses que Von comprend ^ que celles que Von ne comprend pas.

'On amènera Vaccusé que Von questionnera*

iV.. B. On n'est jamais précédé de la lettre euphonique /, quand il est suivi d'un mot commençant par la lettre /. '

Si on le trousse; et on le lui remettra, ou on le lui enverra. ^

Tai rempli mon but.

Dites : J'ai atteint à mon but ; on ne remplit pas un bat, mais, on y atteint.

Emploi des mots tous deux, tous les deux.

Tous deux signifie ensemble ^ en même temps.

Je n'ose pas y aller seul , allons-y tous deux.

lA CHAMMAIttC FRANÇAISE

Tous les deux exprime. une action commune à deux pcrsounes, mais qui peut s'être faite en différents temps :

Mous y avons été tous les deux ^ mais non pas . tous deux.

Ce tempf ici y cette chambre ici.

Dites: Ce temps- ci ^ cette chambre-ci y celui^ ci, parce que ci se place immédiatement après un substantif ou un pronom démonstratif, et en est séparé par un trait d'uniou.

Quand doit-on répondre : c* est lui ^ c'est elle, ce sont eux, ce sont elles, ce Test, ce les sont? "

On doit répondre : c'est lui, c'est elle, ce sont euXf ce sont elles, quand on parle dçs personnes ou des êtres personnifiés; mais on doit répondre: ce l'est, c^ les sont, quand on parle des choses inanimées.

Est-ce là votre nièce ? oui, dest elle.

Est-€e là votre famille? oui^ c'est elle.

Sont-^e là vos enfants ? oui , ce sont eux.

Sont-ce là vos parentes ? oui ce sont elles.

Est-ce là votre tabatière ? oui , ce l'est ou c'est ma tabatière.

Sont^ce là vos intentions? oui ^ ce les sont.

Quand doit-on dire ; mettez-lui , mettez-leur y

mettez-y ?

Les pronoms conjonctifs lui, leur, précédés d'un verbe , s'adaptent aux personnes ; et le pronom relatif j^ s'adapte aux choses; mais dans les réponses aux interrogations, il s'adapte également aux personnes.

Si vous vojrez Monsiem*^^^ mettez^lut sou^ les yeux mçn plaçef.

Vous verrez mes correspondants , faites-leur part de mes projets. ^

Pensez-vous à moi ? oui , fjr pense.

Ma table est cassée , m^ttez-jr un pied.

Se laisser vaincre par la pitié y par des raisons.

Oq doit jBçrire ; se laisser vaincre à la pHié^ à des raisons; c'esl-àrdire se Icùsser toucher y} persuader^ Académie )i

// / avait hier tant de monde au spectacle^ quil semblait que la salle allait i écrouler. '

11 faut écrire : quil semblait que la salle allât s écrouler y c'est-à-dire qiCon poussait croire. Comme il y a incertitude , il faul mettre Timpar-* faU du subjonctif. , ,

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