‹ Grammaire française [microforme] (volume 3)Chapitre 1 sur 214 · L.-N. Arc. DE Quésec · texte numérisé non relu

L.-N. Arc. DE Quésec

Droits réservés, Canada, 1911.

ATUS.

Préface

Cet ouvrage est l’œuvre d'un grammairien.

Les livres qui ont pour objet l’art de parler et d’écrire correctement en français se multiplient : il faut savoir distinguer les grammairiens des gramimatistes. Ë

Un grammatiste ne fait que répéter ce que d'autres ont dit avant lui : et il le répète dans une forme qui souvent n’est pas la meilleure, d'après un plan qu'il ne se préoccupe même pas d'ajuster aux besoins particuliers de ses lecteurs. Pour faire croire qu'il a des opinions personnelles, il met des règles positives où

k il devrait s'abstenir de décider, il émet des doutes où il n'y a plus

rien d’indécis ; il suit tantôt un auteur attaché aux vieux usages,

j tantôt un grammairien réformiste, et l'on ne roit pas pourquoi

il adopte les vues de l'un plutôt que de l'autre. Son seul souci est de fabriquer sans peine un livre classique, et qui se vende.

Le grammairien a d'autres préoccupations. L'étude et l'observation luiont appriscomment les principes généraux dela parole s'appliquent, ainsi que s'exprimait Girault Duvivier, « aux instilutions arbitraires et usuelles d'une langue particulière » ; il

{n'est pas plus l'esclare de la routine que de la manie d'innover ;

il n’ignore pas qu'une langue vivante se meut sans cesse, et s'accroit, et change, et se modifie : maïs il sait aussi que la tradition a des droits, et sa science est assez avertie Pour rejeter les nouveautés qui mèneraient à la décadence, pour admettre et consacrer les réformes qui peuvent être la source d’une perfection. Le grammairien connaît et les vieilles lois et les règles nourelles ; remontant aux principes et s'appuyant sur les meilleures autorités, il fait un choix judicieux des préceptes les plus sûrs, qui conviennent à la fois au génie de la langue et à son développement naturel. Et ces préceptes, son enseignement les présente, en corps de doctrine, sous une forme claire et Précise, dans un ordre assorti au dessein qu'il a formé.

Dans un Cours Élémentaire, le grammairien se met d’abord à la portée des jeunes intelligences, et dans les règles comme dans les exemples, jamais il ne perd de vue ceux à qui il s'adresse ; des exercices sim ples et bien ordonnés accompagnent chaque leçon, et, heureuse combinaison, les élèves apprennent en même temps les éléments de la grammaire et les principes de l'analyse.

Les leçons du Cours Moyen rappellent les premières, et vont plus loin ; toujours d’après le même plan, l'exposé des règles se poursuit, simple et précis, mais capable déjà de satisfaire les esprits Les plus curieux.

Enfin, le Cours Supérieur offre, avec les notions essentielles de grammaire historique et d'étymoloyie, le développement complet de l'art de parler et d'écrire correctement en français.

Et si, l’anadien lui-même, il destine son ouvrage à ses comy:atriotes, l'auteur a de plus le soin d'écrire spécialement pour eux, LL ’ontinuel souci de leur être plus particulièrement utile : leurs défauts de langage lui sont connus : il appuie donc sur les règles qu'ils méconnaissent le plus souvent, il leur propose des exercices appropriés à la correction de leurs fautes habituelles, et son enseignement, mieux qu'un autre, facilite chez eux l’éti:de de la langue française.

C'est l’œuvre du grammairien, et c’est l'œuvre, fruit de longues études et d'observations patientes, que M. l'abbé Aubert offrr aujourd'hui aux professeurs et aux élèves de nos écoles, de nos couvents, de nos collèges.

ArguTor Rivarb

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