‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 206 sur 278 · Quand il s’agit des animaux ou des ch · texte numérisé non relu

Quand il s’agit des animaux ou des ch

on emploie généralement en, y. On emploie elle, eux, elles, leur, en parlant des animaux ou «es choses, lorsqu'on ne peut remplacer ces pronoms par en, y.

Ex. : Ce cheval est vicieux, défaites-vous-en (ct

non de lui).

Pratiquez la vertu, sacrifiez tout pour elle.

REMARQUE. — En, y, peuvent se dire des personnes.

Ex. : C’est un véritable ami ; je n’oublierai jamais

les services que j'en ai reçus. (Acad.) Penserez-vous à vos parents? —J'y penser souvent.

Nore. — Les deux règles précédentes sont loin d'être ab+0lues : les meilleurs écrivains les enfreignent.

Le, la, les.

604. Le pronom le est variable lorsqu'il tient la place d’un nom déterminé ou d’un adjectif pris comme nom.

Ex. : E‘-s-vous la mère de cet enfant 8 — Je nc la

suis pas.

Ces messieurs sont-ils les savants dont ous m'avez parlé 8 — Ils les soni.

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606. Le pres le est invariable quand il représente un adjectif, un nom indéterminé pris comme adjectif, un infinitif ou une proposition.

Ex. : Madame, êtes-vous malade ? — Je le suis. Messieurs, êtes-vous avocats ? — Nous le sommes.

Il faut supporter les défauts des autres autant qu’on le peut.

Hisr. — Cette règle fut établie par Vaugelas, mais de bons écrivains au x vite siècle ne l’observaient pas. Mme de Sévigné disait à ee 3 enrhumé : « Je la suis aussi » ; elle aurait cru, prétendait-elle, avoir de la barbe au menton si elle avait dit : « Je le suis aussi ».

REMARQUES — I. Le pronom le, signifiant cela, remplace quelquefois un nom déterminé ; c’est quand ce nom exprime en réalité une manière d'être, une qualité. Ex. : Tous les grands hommes ne le sont pas toujours ni en tout. (RoLLIN.)

IT. Le pronom Le, signifiant cela, se supprime quelquefois avant les verbes croire, dire, faire, penser, savoir, voir, vouloir, et après aussi, autant, plus, placés devant le verbe étre. Ex. : Il se porte bien, comm: vous voyez. — Une compagnie aussi célèbre qu'est la Faculté de Paris. (PAscaL.)

III. Quand le verbe qui précède est à l'actif, Le peut représenter le participe passif de ce verbe. Ex. : Vous n’avez pas besoin de vous ut plus que vous ne l’êtes. (Mme DE Sévi- GNÉ.)— Le bœuf remplit ses deux premiers estomacs autant qu'ils peuvent l'être. (BurFFron.)

NorTe. — Plusieurs grammairiens ne veulent pas que le puisse se rapporter à un participe passif dont l'idée est contenue dans un verbe actif précédent. Ils sont certainement ee sévères. D'ailleurs, les meilleurs écrivains les contre-

isent.

606. Les pronoms le, la, les, employés comme attributs, ne se disent généralement que quand il s'agit d’une chose, et qu’il n’y a pas ensuite de proposition commençant par un pronom conjonc+ tif; quand il s’agit de personnes ou qu'il y a ensuite une proposition complétive, exprimée ou sous-entendue, on emploie lui, elle, eux, elles. Ex. : Exi-ce là lon tivre ? — Qui, ce l’est (et non pas c'est lui). Sont-ce vos livres ? — Ce les sont. Est-ce rotre ami qui arrive ? — C’est lui. Est-ce la maison que vous avez achetée 8 — Oui, c’est elle (c’est-à-dire c'est elle, que j'ai achetée).

ts,

Emploi de SOI.

607. Lorsque le pronom soi représente le sujet de la proposition où il se trouve, il se dit des personnes et.des choses. :

608. Quand il s’agit des personnes, soi se rapporte le plus souvent à un sujet vague, indéterminé. On l’emploiera donc au lieu de lui, elle :

1° Après un pronom indéfini, comme 07, aucu?, chacun, nul, personne, quiconque, etc. et après une expression vague ou générale, comme tout horume, tout le monde, celui qui, etc.

Ex. : Nul n’est prophète chez soi.

Tout le monde doit veiller sur soi.

2° Après un infinitif ou un verbe impersonnel.

Ex. : N’aimer que soi, c’est être mauvais citoyen. Il faut prendre garde à soi.

609. Cependant, soi s'emploie même avec un sujet déterminé, pour éviter une équivoque ou pour donner à la phrase plus de clarté, plus de force.

Ex. : Phédon n’ouvre la bouche que pour répon-

dre : il tousse sous son chapeau, il crache presque sur soi. (La Bruyère.) Dans cette phrase lui serait équivoque.

610. Après un nom de chose au singulier, enployé comme sujet déterminé ou indéterminé, s0t est préférable à lui, à elle.

Ex. : Un bienfait porte avec soi sa récompense.

Remarque. — Il est d'usage aujourd’hui de n’employer soi de des noms singuliers. Au pluriel, on emploie eux, ellrs. x. : Des bienfaits portent avec eux leur récompense.

Hisr. — Dans l’ancien français, le pronom personnel sujet et même complément était sou ent omis, à limitation du latin.

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