QUÉBEC A L’ARRIVÉE DE MGR DE LAVAL
Ah! qu'elle fut légitime la joie de tous les habitants du pays, lorsque Mgr de Laval foula pour la première fois le sol de la patrie! A l’arrivée de l'élu de Dieu, elle dut tressaillir d’allégresse et de bonheur, cette terre de la Nouvelle-France, sanctifiée par la vie angélique de ses missionnaires et de ses vierges, et encore rouge du sang de ses martyrs.
Au début de son épiscopat, Mgr de Laval trouvait déjà sous sa main des institutions qui remplissaient de joie son cœur d'évêque et de père. Au collège de Québec, les illustres enfants de Loyola, les frères des Brébeuf et des Lallemant, instruisaient la jeunesse: à l’Hôtel-Dieu, des anges de charité interrompaient leurs prières pour soigner les malades et consoler les infirmes. Une jeune dame, douée de tous les avantages de la nature et de la grâce, entourée des filles sauvages qu’elle aimait comme ses enfants, consacrait sa jeunesse et toute sa fortune à la fondation du monastère des Ursulines : avec elleuneautre femme missionnaire annonçait la parole du salut aux jeunes sauvages, voyait à ses genoux de vaillants capitaines la suppliant, avec une simplicité d'enfant, de leur apprendre à prier Dieu. C’est la femme forte dont parle le roi Salomon; c’est une très digne enfant de sainte Ursule, la première supérieure des Ursulines de Québec, la Thérèse de
la Nouvelle-France, la Vénérable Mère Marie de l’Incarnation.
Mocr ANT. RACINE.