‹ Grammaire française [microforme] (volume 3)Chapitre 18 sur 214 · CONSEILS À DE JEUNES ÉCOLIERS · texte numérisé non relu

CONSEILS À DE JEUNES ÉCOLIERS

Dans l'intérêt même de vos études, de votre talent naissant, de tous les germes prêts à éclore dans vos intelligences, vous veillerez, mes enfants, sur la pureté de vos cœurs, vous aurez le culte de la beauté morale pour mieux sentir et miev* rendre la beauté littéraire. Toute tache vous effrayera, toute ombre vous fera fuir. Vous respecterez en vous la beauté même de Dieu.

Sur un étang voisin d’une demeure princière vivait un cygne qui mirait dans l’eau limpide son beau plumage blanc. Un jour, des enfants, — cet âge est sans pitié — dérobant les pinceaux d’un peintre qui travaillait à décorer le château, mettent sur les ailes du cygne une couleur noire et rouge qui les ternit. L'oiseau, honteux de lui-même et qui ne se reconnaît plus, s'agite inquiet, presque effaré ; il plonge et replonge pour laver ses ailes et leur rendre leur première blancheur, leur premier éclat. Vains efforts! L'huile a fixé la tache qui reste ineffaçable. Le lendemain on trouva le cygne mort sur la rive du lac : le noble oiseau n'avait pu survivre à l’injure faite à ses blanches ailes. Je le vis moi-même, et ce souvenir m'est resté comme une image de cette tendanc qu'a toute créature à conserver la beauté qu’elle a reçue de Dieu ei à protéger en elle-même l'idéal divin sur lequel elle a été formée...

Vous, mes enfants, vous ne serez point de ceux qui perdent leur beauté, vous ne laisserez pas sécher à vos fronts cette rosée du matin qui est la grâce baptismaie ; vous aurez toutes les délicatesses et toutes les fiertés du cygne, jaloux de la hlancheur de ses ailes.

Ê. TERRADE, S. M.

EXERCICES 13 5. Expliquez la raison de chacun des signes de ponctuation. L’ABEILLE ET LA MOUCHE

Un jour une Abeille aperçut une Mouche auprès de sa ruche. « Que viens-tu faire ici ? lui dit-elle d’un ton furieux. Vraiment, c’est bien à toi, vil animal, à te mêler avec les reines de l'air ! — Tu as raison, répondit froidement la Mouche : on a toujours tort de s'approcher d’une nation aussi fougueuse que la vôtre. — Rien n’est plus sage que nous, dit l’Abeille : nous seules avons des lois et une république bien policée ; nous ne broutons que des fleurs odoriférantes ; nous ne faisons que du miel délicieux, qui égale le nectar. Ote-toi de ma présence, vilaine Mouche importune, qui ne fais que bourdonner et chercher ta vie sur des ordures. — Nous vivons ccmme nous pouvons, répon“it la Mouche : la pauvreté n’est pas un vice ; mais la colère en est un grand. Vous faites du miel qui est

: doux, mais votre cœur est toujours amer ; vous êtes sages

dans vos lois, mais emportées dans votre conduite. Votre colère, qui pique vos ennemis, vous donne la mort, et votre

2 folle cruauté vous fait plus de mal qu’à personne. Il vaut

mieux avoir des qualités moins éclatantes avec plus de modération. »

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