Même exercice
Suite du morceau précédent.
Plus tard, un soir : Ecoute, me dit-elle, Tu vois ce fil, enfant, tels sont nos jours ; Sur sa quenouille, une main immortelle, La main de Dieu, les file longs ou courts.
Puissent les tiens, qui commencent à peine, Egaler ceux que je dois au Seigneur !
Puisse, surtout, sa bonté souveraine A leur durée égaler ton bonheur !
Et les deux mains de la grand’mère Se joignant au bord du rouet, Oh ! de quelle ardente prière Elle accompagna ce souhait !
Les miens s’en vont, ajouta-t-elle encore, Et ma quenouille est bien près de finir !
Au soir du jour qui, pour toi, vient d’éclore, J'arrive en paix, et je n’ai qu’à bénir !
Lors du rouet de ta pauvre grand’ mère epuis pe pr le bruit aura cessé, Puisse une larme, au bord de ta paupière, Monter encore en songeant au passé !
— Grand’mère, la voilà cette heure !
Depuis longtemps il a cessé, Et regardez ! votre enfant pleure Auprès du rouet délaissé !
Louis TouRNIER.