‹ Grammaire française [microforme] (volume 3)Chapitre 210 sur 214 · Eh! exprime l’admiration, la surprise · texte numérisé non relu

Eh! exprime l’admiration, la surprise

Ex. : Eh ! qui aurait cru cela ?

Eh bien s'emploie souvent de même, et quelquefois aussi pour donner plus de force à ce que l’on dit. Ex.: Eh bien, que faites-vous donc ?—Vous insislez, eh bien, j'irai.

Hé ! s'emploie surtout pour appeler d’une façon familière. Ex. : Hé ! l'ami !

Hé! s'emploie encore pour avertir de prendre garde, pour témoigner de la commisération, pour marquer de la douleur, du regret, de l’étonnement. Ex.: Hé ! qu'allez-vous faire? (Acad.)—Hé! pauvre homme, que je vous plains! (Acad.)

669. Oh ! sert à marquer l’admiration, la surprise, et sert aussi à donner au «sens plus de force. Ex. : Oh! quelle chute!—Oh ! si nous pouvions réussir ! (Acad.) .

Ho! exprime l’étonnement, et sert aussi pour appeler ou pour témoigner de l’indignation. Êx. : Ho ! que me dites-vous là ? (Acad.) — Ho! venez un peu ici. (Acad.)

O sert à marquer diverses passions, divers mouvements de l'âme. Ex. : O temps! 6 mœurs ! 6 douleur ! 6 regret ! (Acad.)

O est aussi le signe de l’apostrophe, de l’invoca-

tion. Ex. : O mon Dieu ! 6 mon fils ! (Acad.)

| Règles élémentaires de rédaction

L'enfant qui veut composer une lettre ou raconter quelque chose par écrit, doit : 1° bien savoir ce qu'il veut dire; 2° mettre de l'ordre dans ce qu’il va dire : 3° écrire correctement, avec naturel, avec clarté et élégance.

1° Bien savoir ce qu’il veut dire. — Cela est nécessaire aux enfants comme aux grandes personnes, et aux grands écrivains. On écrit toujours mal quand on n’a pas commencé par bien réfléchir à ce que l’on veut dire. Il faut d’abord chercher et trouver ce qu’on veut rapporter. Et il ne faut écrire que lorsqu'on a déjà dans l'esprit l’idée claire, nette, de ce qu’on va mettre sur le papier.

Ne commencez donc pas à écrire une lettre avant d’avoir pensé à ce que vous y ferez savoir à votre ami ou à vos parents ; ne commencez pas à raconter une promenade avant d'avoir bien replacé dans votre mémoire ce que vous voulez faire conuaître.

2° Mettre de l'ordre dans ce qu'il va dire. — Il ne suffit pas d’avoir bien présent à l'esprit ce que l’on veut écrire. Il faut mettre chaque chose à sa place convenable. Autrement, tout se mêle et devient confus.

Si vous dites : Que de travail suppose ve morceau de sucre d'érable! Il a fallu percer l'écorce de l'arbre, recueillir la sève, la transporter à la cabane, la faire bouillir dans de grands chaudrons, pour la convertir en sirop et en sucre, vous placez chaque chose dans l'ordre qui convient.

Mais vous faites une mauvaise phrase si vous écrivez : Que de travail suppo.2 ce morceau de sucre d'érable ! Il a fallu faire bouillir la sève dans de grands chaudrons, la transporter à la cabane, la : “wertir en sirop et en sucre, la recueillir, percer l'écorce de l’a. vre.

3° Écrire correctement. — Écrire correctement consiste à n'employer que des mots qui soient bien français, à faire des phtases qui soient bien conformes aux règles de la grammaire, et à bien ponctuer ses phrases.

Par exemple, il ne faut pas dire : La lampe s’est éteindue, mais la lampe s'est éteinte ; la promenade dont je me rappeile, mais la promenade que je me rappelle ; il roulait qu'il vienne, mais { voulait qu'il vint.

Il faut éviter de donner un même complément indirect à deux verbes dont l'un demande un complément direct : J’ai aimé et je me suis attaché à cette personne. Il faut écrire : J'ai aimé cette personne, et je me suis attaché à elle, ou je m'y suis Gttaché.

Il faut éviter de donner à un verbe deux compléments qui ne vont pas bien ensemble : J'aime les fleurs et à me promener sur la grève. Il vaut mieux écrire : J’aime les fleurs et la promenade sur la grève.

Une bonne ponctuation complète la correction grammaticale, et l'accompagne nécessairement. Il faut donc bien voir à placer comme il convient les virgules, le point et virgule, les deux points, et le point.

Écrire avec naturel. — L'enfant doit viser à dire les choses aussi simplement que possible, à écrire comme l’on parle, quand on parle correctement. Qu'il évite les grands mots, les phrases solennelles.

Au lieu d'écrire : Voulez-vous satisfaire, par la permission que je demande, l'envie que j'ai d’aller jouer ? dites donc tout naturellement et tout simplement : Voulez-vous me permettre d'aller jouer ?

Écrire avec clarté. — Il faut exprimer su pensée si clairement que le lecteur puisse la comprendre facilement. L'on doit pour cela :

1° Éviter les phrases longues, enchevêtrées. Les phrases courtes sont plus facilement cloirss.

2° Éviter de faire entrer dans une même phrase trop de choses qui ne vont pas bien ensemble. Par exemple, n’écrivez pas : Je suis allé, penda 1t les vacances, me reposer à la campagne, chez mon oncle, dont le petit enfant fréquente l'école du village, et apprend déjà le catéchisme et la grammaire.

Avec cette phrase on peut en faire au moins deux, et la pensée n'en sera que plus nette. Dites : Je suis allé, pendant les vacances, me reposer à la campagne, chez mon oncle. Le petit enfant de cet oncle fréquente l'école du village, et y apprend déjà le catéchisme et la grammaire.

Il faut, en général, faire autant de phrases distinctes qu’il $ : de choses différentes à exprimer.

TRS Grp enorme pa conne apr a

ere ereememenne ira

3° Éviter les équivoques qui résultent de l'emploi - trop vague des pronoms il, elle

Dans cette phrase : Je crois que ma mère aurait préféré cette maison: elle est, en effet, si bonne ! on ne sait si le pronom elle se rapporte à mère ou à maison. Il vaut mieux, en pareil cas, remplacer le pronom personnel par un pronom démonstratif, ou encore répéter le nom: celle-ci ou cette maison esl, en effet,

si bonne!

Il ne faut jamais craindre de répéter un mot, lorsque cette répétition est nécessaire à la clarté du style.

4° Éviter les termes impropres, les mots qui ne rendent pas exactement la pensée. Les expressions justes contribuent à faire le style clair.

Ne dites pas : Les deux pommes que je t'amène, c’est le vent qui les a fait descendre de l'arbre ; mais : Les deux pommes que Je t'apporte, c’est le vent qui les a fait tomber de l'arbre.

Écrire avec élégance. — Les phrases ne doivent pas seulement être correctes et claires : il faut aussi qu'elles soient agréables à l'oreille. On doit pour cela :

1° Éviter de faire se suivre des mots dont la prononciation est dure : De roc en roc, jusqu'où grimperas-tu, rare homme ?

2° Éviter de faire des phrases qui s’alourdissent de dont, de qui, de que. comme celle-ci : Cette maison que j'ai vue, et qui me plaît, dont le toit pointu qui est percé de lucarnes est si élégant, est celle que je voudrais habiter.

Il vaut mieux couper cette phrase, en supprimer quelques pronoms relatifs, la faire ainsi plus légère et plus élégante, et écrire : Cette maison que j'ai vue me plaît ; son toit pointu, percé de lucarnes est si élégant : c’est là que je voudrais habiter.

3° Éviter de répéter inutilement les mêmes mots. N'écrivez point : J'aime le prêtre parce que le prêtre tient la place du bon Dieu, et que le prêtre veut sauver mon âme. Dites plutôt : J'aime le prêtre parce qu’il tient la Place du bon Dieu, et qu’il veut sauver mon âme.

TABLE ALPHABÉTIQUE

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