COMPLÉMENT DU VERBE
Uniformité des compléments.
567. Il faut donner à chaque verbe le complément qui lui convient.
Ainsi on dira : Je lui donne ce dont il a besoin, et non pas, ce qu’il a besoin; je me rappeile ce fait, et non pas, je me rappelle de ce fait.
568. Un complément peut être commun à plusieurs verbes, pourvu que ces verbes ne demandent pas chacun un complément différent. Ainsi on ne dira pas :
L'ennemi attaqua et s'empara de la ville :
Cet enfant respecte et obéit à ses parents.
Mais on dira :
L'ennemi attaqua et prit la ville ;
Cet enfant respecte et aime ses parents.
559. L'usage actuel veut que les diverses parties d’un complément multiple soient de même nature : toutes des noms, des infinitifs ou des propositions.
Ex. : L'enfant aime l'étude et le jeu, et non, à
étudier et le jeu.
Il aime à chasser et à pêcher.
Je crois que vos parents vous béniront et que tous réussirez.
Place des compléments.
560. En général, tout complément direct ou indirect se place après le verbe.
Ex. : J'aime Dieu.
L’hypocrite est détesté de tous.
561. Les pronoms personnels employés comme compléments, soit directs, soit indirects. se placent avant le verbe, à moins qu’ils ne so:ert précédés d’une préposition, ou que le v-rbe ne soit à l'impératif et sans négation.
Ex. : Il nous regarde. — Il nous parle.
Aimons-nous les uns les autres.
Evitez les méchants, ne leur parlez pas.
562. Quand un verbe : deux compléments, l’un direct, l’autre indirect. ‘lus court doit être placé le premier.
Ex. : Préférons à iu fortune le témoignage d'une
bonne conscience.
563. Quand les deux compléments sont d’égale longueur, on place ordinairement le complément direct le premier.
Ex. : Préférez la vertu aux richess.…
REMARQUE. — Les règles ci-dessus ne sont pas absolues. Pour éviter une équivoque ou pour une raison d’euphonie, on
est D Ds obligé de s’écarter de ces règles. Ex. : Calmez, par le repos et le silence, vos esprits agités.
Préposition devant les compléments du verbe.
564. Les verbes passifs veulent la préposition de ou la préposition par avant leur complément. On met, en général, la préposition par, quand le verbe exprime une action du corps ou de l'esprit, ou une action faite par les choses.
Ex. : Joseph fut vendu par ses frères.
La poudre à canon fut inventée par un moine.
La terre fut inondée par les eaux du déluge.
5656. On met généralement la préposition de, quand le verbe exprime un sentiment, un mouvement de l’âme.
Ex. : Il était béni de Dieu et chéri des hommes.
Note. — Cette règle sur l’emploi des prépositions de et par n’est pas absolue ; souvent le bon goût et l’usage en décident.
REMARQUE. — Quelquefois le complément circonstanciel ne prend pas de préposition ; cette dernière est alors sousentendue. Ex.: Il a dormi deux heures, c’est-à-dire pendant: deux heures.
SYNTAXE DU VERBE Emploi des auxiliaires.
566. En général, l’auxiliaire avoir marque l’action, et l’auxiliaire être marque l’état. Ex.: J'ai cherché ; je suis blessé.
Par conséquent, les verbes actifs, exprimant tous une action, se conjuguent tous avec l’auxiliaire avoir ; les verbes passifs, exprimant tous un état, se conjuguent tous avec l’auxiliaire être. Ex. : J'ai labouré ; je suis chéri.
567. Presque tous les verbes intransitifs, quoique plusieurs expriment l’état, se conjuguent avec l'auxiliaire avoir dans leurs temps composés, tels sont : courir, contrevenir, marcher, paraître, succomber, vivre, etc.
568. Quelques verbes intransitifs, qu vique exprimant ia plupart l’action, prennent l’au ‘iliaire être, tels sont: aller, arriver, décéder, échoir, écl re, mourir, naître, venir, devenir, parvenir, rerenir.
569. Enfin un certain nombre de verbes intransitifs se conjuguent le plus souvent avec avoir quand ils marquent l’action, avec être quand ils marquent l’état, tels sont : accourir, apparaître, cesser, croitr”, descendre, disparaître, monter, partir, passer,
, sortir, tomber, vieillir, etc. Ex. : Ila passé
Amérique en tel temps. (Acad.)—Il est passé en 4 .nérique dans tel temps. (1n.) — Il a sorti, mais il vient de rentrer. (In.)—Il est sorti, maïs il va rentrer. (In.)
570. Tous les verbes pronominaux, par raison d’euphonie, se conjuguent dans leurs temps composés, avec l’auxiliaire étre employé pour l’auxi-
liaire avoir.