‹ Grammaire française [microforme] (volume 3)Chapitre 120 sur 214 · NOTIONS D’ANALYSE LOGIQUE · texte numérisé non relu

NOTIONS D’ANALYSE LOGIQUE

881. Une proposition est une réunion de mots formant un sens plus ou moins complet. C’est l'expression, l’énonciation d’un jugement.

Ex. : L’incréduie 2st malheureux (sens complet).

Quand vous voudrez (sens incomplet).

Remarque. — Lorsqu'une proposition par elle-même a un sens complet, elle constitue une phrase. Ex.: Le castor est industrieux.

382. La proposition, considérée logiquement, contient trois parties ou éléments : un su’et, un verbe et un attribut.

Ex. : Dieu (sujet) est (verbe) éternel (attribut).

Note. — Nous disons : considérée logiquement, car la proposition, considérée grammaticalement, contient autant de parties que de mots.

Sujet.

383. Le sujet est l'être dor* on exprime une qualité ou une action : c’est denc l'être sur lequel on porte un jugement. Dans cet exemple : La terre est fertus. terre est sujet, car il signifie l’être dont on exprime la qualité.

Le sujet logique est le sujet grammatical accompagné de ses compléments, c’est-à-dire de tous les mots qui le déterminent ou l’expliquent. Ainsi dans cet exemple : La profession de cultivateur est honorable, le sujet logique est : la profession de cultivateur, le sujet grammatical est : profession.

884. Le sujet d’une proposicion est simple ou multiple, complzre ou incomplexe.

Le sujet est simple quand il est exprimé par un seul mot singulier ou pluriel. Ex. : La fourmi est travailleuse.— Les ânes sont têtus.

Le sujet est multiple quand il est exrrimé par plusieurs mots. Ex.: Le ciel et la terre sont admirables.

Le sujet est complexe lorsqu'il est exprimé par un mot accompagné d’un ou de plusieurs compléments qui déterminent ou expliquent le mot principal. Ex. : L'œuvre de la création est magnifique.

122 SYNTAXE

Le sujet est incomplexe lorsqu'il est formé d’un seul mot sans aucun complément. Ex.: L'âme est immortelle.

386. Le sujet peut être : 1° un substantif ou un mot quelconque pris substantivement ; 2° un pronom ; 3° un infinitif.

Ex. : Le temps est précieux. — Le sage parle peu.

Nous sommes mortels.

S’enirrer est honteux.

NorTE. — Le sujet peut encore être : 1° une citation textuelle : Tout restaurer dans le Christ, est la devise de S. S. Pie X; 2° une proposition amenée par que: Il est certain que Dieu

existe.

Verbe.

386. Le verbe est le lien qui unit l’attribut au sujet. Ex.: La Vierge Immaculée est puissante au ciel.

Dans la proposition logique, le verbe est toujours le verbe étre.

Lorsqu'il est distinct de l’attribut, c’est-à-dire quand c’est lui-même qui est exprimé. on l’appelle verbe substantif. Ex.: La mer est immense.

Lorsqu'il est combiné avec l’attribut, il prend le nom de verbe attributif. Ex. : Le travail désennuie; mis pour : Le travail est désennuyant.

Le verbe attributif étant composé du verbe être et d’un attribut, il faut le décomposer dans l’analyse ; pour cela, on met le verbe être au même mode, au même temps, à la même personne et au même nombre que le verbe attributif. et on lui donne pour attribut le participe présent de ce même verbe attributif. Ex. : Les avares désirent (sont désirant) les richesses ; le verbe est sont, l’attribut est désirant.

Remarque I. — Les verbes paraître, sembler, devenir, et autres analogues, peuvent remplacer le verbe étre ; et comme celui-ci, ils sont ordinairement suivis d’un attribut. Ex. : Le paresseux devient pauvre.

Remarque II. — Les verbes passifs n’étant autre chose que le verbe éfre suivi d’un participe passé, il n’y a pas lieu de les décomposer. Ex.: L'hypocrite est haï ; le verbe est est l’attribut, haï.

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