LE MOINEAU
Le moineau d'Europe a été importé à Québec en 1868, et s'est multiplié rapidement. On le voit en troupes considérables dans les villes, et dans les Campagnes même où il cause, dit-on, des dommages appréciables, soit dans les granges l’hiver, soit dans les champs, au temps des semailles et de la moisson.
Quoique granivore, il détruit pourtant un bon nombre d’insectes ; mais les services qu’il rend compensent-ils les dommages qu'il cause ?
La femelle dans les villes, niche sous les gouttières des toits ou dans les trous de muraille ; à la campagne, sur les arbres. Elle fait plusieurs pontes par année. Ses œufs, au nombre de quatre à six, sont d’un cendré brunâtre, parsemés de taches plus foncées.
Cependant, en dépit de ces petites violences, de ces petits vols, ne nous fait-il pas plaisir, lorsque la terre est ensevelie sous un linceul de neige et que toute trace de végétation a disparu, de retrouver encore au milieu de nous, ces chers petits êtres qui, par leur pétulance et leur gaîté, semblent nous faire oublier la monotonie des sombres jours de l'hiver ?