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Il ne faut pas confondre pire avec pis

Pire est un adjectif et s'emploie dans le sens de plus mauvais. C’est l’opposé de meilleur. Ex. : Henri VIII était pire que Tibère. — Il n’y a pire eau que l’eau qui dort. (Acad.)

823. Pis est un adverbe et signifie plus mal. C’est l’opposé de mieux. Ex. : Il est pis que jamais. (Acad.)

Pis s'emploie comme adjéctif dans certaines expressions, 4 rs il devient synonyme de pire : Rien de pis, c’est bien pis.

caa.

Pire et pis peuvent se prendre substantivement : Souvent qui choisit prend le pire. (Acad.) — Le pis qui puisse arriver. Id.)

824. Tant pis est l’opposé de tant mieux. Ex. : S’il ne se corrige pas, tant pis pour lui. (Acad.)

Nore.—Ne dites jamais : Aller de mal en pire, tant pire, plus pire; mais : aller dr mal en pis, tant pis, pire.

Plus, mieux.

826. Il ne faut pas employer l’un pour l’autre mieux et plus.

Plus exprime l'extension, l’idée d’une quantité plus grande ; mieux exprime l’idée d’une supériorité de manière, une idée de perfection. Ex. : ZI ne s’agit pas de faire plus, mais de faire mieux.

Plus peut être suivi de la conjonction que ou de la préposition de. Plus que marque la comparaison ; plus de indique le nombre, la mesure. Ex. : Un bœuf mange plus que deux chevaux. — IL a fait plus de dix lieues.

REMARQUE. — Dans l'indication des fractions, on peut mettre que ou de après plus. Ex. : Cela est plus qu’à demi fait ou plus d'à demi fait. (Acad.)

Plus s'emploie en général avec les adjectifs, les adverbes, et les noms pris adjectivement. Ex. : L’envie est plus irréconciliable que la haine. — Il agit plus sagement. — Il est plus père que maître.

IREMRET

HAALAE

sf À à ai] :

290 SYNTAXE DÊ L'ADVÉRBE

826. Mieux ne se joint qu'aux verbes et aux participes. Ex. : IL écrit mieux que son frère—Il a été mieux reçu qu’il ne croyait.

Plus tôt, plutôt.

827. Plus tôt, en deux mots, est généralement l'opposé de plus tard et signifie plus vite. Ex. : L'intempérance détruit la santé et fait mourir plus tôt.

828. Plutôt, en un seul mot, marque la préférence. Ex. : Plutôt la mort que le déshonneur.

Rien moins, rien de moins.

829. Moins précédé de rien forme quelques locutions remarquables.

On dii que rien moins a tantôt un sens affirmatif, tantôt un sens négatif, et on donne pour exem-

les: Il ne se propose rien moins que d’instruire tout “univers. (Bossuer.) — Vous n'avez trouvé rien moins que ce que vous espériez. (Mme DE STAËL.) C’est donc l’ensemble de la phrase qui décide.

Mais quelquefois l’équivoque subsiste : Cef homme ne cherche rien moins qu’à vous nuire.

830. En pratique, rien moins, qui signifie tout plutôt que et par conséquent nullement, devrait toujours être employé dans le sens négatif : Ma comédie n’est rien moins que ce qu’on veut qu’elle soit. (Mouèee.)

834. Rien de moins ne devrait s’employer que dans le sens affirmatif : Elle ne tend à rien de moins qu’à renverser le christianisme. (Bossuer.)

Tout à coup, tou: d'uu coun.

832. Tout à coup signifie soudainement. Ex. : Ce mal l’a pris tout à coup. (Acad.)

883. Tout d'un coup signifie fout en une fois, en même temps. Ex. : Il gagna mille écus tout d'un coup. (Acad.)

Note. — Tout d’un coup s'emploie aussi quelquefois dar: le sens de tout à coup. (Acad.

ocu-

rmaemtout rien L.)

Cet

toùt touomé- ‘soit.

que ions

Ex. :

8, en

d’un

y dans

SYNTAXE DE L'ADVÉRBE Tout... que, quelque... que.

834. Tout...que et quelque...que ne sont pas parfaitement synonymes, car tout. ..que s'emploie avec l'indicatif, parce qu’il a un sens plus affirmatif que quelque. . .que.

Quand je dis: Tout grand capitaine qu’a été Montcalm, il a commis quelques fautes, j'affirme que Montcalm a été un grand capitaine, et j’emploie le mode indicatif.

Quand je dis : Quelque grand capitaine qu’ait été Montcalm, je n’affirme pas précisément qu'il a été un grand capitaine, mais je suppose qu'il l’ait été, et j emploie le mode subjonctif.

Très.

836. Très ne peut modifier qu’un adjectif, un adverbe ou un participe considéré comme adjectif. Ex. : Une bonne lecture est très instructive. — Le sage parle très peu. — Le savant est souvent très occupé.

Devant les noms on remplace généralement très pur bien, beaucoup, extrêmement, etc. Ex. : J'ai bien faim, et non : J’ai très faim.

EMPLOI DE CERTAINS ADVERBES QU'ON POURRAIT CONFON 5 AVEC CERTAINES LOCUTIONS HOMONYMES.

836. Autrefois, en un seul mot, est adverhe et signifie jadis. Ex. : Autrefois le téléphone n'était pas connu.

Autre fois, en deux mots, est formé d’un adjectif et d’un nom. Ex. : Vous viendrez une autre fois.

837. Longtemps, en un mot, est adverbe et répond à la question combien de temps ? Ex. : Il a été.longtemps malade.

Long temps, en deux mots, est formé d’un adjectif et d’un nom. Ex. : Pendant ce long temps, que s'est-il passé ?

838. Partout, en un seul mot, est adverbe. Ex. : Il regarde partout.

Par tout, écrit en deux mots, est formé de la préposition par et de l’adjectif tout. Ex. : Par tout ce qu'il dit, on voit qu'il est renseigné.

839. Pourquoi, adverbe et conjonction, s'écrit en un seul mot. Ex. : Pourquoi partez-vous ? — Il ne sait pourquoi il se

fâche.

Pour quoi s'écrit en deux mots quand il est précédé du pronom ce, ou qu’il accompagne un verbe exigeant le pronom quoi comme complément direct. Ex. : Voilà ce pour quoi il est malade. Ilest arrivé, mais pour quoi faire f — Pour vous aider.

840. Quelquefois s'écrit presque toujours en un seul mot et est adverbe. Ex. : Il est venu me voir quelquefois.

Cependant il est certains cas où l’on doit préférer de l'écrire en deux mots ; alors il est synonyme de deux ou trois fois, trois ou quatre fois, etc. Ex. : Il n'est venu me voir que quelques fois le mois passé.

841. Surtout, en un mot, est adverbe. Ex. : Surtout ne l’impatientez pas.

Sur tout, en deux mots, est formé de la préposition sur et du mot tout, soit adjectif, soit pronom indéfini. Ex. : Nous l’interrogeâmes sur tout ce qu'il avaïît appris.

Adverbes de négation.

842. Pour exprimer la négation, on se sert de non, ne, ne...pas, ne...point.

843. Le mot non équivaut à une proposition négative, et s'emploie le plus souvent dans le sens opposé à oui. Son emploi n'offre aucune difficulté.

844. Ne est la principale négation de la langue française. Elle s'emploie tantôt seule, tantôt accompagnée de substantifs exprimant de très petites choses.

On a dit d’abord : n’arancer pas (n'avancer l’espace d'un pas) ; ne voir point (ne voir même un point) ; ne boire goutte (ne boire la valeur d’une goutte) ; ne manger mie (ne manger la valeur d’une miette). Ces mots pas, point, goutte, mie, ont été peu à peu détournés de leur sens, et de substantifs qu'il: étaient, ils ont fini par être pris pour des expressions négatives

REMARQUE.—On peut souvent employer indiftéremment pas ou point, mais l'Académie fait remarquer que :

« Point nie plus fortement que pas. On dira également : i! n'a pas d'esprit ; il n’a point d'esprit ; et on pourra dire : / n'a pas d'esprit ce qu’il en faudrait pour sortir d'un tel embarras : mais quand on dit : il n’a point d'esprit, on ne peut rien ajouter. Ainsi point, suivi de la particule de, forme une négation absolue ; au lieu que pas laisse la liberté de restreindre, de réserver.

« Par cette raison, pas vaut mieux que point :

« 1° Devant plus, moins, si, autant, et autres termes comp ratifs. Ex. : Cicéron n’est pas mins véhément que Démosthèn: Démosthène n’est pas si abondant que Cicéron.

de

néens té.

rue acpe-

l'un utte iger ont ils ves

« 2° Devant les noms de nombre. Ex. : Il n’en reste pas un petit morceau. Il n'y a pas dix ans.

€ Pas convient mieux à quelque chose de passager et d’accidentel ; point, à quelque chose de permanent et d'habituel. Ex. : Ilne lit pas (en ce moment). Il ne lit point (jamais).

« Quand pas et point entrent dans l'interrogation, c’est avec des sens différents. Si la question est accompagnée de doute, on dira : N’avez-vous point été là ? N'est-ce point vous qui me trahissez ? Mais s’il n’y a pas de doute, on dira, par manière de reproche : N'’avez-vous pas été là f N'est-ce pas vous qui me trahissez ? » : |

845. Pas et point s'emploient quelquefois sans la négation ne. Ex. : Avez-vous de l’argent® Pas beaucoup.—Pas d'argent, pas de Suisse—Mme de Sévigné est piquante, satirique même, point misanthrope.

Suppression de PAS et de POINT.

846. Au lieu de ne...pas, ne...point, on emploie seulement ne :

1° Dans les propositions où se trouve l’un des mots : aucun, aucunement, personne, guère, jamais, mie, plus, rien, nul, nullement, ni répété, ne...que signifiant seulement. Ex. : Nul n'est prophète en son pays. — Je n'ai vu personne. — Heureux qui n’a ni dettes ni procès. — Il ne fait que dormir.

2° Avec les verbes cesser, oser, pouvoir et savoir, au conditionnel, signifiant pouvoir, s'ils sont suivis d'un infinitif exprimé ou sous-entendu. Ex. : Il ne cesse de me regarder. — On n'ose l'aborder. — Je ne puis me taire. — Qui vit haï de tous ne saurait longtemps vivre.

Cependant si l'on veut insister sur la négation, on peut employer ne...pas: Je ne puis pas vous le donner.

3° Après l’interrogatif qui ou après que signifiant pourquoi. Ex. : Qui ne voit cela ? — Que ne le disiez-vous ? |

4° Après depuis que, il y a tant de temps que, si le verbe subordonné est au passé. Ex. : 11 est bien changé uepuis que je ne l'ai vu. — Il y a six mc ‘ue ? ne cui ai parl”. (Acad)

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