LE CHRIST AU SALON
Et pourquoi le Christ ne serait-il pas au salon ? Pourquoi n'y étendrait-il pas ses bras crucifiés sur la muraille où s’étalent tant d’autres parures ? Pourquoi n’y dessinerait-il pas son geste d'amour sur ces lambris où sont fixés tant d’autres souvenirs ? à
Le crucifix, pour nous, chrétiens, est la plus précieuse de toutes les parures ; il rappelle le plus touchant, le plus inoubliable de tous les souvenirs. Le crucifix, avec ses lignes rigides, avec sa simplicité nue, avec ses mains et ses pieds sanglants, avec sa tête trouée d’épines, est beau comme l’héroïsme qu'il symbolise, comme le sacrifice qu'il figure. Il décore les lieux qu’il sanctifie. Et jamais peut-être le génie de l’homme ne s'est mieux exercé que lorsqu'il a voulu peindre sur la toile, ou sculpter dans le marbre lives les traits de Jésus mis en Croix.
L'image du crucifix vaut donc mieux que bien d’autres, d'inspiration moins pure, de dessin parfois vulgaire, qui pendent aux murs des salons. Il ne faut pas que ces images profanes, souvent trop légères, quand elles ne sont pas immodestes, prennent dans nos maisons la place du crucifix. Si l’on craint : compromettre au salon, en trop mauvaise compagnie, la croix qui porte Jésus, c’est qu’il y a au salon des A re des objets d’art, des parures qui ne devraient pas s’y trouver. Ce n’est pas le crucifix qu’il faut sortir du salon, c’est l’image qui ne peut avec lui s’accorder.